Mettre une rondelle de citron dans son verre, mauvais pour la santé !

Publié le 09 Juillet 2019 à 16h03 par Pauline Capmas-Delarue, journaliste santé
Si vous avez pour habitude de glisser un morceau de citron dans votre verre, vous pourriez bien changer d’avis. L’écorce des agrumes est, en effet, pleine de pesticides.

L’été est arrivé et, avec lui, son lot de boissons rafraîchissantes. Et qui n’a jamais mis une rondelle decitron dans son verre de Perrier® ou de Coca® ? Cette pratique est d’ailleurs très courante dans les bars et cafés, où l’on sirote volontiers ces boissons en terrasse par temps chaud.

Voilà une information qui pourrait bien changer la donne : en plus de n’être sûrement pas très propre, le zeste de citron qui flotte dans votre breuvage peut aussi être un concentré de produits chimiques. Votre verre de soda peut donc s’apparenter à une infusion de pesticides…

Les trois-quarts des citrons du commerce contiennent des pesticides

Pays très agricole, la France est le plus gros consommateur de pesticides d’Europe, avec plus de 66 600 tonnes utilisées chaque année. Et nombre de produits importés ont également été traités. Un état des lieux réalisé par l’ONG Générations Futures estime que 71 % des fruits et 43 % des légumes non-bio consommés en France contiennent des résidus de pesticides.

En ce qui concerne les citrons, plus particulièrement, 76,8 % d’entre eux présentent ces substances. Une étude suisse, un peu plus ancienne puisque datée de 2005, révèle la présence de résidus de pesticides sur 95 % des échantillons d’écorce d’agrumes testés. L’année dernière, une étude sicilienne avait abouti au même résultat.

La réglementation européenne limite les risques… Mais ne les supprime pas

Bien sûr, la réglementation contribue à protéger les consommateurs. Ainsi, le nombre de substances actives autorisées sur le marché européen est passé d’un millier en 1980, à 423 en 2013. Pour être vendus, les produits phytosanitaires doivent bénéficier d’une autorisation de mise sur le marché, délivrée en France par le ministère de l’agriculture.

Les résidus de pesticides sur les produits alimentaires sont, eux aussi, encadrés par l’Union européenne. Des Limites Maximales de Résidus (LMR) ont été fixées pour chaque aliment. Celles-ci sont calculées de manière à exposer le consommateur à la plus faible quantité possible. Mais il demeure malheureusement compliqué de supprimer totalement ces substances.

Un lien entre les pesticides et le développement de certains cancers

Une revue de littérature réalisée par l’Inserm en 2013 montre que les pesticides ont des effets délétères sur la santé. Ces derniers sont des substances destinées à lutter contre des organismes vivants, jugés nuisibles, en agissant sur leurs fonctions vitales. L’Inserm rappelle dans sa synthèse qu’il “n’existe pas de pesticide totalement spécifique d’un nuisible. [...] De ce fait, un pesticide destiné à lutter contre un nuisible, présente un potentiel toxique plus ou moins étendu pour d’autres organismes qu’il ne cible pas”.

Ces risques n’épargnent donc pas l’Homme, et en particulier, les professionnels qui travaillent avec ces substances. Ces derniers peuvent être victimes d’intoxication aiguë à court terme, souffrir de problèmes respiratoires et dermatologiques, mais aussi développer certaines maladies à long terme. Une relation entre les pesticides et des pathologies comme Parkinson ou certains cancers (prostate, mélanomes…) a notamment été mise en évidence par les chercheurs.

En ce qui concerne les résidus de pesticides dans l’alimentation, les limites maximales fixées par les gouvernements sont supposées protéger les consommateurs des risques de cancer, selon l’OMS. Cependant, il existe peu d’études sur les effets à long terme de la consommation d’eau et d’aliments contenant de faibles doses de produits chimiques.

Limiter les risques, tout en profitant des bienfaits du citron

Si vous ne pouvez pas vous passer de ce petit goût citronné, fort appréciable dans vos boissons, vous pouvez opter pour des citrons bios. Dans les bars, mieux vaut choisir l’option sans rondelle au moment de passer commande, car la traçabilité des fruits utilisés n’est pas forcément vérifiable.

N’hésitez pas à réaliser une citronnade maison en pressant vos agrumes, puisque leurs jus est moins exposé aux traitements chimiques que leurs zestes - ces derniers étant en contact direct avec les produits. Le citron contient 53 mg de vitamine C aux 100 g, mais aussi des flavonoïdes, molécules réputées pour leurs vertus antioxydantes.

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