C’est une découverte capitale qui nous permet de savoir pourquoi l’immunothérapie ne permet pas de guérir tous les patients. Une équipe de chercheurs du Centre de recherche en cancérologie de Toulouse vient de révéler qu’une molécule clé du système immunitaire pouvait manquer à la surface des lymphocytes T de certains patients sous immunothérapie, et ainsi rendre moins efficace le traitement. Une étude publiée dans la revue scientifique Immunity le 4 octobre dernier.

Comme le rapporte La Dépêche du Midi, les lymphocytes sont des globules blancs qui ont la capacité de créer des molécules pour tuer des cellules modifiées dans les cas de cancer. Les chercheurs toulousains ont travaillé sur des échantillons chez des patients atteints de myélome, un type de cancer qui débute dans la moelle osseuse et qui affecte les plasmocytes, un genre de globules blancs.

"Chez ces patients, CD 226 n’était pas présente sur une partie des lymphocytes infiltrant la tumeur. Nous avons identifié le même phénomène dans d’autres pathologies ainsi que dans des modèles murins", explique le chercheur qui a croisé ses résultats avec différents collègues. L’équipe de recherche internationale, dirigée par le Dr Ludovic Martinet et le Pr Hervé Avet-Loiseau, a ainsi identifié cette molécule, indispensable pour les fonctions des lymphocytes tueurs : le CD226. Elle permet aux lymphocytes tueurs de reconnaître les cellules cancéreuses, une étape nécessaire pour les détruire.

Une découverte essentielle pour rendre l’immunothérapie plus efficace

Selon un communiqué du CHU de Toulouse, en collaboration avec des chercheurs australiens, l’équipe de chercheurs toulousaine a ainsi pu démontrer que la molécule CD226 était nécessaire pour permettre aux immunothérapies de réactiver les lymphocytes tueurs. On en déduit ainsi que l’absence de CD226 représente un mécanisme clé de résistance des tumeurs au système immunitaire. Comprendre ce mécanisme ouvre donc des perspectives pour des thérapies qui rendraient l’immunothérapie plus efficace. Cette découverte pourrait en effet conduire à créer de nouveaux traitements afin de rendre plus performante l’action des immunothérapies et de guérir un plus grand nombre de patients atteints de cancers.

Pour Ludovic Martinet, cette découverte "change la vision des choses". "Jusque-là, tout le monde ne s’intéressait qu’aux récepteurs-inhibiteurs présents sur les lymphocytes T, c’est-à-dire les freins. Mais pour qu’une voiture avance, il faut aussi que l’accélérateur soit appuyé. Nous montrons que pour faire avancer la voiture qu’est le système immunitaire, il faut que l’accélérateur CD 226 fonctionne", résume le scientifique, qui ne serait "pas étonné de voir qu’il manque ce récepteur dans des pathologies infectieuses comme le VIH ou le Covid, car il joue un rôle essentiel dans le système immunitaire".

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