Deux essais cliniques ont récemment montré l’efficacité de l’immunothérapie contre la Covid-19. Or, ce traitement n’est pas encore autorisé en France. Dans une tribune publiée le 7 décembre dans Le Monde, douze professeurs de médecine demandent aux autorités sanitaires de donner leur accord pour son utilisation. Aux États-Unis, deux médicaments capables de stimuler les anticorps ont déjà reçu une autorisation exceptionnelle d’utilisation.

L’immunothérapie passive divise par 3 le risque d'hospitalisation

Dans ce papier, ils rappellent que les patients âgés ou fragiles ont 15 à 20 % de risques d’être hospitalisés à cause d’une forme sévère de Covid-19. Mais à ce jour, “ils n’ont accès à aucun traitement spécifique” et sont simplement “suivis à domicile par leur médecin”.

Pourtant, “de nouveaux traitements bloquant l’entrée du virus dans les cellules viennent de montrer leur capacité à diviser par trois le risque d’hospitalisation, dans deux études randomisées en double aveugle contre placebo qui ont inclus plus de 1 000 patients”, soulignent les médecins. “le principe de ces traitements repose sur l’immunothérapie passive”.

Le principe est relativement simple, et déjà utilisé pour d’autres pathologies. Il consiste à “apporter rapidement au patient infecté des anticorps, qui persistent quelques semaines environ, afin de guérir l’infection”.

La perfusion de plasma, déjà utilisée en France

En France, seule la perfusion de plasma fait l’objet d’une autorisation temporaire. Cette forme d’immunothérapie consiste à prélever du plasma sanguin chez des patients convalescents, et donc immunisés contre le coronavirus, et à l’injecter à d’autres patients fragiles, et donc à risque de développer une forme grave de la maladie.

“Cependant, ce traitement nécessite une logistique complexe, n’est pas exempt de risque infectieux, varie d’un plasma à l’autre en efficacité, et n’est pas adapté à un traitement à grande échelle en pleine pandémie”, rappellent les scientifiques, qui invitent le gouvernement à autoriser de nouveaux traitements.

Immunothérapie : des médicaments qui stimulent les anticorps

Ce que les professeurs de médecine aimeraient pouvoir utiliser, ce sont des médicaments capables de stimuler les lymphocytes des patients - des anticorps capables d’empêcher le virus de pénétrer dans les cellules. À savoir :

  • le bamlanivimab ;
  • le casirivimab ;
  • l’imdévimab.

Le bamlanivimab, par exemple, a fait l’objet d’une étude dont les résultats ont été publiés le 28 octobre, dans le New England Journal of Medicine. “309 patients ont reçu une administration unique de cet anticorps à différentes doses, et 143 patients le placebo”, détaillent-ils. Les patients présentaient tous des symptômes de Covid, sans avoir besoin d’être hospitalisés, et avaient réalisé un test positif moins de trois jours avant.

“Chacune [de ces doses] a permis une diminution chez les patients à risque de forme sévère, un risque d’hospitalisation de 4 % sous bamlanivimab et de 15 % sous placebo”. L’une d’entre elles a également permis de diminuer la charge virale au onzième jour. “Aucun patient sous bamlanivimab n’a été hospitalisé en réanimation. Et la tolérance du traitement a été très satisfaisante”, ajoutent les auteurs de la tribune.

Ces anticorps peuvent être un bon complément au vaccin

D’après les médecins, ce type de traitement pourrait être utilisé en complément du vaccin. “Les patients âgés et fragiles ne sont pas nécessairement ceux qui produiront le plus d’anticorps en réponse à la vaccination, et ces anticorps pourraient rester précieux en cas d’infections des sujets à haut risque de forme sévère”. Ils ajoutent finalement que “l’accès à ces traitements, dont certains sont fabriqués en France, permettrait également de diminuer le risque de saturation de l’hôpital”.

Sources

Covid-19 : avec l’immunothérapie, « nous avons la possibilité de traiter les patients âgés et les plus fragiles », Le Monde, 7 décembre 2020. 

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