Lévothyrox : Anny Duperey revient sur son combat et le mépris des médecins

Après le changement de formule du Lévothyrox, Anny Duperey a souffert, comme de nombreux patients, de sérieux effets secondaires. Dans l’émission Vivement dimanche prochain, elle revient sur son combat pour faire entendre la voix des victimes.

L’actrice Anny Duperey fait partie des victimes de la nouvelle formule du Levothyrox. Plus encore, elle est l’une de leurs porte-paroles. Invitée sur le plateau de Vivement dimanche prochain, pour faire la promotion du livre Les Résistantes, elle revient sur son combat ce médicament.

Vertiges, maux de tête, crampes : Anny Duperey a souffert de la nouvelle formule du Lévothyrox

Atteinte d’une faiblesse de la thyroïde, Anny Duperey a pris du Levothyrox pendant quinze ans. Mais au printemps 2017, le changement brutal de sa formule fait des vagues parmi les trois millions de Français qui prennent ce traitement quotidiennement. “Y’a eu des vertiges, y’a eu des grands maux de tête, y’a eu des crampes, y’a eu une fatigue énorme… Et je ne comprenais pas ce qui se passait”, explique la matriarche de la série Une famille formidable.

C’est en voyant circuler une pétition de Sylvie Robache - “qui est la vraie lanceuse d’alerte”, précise la comédienne - qu’elle comprend que le médicament qu’elle prend est à l’origine de tous ses maux. “Rendez-nous l’ancienne formule du Lévothyrox”, demandent les signataires.

Certains médecins parlent d’un “syndrome Duperey” et nient les effets secondaires

En moins de six mois, près de 15 000 signalements d’effets indésirables sont remontés à l’Agence de sécurité du médicament par des patients mécontents. Pourtant, les autorités sanitaires nient en bloc : la nouvelle formule du Lévothyrox ne présenterait pas de risque. “Y’a même des médecins qui ont parlé d’un syndrome Duperey, [...] comme quoi les médias avaient provoqué des effets secondaires. C’était moi la vilaine”, déplore la star.

Pour elle, le Lévothyrox est une véritable “crise sanitaire”. Anny Duperey précise que “ce qui était grave dans cette affaire, [c’est qu’on] a substitué brutalement un médicament à un autre, alors qu’il était en situation de monopole. C’est-à-dire qu’on ne pouvait pas prendre autre chose, donc on était piégés quoi”. Elle précise que pour les personnes qui n’ont plus du tout de thyroïde, le Lévothyrox est “un médicament de survie”. Il était donc “gravissime” de le remplacer par “un médicament qu’on ne connaissait pas”.

Lévothyrox : l’ANSM conclut à l’absence de risque en juin 2019

En juin 2019, l’ANSM a publié son rapport final sur les conséquences du passage à la nouvelle formule du Lévothyrox. Dans sa conclusion, l’agence souligne que “ces résultats ne fournissent pas d’argument en faveur d’une toxicité propre de la nouvelle formule du Lévothyrox”. Selon ce rapport, les multiples plaintes “reflètent plutôt les difficultés rencontrées par certains patients lors du changement de formule”.

Il n’y aurait donc pas eu d’augmentation des problèmes de santé grave suite au changement de molécule, ni une quelconque hausse de la consommation de médicaments pour traiter les symptômes signalés à l’ANSM. En revanche, “une nette augmentation des recours aux soins ambulatoires” a été enregistrée entre août et octobre 2017, de même qu’une “hausse relative de l’utilisation de certains médicaments comme les benzodiazépines”.

Selon l’association Vivre sans thyroïde, près d’un tiers des patients qui prenaient autrefois du Levothyrox se seraient néanmoins détournés de la nouvelle formule au profit d’autres traitements, dans l’année qui a suivi sa commercialisation par le laboratoire Merck.

Anny Duperey a porté plainte aux côtés d’autres victimes

Face “au mépris des autorités”, Anny Duperey n’a pas hésité à porter plainte - comme elle l’expliquait dans une interview à Notre Temps au mois d’avril. Sa plainte, ainsi que celles de nombreuses autres victimes, a été portée au pénal par l’Association française des malades de la thyroïde (AFMT). Après un entretien peu concluant avec la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, l’actrice a décidé de lui adresser une lettre ouverte.

Elle y dénonce notamment le manque de transparence des autorités de santé. “On nous a expliqué que l’ancienne formule du Levothyrox était instable alors qu’elle avait très bien fonctionné pendant des années. On nous a dit que la demande de ce nouveau médicament provenait de l’ANSM, alors que Merck y travaillait au préalable. [...] On nous a assuré aussi que les effets secondaires seraient transitoires, alors qu’ils n’ont pas diminué d’intensité”.

Pour Anny Duperey, pas de doute : “les Français ont servi de cobayes parce qu’ils n’avaient pas d’alternatives médicamenteuses. Nous avons donc été pris en otages”.

“Les Résistantes” donne la parole aux lanceuses d’alerte, victimes de l’industrie pharmaceutique

Par ailleurs, l’actrice a accepté de partager son combat dans le livre Les Résistantes, de Florence Méréo (éd. Harper Collins). Cet ouvrage raconte le parcours de plusieurs femmes qui ont vu leur vie basculer à cause d’un médicament : Dépakine, prothèses PIP, pilule de 3ème génération, opioïdes... Refusant d’être des victimes silencieuses, elles ont choisi de lancer l’alerte. Malgré les conséquences parfois très difficiles de leur choix (insultes, menaces…), elles sont parvenues à mobiliser l’opinion.

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Source(s):

Vivement dimanche prochain, France 2, 1er décembre 2019. 

Procès Levothyrox: Anny Duperey accuse, Notre Temps 5 avril 2019. 

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