Pomme de douche : attention à la légionellose ! Comment l'éviter ?

Publié par Lise Khaim
le 03/02/2026
pomme de douche
Istock
L'accumulation de tartre et d'eau stagnante dans votre pommeau de douche favorise le développement de la Legionella, une bactérie responsable d'infections respiratoires parfois sévères. Comment l'éviter ?

Vous frottez régulièrement la faïence et le bac de douche, mais pensez-vous à l'intérieur de votre pommeau ? Souvent oublié, cet accessoire sanitaire est pourtant un refuge idéal pour les micro-organismes lorsque l'entretien fait défaut. Une négligence qui n'est pas seulement esthétique, mais qui expose à un risque infectieux réel pour vos poumons.

Le pommeau de douche : un nid de microbes ?

La Legionella est une bactérie présente naturellement dans les eaux douces. Elle devient problématique lorsqu'elle colonise nos installations domestiques. Selon l'Institut Pasteur, elle prolifère particulièrement lorsque l'eau stagne et que sa température se situe entre 25°C et 45°C.

Dans quelles conditions prolifère-t-elle ? En cas d’absence de détartrage par exemple. Le calcaire accumulé agit comme une forteresse : il offre un support à la formation d'un biofilm, une couche gélatineuse qui protège les bactéries et favorise leur multiplication. Le danger ne vient pas du contact de l'eau sur la peau ni de son ingestion, mais de l'inhalation. Lors de la douche, l'eau est dispersée en milliers de fines gouttelettes. Ces aérosols contaminés peuvent pénétrer profondément dans l'arbre respiratoire.

D'autres facteurs aggravent ce risque à domicile, notamment une température de chauffe-eau réglée trop bas (inférieure à 50°C) ou la présence de « bras-morts » dans la tuyauterie où l'eau ne circule plus.

Identifier les symptômes de la légionellose

L'infection par cette bactérie peut prendre deux visages distincts. La forme la plus fréquente et bénigne, appelée fièvre de Pontiac, s'apparente à un état grippal qui guérit spontanément. En revanche, la maladie du légionnaire est une infection pulmonaire sévère qui nécessite une vigilance accrue.

Les signes cliniques surviennent généralement 2 à 10 jours après l'exposition. Soyez attentifs à l'apparition brutale d'une forte fièvre accompagnée de frissons. Une toux importante, souvent sèche au début, et des difficultés respiratoires (essoufflement) sont aussi des symptômes courants.

Cette pathologie peut évoluer vers une insuffisance respiratoire irréversible. Le taux de mortalité atteint environ 10% des cas, même sous traitement. Si vous présentez ces signes après une exposition à risque (retour de vacances, douche mal entretenue), consultez rapidement votre médecin en mentionnant vos soupçons. La prise d'antibiotiques doit être précoce pour être efficace.

Qui sont les profils les plus à risque ?

Tout le monde peut être exposé, mais la sévérité de l'infection dépend grandement du terrain de l'individu. Les autorités de santé soulignent que les personnes dont le système immunitaire est affaibli (transplantés, patients sous chimiothérapie) sont en première ligne.

Les séniors sont également plus vulnérables face aux formes graves de la maladie. Enfin, le tabagisme constitue un facteur aggravant majeur : les fumeurs présentent une sensibilité accrue aux infections pulmonaires et à l'action pathogène de la Legionella.

Comment éviter la légionellose ?

Il est recommandé de détartrer et de désinfecter le pommeau de douche et le flexible une à deux fois par an. L'immersion des éléments dans du vinaigre blanc est une méthode efficace pour dissoudre le tartre et éliminer le biofilm bactérien.

En plus du nettoyage, surveillez votre chauffe-eau : la température de l'eau chaude sanitaire doit être maintenue à 50°C minimum au point de puisage pour empêcher la survie des bactéries. Enfin, après une absence prolongée (vacances de plus d'une semaine), faites couler l'eau chaude quelques minutes avant de prendre votre douche pour purger les canalisations, en veillant à aérer la pièce et à ne pas respirer les premières vapeurs.

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