Un adolescent qui dort mal a plus de risques de devenir dépressif à l'âge adulte. C'est ce que révèle une étude canadienne menée par l’université d’Ottawa et publiée dans Behavioral Brain Research. Elle révèle en effet que des perturbations récurrentes du sommeil pourraient être l’une des causes sous-jacentes de la dépression chez les adolescents et se répercuter à l'âge adulte. "Les adultes souffrant de dépression ressentent souvent leurs premiers symptômes dépressifs au début de l'adolescence", explique Nafissa Ismail, professeure associée à l'École de psychologie de l'Université d'Ottawa et auteure principale des travaux.

Comme le rapporte Meta Mag, les chercheurs ont réalisé des expériences sur 80 souris pour voir si des retards de sommeil répétés pouvaient affecter la réponse au stress. L'expérience a été réalisée sur des souris adolescentes et adultes, 40 mâles et 40 femelles. Le sommeil de certaines des souris a été volontairement interrompu, contrairement à d’autres qui ont pu se reposer. Les résultats ont montré que les souris adolescentes mâles et femelles présentaient un comportement dépressif nettement plus important que les souris qui pouvaient se reposer, et ce après seulement sept jours de perturbation du sommeil.

Un comportement dépressif nettement plus important après un retard de sommeil

Pour l’équipe de recherche, ces résultats suggèrent que des retards de sommeil importants pendant l'adolescence peuvent augmenter la probabilité d'apparition d'une dépression chez les hommes et les femmes. "Nos résultats ont montré que les souris adolescentes mâles et femelles présentaient toutes deux un comportement dépressif nettement plus important après seulement 7 jours de retard de sommeil, alors que les souris adultes mâles et femelles ne présentaient pas de comportement dépressif dans des conditions similaires", développe la Pr Ismail.

"Nos recherches suggèrent donc qu'un sommeil de mauvaise qualité à l'adolescence (chez les garçons comme chez les filles) pourrait augmenter le risque de développer une dépression à l'âge adulte, davantage qu'un mauvais sommeil à l'âge adulte", poursuivent les scientifiques.

Les adolescentes sont par ailleurs davantage impactées, car elles sont alors plus sensibles au stress, ce qui peut augmenter leur risque de développer des troubles de l’humeur. "Les souris adolescentes femelles ont montré une plus grande libération d'hormones du stress et une plus grande activation des cellules cérébrales sensibles au stress suite à des retards de sommeil répétés", précise en effet la chercheuse.

Le confinement, une période à risque pour la dépression

Pour la Pr Ismail, mieux prendre en compte l’impact d’un sommeil perturbé sur le risque de dépression chez les adolescentes et adolescents est d’autant plus nécessaire en cette période de confinement, au cours de laquelle certaines contraintes (l’apprentissage à distance, les interactions sociales limitées et l’augmentation du temps passé devant l'écran) ont supprimé une certaine pression pour respecter les horaires de sommeil réguliers. "Les adolescents pourraient être plus exposés que jamais au risque de développer une dépression et d'autres troubles de l'humeur", constate la chercheuse. L’auteure principal de l’étude, Nafissa Ismail, rappelle que dans le monde, 264 millions de personnes souffrent de dépression.

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