"Il y a un risque, mais celui-ci est modeste", assure ce 2 janvier dans Top Santé la Professeure Anne Gompel, gynécologue-endocrinologue à l'hôpital Cochin et présidente du Collège national des enseignants de gynécologie médicale. Il y a plus d'un an, une étude publiée le 29 août 2019 dans la revue britannique The Lancet confirmait que les traitements hormonaux de la ménopause augmentent le risque de cancer du sein.

On apprenait ainsi que le risque de cancer du sein persiste jusqu'à 20 ans après l'arrêt des médicaments. Plus le traitement est long, plus le risque est grand. Selon l'étude, une femme de cinquante ans qui suit un traitement contre la ménopause associant des oestrogènes et de la progestérone pendant cinq ans a ainsi 8,3% de probabilité de développer un cancer du sein dans les vingt années suite au traitement.

"4 cas supplémentaires de cancer pour 1 000 femmes"

"Dans une étude récente, nous montrons que pour les femmes à faible risque initial, le traitement hormonal de la ménopause entraîne 4 cas supplémentaires de cancer pour 1 000 femmes traitées pendant 7,5 années. Ce n'est pas rien, mais cela reste modéré, d'autant qu'il existe des bénéfices à mettre dans la balance", répond de son côté la gynécologue Anne Gompel. Selon elle, "tout dépend donc du risque initial, car multiplier par 1,3 un risque faible, ce n'est pas la même chose que multiplier par le même ratio un risque de base important".

Anne Gompel préconise donc un traitement au cas par cas en fonction du profil de la patiente. "L'idée est de sélectionner les patientes à qui l'on propose ce traitement sur la base de leur risque initial. Et surtout, de changer le regard sur la consultation de la ménopause. Cela peut être l'occasion d'aider les femmes à profiter de ce moment pour remettre de l'ordre dans leur hygiène de vie et faire diminuer ainsi leur risque de cancer du sein", explique-t-elle dans Top Santé.

Établir "une balance bénéfice-risque"

Pour les patientes qui présentent des risques, la gynécologue-endocrinologue établit "une balance bénéfice-risque". "Le plus compliqué, ce sont les femmes qui ont eu un cancer du sein, car le THM reste contre-indiqué", note toutefois la professeure. Elle explique que dans ces cas, il est possible de "proposer des alternatives comme les inhibiteurs de recapture de la noradrénaline et de la sérotonine". Des antidépresseurs qui "ont un effet intéressant dans la gestion des bouffées de chaleur". Pour celles qui refusent de prendre des antidépresseurs, "il reste des solutions comme l'acupuncture, le yoga, la relaxation ou encore certains traitements sans ordonnance comme Acthéane ou Sérélys, dont l'efficacité est marginale".

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