Levothyrox : des chercheurs toulousains remettent en cause la mise sur le marché de sa nouvelle formule

Une étude de chercheurs toulousains vient de remettre en cause la mise sur le marché du Levothyrox, médicament prescrit chez les malades de la thyroïde à travers une "lettre d’opinion" publiée le 4 avril 2019
woman thyroid gland controlIstock

C’est un nouvel épisode inattendu dans l’affaire du Levothyrox, ce célèbre traitement prescrit chez les malades de la thyroïde. Des chercheurs en bio statistiques et en pharmacologie de Toulouse (France) ont publiée le 4 avril 2019 dans la revue médicale Clinical Pharmacokinetics, une "lettre d’opinion" révélant que plus de 50% des patients ne réagiraient pas de la même façon aux deux versions du remède. Ce qui ne veut pas dire que la moitié des patients sont victimes d’effets indésirables, mais qu’ils sont dans une tranche où les risques sont possibles. Les auteurs affirment que les données fournies par le laboratoire pharmaceutique n’auraient pas dû permettre de faire "l’hypothèse que les deux produits, étant bioéquivalents, seraient également interchangeables" sans prendre certaines critères de précautions.

Les excipients rendus coupables ?

Afin d'arriver à ces conclusions, l’équipe de scientifiques ont analysés les données de plus de 200 patients du laboratoire Merck® en 2014. Chaque participant a pris en alternance un traitement puis l’autre durant 72h.
Ainsi, les chercheurs ont pu se concentrer sur la "bioéquivalence" de la première et de la dernière version du médicament. On parle de bioéquivalence lorsque deux médicament sont administrés à la même concentration et provoquent les mêmes effets dans l’organisme.

Rappel : le changement observé entre les deux versions se font via leur excipient (ce qui entoure le médicament). Chez l’ancienne, il y avait du lactose et dans la nouvelle du mannitol et de l’acide citrique. La lévothytoxine, le principe actif est quant à lui resté identique.

Des effets indésirables encore mimines

Prescrits à près de trois millions de personnes, les auteurs de l’étude pensent qu’il était difficile de ne pas prendre en compte tous les facteurs de risques à la suite du changement de formulation du traitement.

Le laboratoire Merck® tient à préciser que les chercheurs toulousains ne font qu'une "interprétation" de leurs travaux datant de 2014 et qu'elle "est par nature biaisée puisqu’elle constitue une analyse rétrospective de données sur une dimension, la variabilité intra-individuelle, pour laquelle l’étude n’avait pas été conçue".

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