Rhume : est-ce une bonne idée de prendre un bain chaud ?
Se plonger dans une eau fumante lorsque l'on se sent grippé est un réflexe presque instinctif. Cette pratique ancestrale, utilisée depuis les Romains pour apaiser le corps et l'esprit, possède des vertus physiologiques indéniables. La chaleur de l'eau favorise une vasodilatation qui améliore l'irrigation des tissus, tandis que la portance de l'eau offre une détente musculaire immédiate. C'est cette combinaison gagnante qui permet de soulager les courbatures du rhume, en réduisant la pression sur les articulations douloureuses. Parallèlement, la vapeur d'eau agit comme un fluidifiant naturel sur le mucus, facilitant l'évacuation des sécrétions qui encombrent les voies respiratoires.
Attention toutefois à ne pas confondre confort et guérison. Contrairement à une idée reçue tenace, transpirer abondamment dans un bain ne permet pas d'expulser le virus. L'objectif est purement symptomatique : améliorer le bien-être pour aider le corps à se reposer. Une chaleur excessive risque au contraire d'épuiser un organisme déjà sollicité par la lutte contre l'infection, en imposant un effort supplémentaire au système cardiovasculaire.
Maîtriser le thermomètre : les clés d’un bain utile
Pour tirer parti des bienfaits de l'immersion sans mettre sa santé en péril, la précision est de mise. Vous devez respecter une température idéale comprise entre 36°C et 38°C. Cette plage thermique suffit à provoquer la détente musculaire et la production de vapeur bénéfique sans provoquer de choc thermique. Il est impératif de ne jamais dépasser les 40°C, seuil au-delà duquel le risque de brûlure et de surchauffe interne devient réel.
La durée de l'immersion doit également rester modérée pour ne pas fatiguer le cœur. Une séance de vingt minutes est largement suffisante. La sortie de l'eau exige tout autant de vigilance : la dilatation des vaisseaux sanguins peut provoquer une baisse de tension brutale. Il faut donc s'extraire de la baignoire avec lenteur pour éviter les étourdissements. Une fois sec, une période de repos de 20 à 30 minutes, bien au chaud dans un peignoir ou sous une couette, est indispensable pour permettre au corps de réguler sa température interne.
Peut-on prendre un bain en cas de fièvre ?
Malgré ses vertus relaxantes, l'immersion n'est pas toujours recommandée. Le bain chaud est une contre-indication formelle en cas de fièvre avérée, c'est-à-dire lorsque la température corporelle dépasse 38°C. Ajouter de la chaleur externe à un corps qui lutte déjà contre une hyperthermie est dangereux. Cela risque d'augmenter la température centrale au lieu de la faire baisser et de provoquer un malaise. Les autorités de santé, comme la Haute Autorité de Santé (HAS), ne recommandent plus les bains tièdes ou froids pour faire baisser la fièvre, notamment chez l'enfant, en raison du risque de convulsions et de l'inconfort généré.
De même, les personnes souffrant de problèmes cardiaques ou d'une grande faiblesse générale doivent s'abstenir. La chaleur sollicite le cœur en augmentant le rythme cardiaque, ce qui peut être trop exigeant pour un système cardiovasculaire fragilisé par la maladie ou des antécédents médicaux.
Rhume : quelles alternatives au bain ?
Si l'immersion est impossible, d'autres méthodes permettent de profiter des bienfaits de la chaleur. Une simple douche chaude agit sur la congestion nasale grâce à la vapeur dégagée, offrant un soulagement rapide sans les contraintes du bain. Pour une efficacité maximale, il est préférable de maintenir l'eau à une température tiède, entre 30 et 35°C, si vous vous sentez fébrile.
Pour désencombrer les sinus en profondeur, rien ne vaut l'inhalation. Vous pouvez suivre un protocole d'inhalation humide contre le rhume très simple : penchez-vous au-dessus d'un bol d'eau chaude (non bouillante, idéalement entre 42 et 44°C) pendant une dizaine de minutes, deux à trois fois par jour. L'ajout d'huiles essentielles comme l'eucalyptus radié ou le ravintsara (pas plus de 5 gouttes au total pour un grand bol) peut renforcer l'effet décongestionnant, à condition de respecter les précautions d'usage pour les personnes asthmatiques ou les femmes enceintes.