Rhume : faut-il mettre une couverture supplémentaire sur le lit ?

Publié par La Rédaction Médisite
le 17/01/2026
rhume couette
Istock
Qui dit rhume dit sensation de froid, souvent. Pour beaucoup, se couvrir plus et obliger le corps à transpirer pendant la nuit est une bonne solution pour guérir plus vite : vrai ou faux ?

L'image du malade enseveli sous trois couettes pour "suer sa grippe" persiste dans l'imaginaire collectif. Pourtant, physiologiquement, chercher à transpirer pour guérir d'un rhume est un réflexe qui n’a pas vraiment fait ses preuves d’un point de vue scientifique. La fièvre constitue déjà une réponse immunitaire naturelle : le corps élève sa température interne pour créer un environnement hostile à la réplication virale. La transpiration, elle, n'intervient que comme un mécanisme de climatisation biologique, la thermorégulation, destiné à refroidir l'organisme lorsque celui-ci chauffe trop.

Rhume : les remèdes de grand-mère contre productifs ?

Certains remèdes de grand-mère contre le rhume ne tiennent pas la route lorsqu'ils sont confrontés à la science moderne. Si le bain chaud valide son utilité pour le confort, d'autres croyances s'effondrent. Par exemple, ce n'est pas le froid en lui-même qui rend malade. Les virus résistent simplement mieux en hiver car ils sont protégés par l'absence d'UV destructeurs. De plus, l'air froid et sec assèche les muqueuses nasales et ralentit le mouvement des cils vibratiles chargés d'évacuer les intrus, ouvrant ainsi la porte aux infections.

De même, contrairement à une idée reçue tenace, la sueur ne contient pas de toxines virales. On n’évacue pas la maladie en transpirant ! Plus ennuyeux, forcer ce processus par un empilement de couvertures ou une activité physique intense ne chasse pas le virus mais épuise inutilement un organisme déjà affaibli. De plus, provoquer une sudation excessive accélère la perte d'eau et d'électrolytes vitaux. Des signes de déshydratation peuvent apparaître lorsque la fièvre et les symptômes s'intensifient, car celle-ci peut entraîner fatigue extrême, crampes et confusion mentale.

Le confort de la chaleur n'est pas un remède

Si la transpiration forcée est inutile, la chaleur modérée conserve des vertus symptomatiques indéniables. L'humidité et la vapeur d'eau jouent un rôle mécanique apaisant. De fait, le bain chaud favorise la décongestion lors d'une grippe en fluidifiant le mucus nasal et bronchique, offrant un soulagement temporaire mais précieux des voies respiratoires. C'est également un excellent moyen de détendre les muscles endoloris par les courbatures, favorisant ainsi le repos nécessaire à la convalescence.

Les piliers scientifiques de la résistance hivernale

Plutôt que de s'épuiser à suer, la stratégie gagnante repose sur le soutien biologique du corps. L'alimentation joue ici un rôle prépondérant. Plusieurs études, dont une méta-analyse publiée dans le British Medical Journal en 2017, démontrent comment la vitamine D soutient l'immunité en hiver. Une supplémentation adéquate permettrait de réduire le risque d'infections respiratoires aiguës d'environ 12 %, un chiffre qui grimpe significativement chez les personnes carencées. Le zinc et la vitamine C complètent ce trio de tête pour optimiser la production de globules blancs.

L'hygiène de vie constitue le second levier d'action pour renforcer les mécanismes de défense immunitaire contre la grippe et les virus saisonniers. L'hydratation doit être abondante pour compenser les pertes hydriques et faciliter l'élimination des déchets métaboliques. Enfin, le sommeil reste l'outil de réparation le plus puissant : viser entre 7 et 9 heures de repos nocturne permet au système immunitaire de se régénérer efficacement. Quant au sport, la règle est simple : une activité modérée prévient les maladies, mais le repos absolu s'impose dès l'apparition des symptômes fiévreux pour ne pas surcharger le système cardio-vasculaire.

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