Serviette de toilette : cette erreur favorise mycoses et eczéma (et on ne parle pas de fréquence de lavage !)
La serviette de toilette, nous ne vous apprenons rien, peut être un nid à microbes. Mais pas uniquement parce qu’elle n’est pas lavée suffisamment souvent. Car le linge de toilette absorbe bien plus que de l'eau. À chaque utilisation, il capture des cellules mortes, des résidus de transpiration, des huiles corporelles et une multitude de microbes naturellement présents sur l'épiderme. Ce n’est pas le seul problème : l'environnement de la salle de bain elle-même aggrave la situation. La combinaison de la chaleur ambiante et de l'humidité emprisonnée au cœur des fibres transforme votre serviette en un incubateur idéal pour les micro-organismes.
E. coli et staphylocoque : les hôtes indésirables du linge de toilette
Si l'on pouvait observer notre linge de bain au microscope, le résultat serait alarmant. Dans un rapport daté de 2011, les experts de l'International Scientific Forum on Home Hygiene (IFH) mettent en garde contre la présence de bactéries potentiellement dangereuses dans le linge de maison et le linge de toilette. On retrouve fréquemment le staphylocoque doré (Staphylococcus aureus), capable d'entraîner des infections cutanées sévères, voire des septicémies dans les cas les plus graves. Plus inquiétant encore, les serviettes peuvent contenir des traces de matières fécales et héberger la bactérie Escherichia coli (E. coli). Ce fait, souvent méconnu, résulte d'un lavage des mains parfois imparfait ou d'une contamination croisée dans la salle de bain.
Les champignons ne sont pas en reste, avec une présence notable de la levure Candida, responsable de nombreuses mycoses. Pour limiter ces risques, le partage du linge de toilette, même au sein d'une même famille, est une habitude à proscrire définitivement. Chaque membre du foyer doit disposer de sa propre serviette pour éviter la transmission de ces germes.
Autre erreur courante commise par la majorité des foyers - en plus d’une fréquence de lavage insuffisante - est le séchage insuffisant entre deux usages. Laisser une serviette en boule ou pendue à un crochet dans une pièce mal ventilée accélère la prolifération bactérienne. Ce milieu favorise le développement rapide de germes qui n’attendent que le prochain contact avec votre peau pour proliférer et s'installer. Ce séchage doit en outre être immédiat : étendez toujours votre serviette bien à plat à l'air libre ou sur un sèche-serviettes chauffant dès la fin de votre toilette ou de votre douche.
Comment protéger sa peau après la douche ?
L'impact de ces micro-organismes sur la santé dermatologique est direct. Le contact répété avec un tissu contaminé fragilise la barrière cutanée. Les personnes souffrant d'eczéma voient souvent leurs symptômes s'aggraver, risquant des surinfections comme l'impétigo. De même, l'utilisation de serviettes non désinfectées est un facteur favorisant l'apparition de mycoses cutanées ou vaginales. Les peaux sensibles, acnéiques ou présentant des plaies doivent faire l'objet d'une vigilance absolue.
Pour garantir une hygiène irréprochable, les recommandations sont assez strictes, surtout pour les personnes qui ont des pathologies de peau et dont la barrière cutanée est fragilisée. Il est impératif de laver sa serviette après trois ou quatre utilisations maximum, soit environ tous les deux ou trois jours. Pour les essuie-mains, sollicités plus fréquemment, un changement tous les deux jours est nécessaire. La température de lavage joue un rôle également déterminant : un cycle à 30°C ou 40°C nettoie les salissures visibles mais laisse survivre la plupart des germes. Pour éliminer bactéries et champignons nichés dans les fibres, un lavage à 60°C est indispensable.