Ménopause : les traitements à base d’hormones augmentent-ils le risque de démence ? 

Publié par Sandrine Coucke-Haddad
le 28/01/2026
traitement hormone ménopause
Istock
Le traitement hormonal de la ménopause présente-t-il un danger pour la santé mentale et augmente-t-il le risque de démence ? Une étude répond. 

Faut-il oui ou non prendre des hormones à la ménopause ? Après avoir été écarté puis partiellement réhabilité à la faveur de nouvelles études scientifiques et de dosages plus adaptés (le traitement hormonal est aujourd’hui proposé uniquement quand les symptômes de la ménopause sont  handicapants), le traitement hormonal de la ménopause (THM) ou traitement hormonal substitutif (THS) était suspecté d’augmenter le déclin cognitif et notamment le risque de démence chez les femmes qui en prenaient. 

Les résultats d’une étude anglaise commandée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et publiés dans The Lancet Healthy Longevity en décembre dernier apportent un nouvel éclairage et une clarté indispensable sur ce sujet très controversé. 

Démence chez les femmes : des cas plus nombreux ? 

Partout dans le monde, la démence touche les femmes de manière disproportionnée, même en tenant compte de leur espérance de vie plus longue. Il est donc urgent de comprendre ce qui pourrait être à l'origine de ce risque et d'identifier des moyens de réduire le risque de démence chez les femmes”, explique dans un communiqué de presse Melissa Melville, doctorante et auteure principale de l'étude (département de psychologie et de sciences du langage de l'University College London - UCL), qui ajoute : “L’hormonothérapie de la ménopause est largement utilisée pour gérer les symptômes de la ménopause, mais son impact sur la mémoire, les fonctions cognitives et le risque de démence demeure l’un des sujets les plus controversés en santé des femmes. Des recherches contradictoires et des inquiétudes quant aux risques potentiels ont alimenté le débat public et médical, laissant les femmes et les cliniciens dans l’incertitude quant à savoir si l’hormonothérapie de la ménopause pourrait augmenter ou réduire leur risque de démence.”

Pas de lien entre l’hormonothérapie et la démence

Comment ont été menées ces recherches ? L'équipe de recherche internationale, basée au Royaume-Uni, en Irlande, en Suisse, en Australie et en Chine, a rassemblé les meilleures études concernant les liens potentiels entre l'hormonothérapie de la ménopause et le risque de démence (y compris la maladie d'Alzheimer et d'autres types de démence), qui comprenaient un essai contrôlé randomisé et neuf études observationnelles, soit un un total de 1 016 055 participants.

Les résultats de cette méta analyse n'amènent aucun doute : aucune association significative n'a été constatée entre le traitement hormonal de la ménopause et le risque de démence ou de troubles cognitifs légers. Des analyses complémentaires de sous-groupes au sein des populations de participantes, basées sur le moment, la durée et le type de traitement hormonal, n'ont pas non plus révélé d'effets significatifs. Aucun élément n'indique que le traitement hormonal de la ménopause influence le risque de démence après une ménopause précoce. 

Une bonne nouvelle pour toutes les femmes sous traitement hormonal substitutif. Ce qui n’occulte pas toutefois les résultats d’études précédentes soulevant un risque plus élevé de cancer du sein, de l’endomètre  ou de l’ovaire avec certains de ces traitements, comme le rappelle l'Institut national du cancer. 

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Communiqué de presse de l'University College London (UCL)

Institut du cancer

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