Passer ses nerfs en disant des gros mots soulage la douleur. En effet, le langage châtié lorsque l’on ressent une douleur ne serait pas le fruit d’une vulgarité gratuite et mal placée, selon la science. Des chercheurs anglais, dont l’étude a été publiée dans la revue Frontiers of Psychology, ont découvert quelque chose qui n’est finalement pas si étonnant : les insultes qu’il arrive de proférer lorsque l’on se fait mal, permettent en fait de mieux supporter la douleur.

Insultes en réponse à la douleur : la faute à l’antidouleur naturel !

Vous marchez sur un Lego, vous tapez votre doigt de pied contre un coin de meuble, vous vous cognez la tête en entrant dans votre voiture… Quel que soit le cas de figure pris en exemple, la première réaction sera certainement souvent la même : une injure pourrait rapidement fuser. Comment cela se fait-il ? Pour comprendre, il est important de revenir sur le mécanisme qu’engage le corps pour faire face à la douleur.

Lorsque le cerveau reçoit le signal des capteurs enregistrant un choc, qui traduit le message perçu comme étant la « douleur » que l’on connaît, tout l’organisme mobilise ce qu’il faut pour réagir et va, par la même occasion, libérer l’hormone qui constitue l’antidouleur naturel nommé cortisol. Ce dernier va alors activer la vitesse supérieure dans le cerveau, permettant alors de réagir bien plus vite pour se protéger du danger potentiel à l’origine de la douleur. Par exemple, c’est justement grâce au cortisol que vous êtes capable de retirer en quelques microsecondes votre main de la poêle brûlante après l’avoir rapidement touchée.

Les hormones du plaisir engagées face à la douleur

Au ressenti de la douleur, une fois le cortisol libéré pour anesthésier le mal, la pression artérielle augmente, au même titre que le rythme cardiaque, sans compter le tonus musculaire, qui se prépare alors à un éventuel choc. En bref, le corps relance la machine et redouble de puissance pour faire face au danger qu’il détecte. Mais toute cette tension doit forcément redescendre à un moment, pour ensuite s’évacuer. Et c’est ici que les injures interviennent.

Les noms d’oiseaux permettent de relâcher la pression et, ce, en raison d’une autre hormone, qui va alors prendre le relais. L’endorphine, aussi nommée hormone du plaisir, se libère alors grâce aux gros mots et va finalement s’accrocher dans une autre partie du cerveau, appelée l’amygdale qui joue un rôle dans la reconnaissance des émotions. Toute cette mécanique du cerveau va alors réduire le stress généré par la libération de cortisol qui a préalablement placé le corps en alerte. En plus de son action déstressante, l’endorphine va également réduire la douleur en procurant un effet antalgique.

Tolérance à la douleur : un seuil grandement augmenté

Pour prouver tout cela, et ainsi établir un lien officiel entre l’influence des insultes et la gestion de la douleur, les scientifiques anglais à l’origine de l’étude ont demandé à la centaine de participants de placer leur main dans un seau d’eau glacée. Le premier groupe a eu le droit de proférer des insultes tout au long de l’expérience, pendant que le second se devait de rester poli en préférant des mots neutres. Finalement, il a été constaté que les « vraies insultes » avaient servi à augmenter de 33 % le seuil de tolérance à la douleur.

Sources

https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/fpsyg.2020.00723/full#h6

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