Strasbourg : 24 cas de légionellose dont 2 morts, à cause d’une chaudière

Depuis le mois de décembre, 24 cas de légionellose ont été diagnostiqués à Strasbourg, chez des patients âgés de 42 à 88 ans. Parmi les victimes, deux personnes ont trouvé la mort. D’après les constatations des services de l’Etat et de la Ville, c’est la chaufferie du quartier des Tanneries de Lingolsheim qui serait responsable.

La légionellose est une maladie d’origine bactérienne, potentiellement mortelle. "Elle entraîne une infection pulmonaire aigüe, selon l’Institut Pasteur. L’émergence récente de cette maladie s’explique par son affinité avec les systèmes modernes d’alimentation en eau comme les tours de refroidissement, les climatiseurs, les bains à jet, les bains à remous (jacuzzi) ou encore les canalisations d’eau chaude".

À Strasbourg, 24 personnes viennent d’en faire les frais. Depuis le 12 décembre, 24 cas de légionellose ont été diagnostiqués chez des patients âgés de 42 à 88 ans résidant à l’ouest de l’agglomération de Strasbourg [Strasbourg Ouest, Lingolsheim, Ostwald, ndlr], rapporte la Préfecture du Bas-Rhin, vendredi 3 janvier.

"Deux personnes sont décédées, 22 sont guéries ou en voie de guérison, détaille la Préfecture. Cette situation a orienté les enquêtes environnementales et épidémiologiques vers la recherche d’une source commune de contamination". D’après les premières constatations, la chaufferie collective du quartier des Tanneries à Lingolsheim serait en cause.

Les mêmes bactéries retrouvées chez les patients et dans la chaufferie

Plus d’une centaine de prélèvements ont été analysés dans les différentes sources de contamination suspectées. "Les résultats préliminaires des comparaisons réalisées entre les bactéries collectées chez des patients et celles retrouvées dans l’eau d’une cheminée d’une chaufferie collective située dans le quartier des Tanneries à Lingolsheim, montrent des profils génomiques comparables, poursuit la Préfecture du Bas-Rhin. Les résultats préliminaires de ces analyses et ceux des investigations épidémiologiques et environnementales montrent que la chaudière collective serait la source de contamination à l’origine de cet épisode".

En attendant les résultats définitifs, la chaudière avait déjà été stoppée par précaution le 12 décembre dernier. Aucun cas de légionellose n’a été déclaré depuis. Ce qui confirme, à priori, la responsabilité de la chaufferie des Tanneries.

L’eau potable n’a aucun lien avec les contaminations

De fausses informations circulant sur les réseaux sociaux ont accusé l’eau potable distribuée dans l’Eurométropole de Strasbourg. Mais la collectivité veut rassurer la population : l’eau du robinet peut être utilisée et consommée sans restriction.

"Toutes les analyses habituelles le confirment, et il n’y a aucune raison de mettre en cause la qualité de l’eau potable, assure un communiqué. L’eau potable fait l’objet d’une surveillance constante et particulièrement vigilante ; chacun peut donc la consommer à sa guise, en toute confiance".

L’origine de la diffusion de ces informations erronées viendrait d’une confusion avec d’autres cas de légionellose identifiés en novembre 2019 dans le même secteur (Lingolsheim, Ostwald et Strasbourg Ouest).

Au total, en 2019, 78 cas de légionellose ont été déclarés sur l’ensemble du département, incluant le présent cas, énonce la Préfecture du Bas-Rhin. En tout, 7 personnes sont décédées.

L’eau potable n’a aucun lien avec les contaminations

Radiographie thoracique d'un cas grave de légionellose. ©Jacob, Ramos, Morgado. https://commons.wikimedia.org/

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Source(s):

Cas de légionellose à l'Ouest de Strasbourg et son agglomération, Préfecture du Bas-Rhin, 3 janvier 2019

Légionellose, Institut Pasteur