Maladie d'Alzheimer : symptômes, causes, traitements, évolution

Certifié par nos experts médicaux MedisiteLa maladie d’Alzheimer est une maladie neurodégénérative caractérisée par une perte progressive de la mémoire et de certaines fonctions intellectuelles conduisant à des répercussions dans les activités de la vie quotidienne. Quels sont les traitements, les évolutions ? Une récente découverte de chercheurs japonais ouvre une nouvelle voie thérapeutique. Elle consiste à utiliser l'extrait de soja.

Qu'est-ce que la maladie d’Alzheimer ?        

La maladie d’Alzheimer est une maladie neurodégénérative (atteinte cérébrale progressive conduisant à la mort neuronale) caractérisée par une perte progressive de la mémoire et de certaines fonctions intellectuelles (cognitives) conduisant à des répercussions dans les activités de la vie quotidienne.

Prévalence de la maladie d'Alzheimer

La maladie d’Alzheimer est plus fréquente chez les personnes âgées. Le risque de développer ce genre de troubles augmente de manière exponentielle entre 65 et 85 ans. Après cet âge, l’augmentation est moins bien documentée, il est difficile de poser un diagnostic précis dans cette tranche d’âge. D’après les dernières estimations, 1,2 million de personnes pourraient être touchées par l’Alzheimer ou une maladie apparente en France. Sur ce chiffre, environ 750 000 personnes sont diagnostiquées. Après 65 ans, cette maladie a plus tendance à se développer chez les femmes que chez les hommes.

Alzheimer : la ménopause, facteur de risque pour les femmes ?

Les femmes sont plus susceptibles de développer la maladie d’Alzheimer, et cela n’est pas uniquement dû au fait qu’elles vivent plus longtemps que les hommes. Des chercheurs de la faculté de médecine de Weill Cornell (USA) avancent que cette prévalence est liée aux changements hormonaux qui surviennent lors de la ménopause. La chute du taux des œstrogènes entraîne, selon eux, des modifications du cerveau, favorisant l’apparition de la maladie.

Ils ont suivi 85 femmes et 36 hommes n’ayant pas de déficience cognitive, dont la moyenne d'âge était de 52 ans. Ils ont subi plusieurs examens cérébraux afin d’évaluer plusieurs biomarqueurs de la maladie (les volumes de matière grise et blanche dans le cerveau, les niveaux de plaques amyloïdes bêta et la vitesse à laquelle le cerveau métabolise le glucose).

Les participantes ont obtenu de moins bons résultats dans ces quatre mesures. En moyenne, elles avaient 30% de plaques bêta-amyloïdes en plus, une métabolisation du glucose inférieure de 22% et moins de matière grise et blanche.

"Nos résultats suggèrent que les femmes d'âge moyen peuvent être plus à risque de contracter la maladie, peut-être en raison de niveaux plus faibles d'hormones œstrogène pendant et après la ménopause", a expliqué le Dr Lisa Mosconi, auteure principale de la recherche parue dans la revue médicale Neurology le 24 juin 2020

Alzheimer précoce : à quel âge se déclare la maladie ?

Certains cas d'Alzheimer précoce ont été diagnostiqués chez des personnes âgées de 30 ans. Toutefois, les cas de maladie chez les moins de 45 ans restent rares. L'Alzheimer précoce touche les moins de 60 ans.

Les premiers signes de la maladie d'Alzheimer

Cette liste décrit les premiers symptômes de la maladie d’Alzheimer. En fonction des stades de la maladie, d’autres symptômes peuvent apparaître, ainsi que d’autres troubles cognitifs :

  • Oubli des événements qui viennent de se produire ou des nouvelles personnes rencontrées ;
  • Trous de mémoire ;
  • Difficultés à se souvenir des mots, du nom des gens ;
  • Difficultés à trouver ses mots (aphasie) et tendance à les remplacer par d'autres mots ;
  • Oubli de dates de rendez-vous ou d'anniversaire ;
  • Perte d'objets ou difficultés à se rappeler où se trouvent des objets de la vie courante ;
  • Difficultés à se souvenir d'un trajet effectué ;
  • Répétition des mêmes questions concernant les mêmes informations.

Quels sont les symptômes plus tardifs de la maladie ?

  • La personne atteinte aura alors du mal à effectuer de simples tâches de la vie quotidienne, à la maison comme au travail.
  • Les troubles de la concentration viendront perturber l’exécution de chaque tâche.
  • Une légère confusion peut également apparaître.
  • Certains gestes simples comme faire sa toilette peuvent être désappris par le patient.
  • Peu à peu, le sujet atteint d’Alzheimer se retire de sa vie personnelle en évitant les contacts sociaux ou toute activité extérieure.
  • S’en suivent les troubles de l’humeur qui sont également des symptômes de cette affection.
  • La personnalité de la personne peut alors être atteinte de dépression, anxiété et peur irrationnelle. Une certaine paranoïa peut s’installer.
  • Troubles du sommeil, hallucinations, délires peuvent également être observés.

Alzheimer : ce qu'il se passe dans le cerveau

Les scientifiques observent deux types de lésions dans le cerveau des malades d'Alzheimer :

  • des plaques amyloïdes (ou plaques séniles) ;
  • une dégénérescence neurofibrillaire : c'est-à-dire l'accumulation d’une autre protéine anormale, la protéine Tau.

Illsutration : protéines Tau agrégat d’enchevêtrements neurofibrillaires

Illsutration : protéines Tau agrégat d’enchevêtrements neurofibrillaires© Istock

On explique en partie la maladie par la « cascade amyloïde » : elle suppose que les différents facteurs de risques – âge, génétique, environnement –s'additionnent et génère la formation de plaques amyloïdes. Ces dernières entraînent une accumulation anormale de protéines Tau responsables de la dégénérescence et de la mort des neurones.

Ces phénomènes sont observables plusieurs années avant l’apparition de symptômes :

  • les plaques amyloïdes sont visibles 15 ans environ avant la survenue de la patholgie,
  • la protéine Tau est présente une dizaine d'années avant.

Cette hypothèse cependant ne suffit pas à expliquer a maladie. Des travaux génétiques pointent aujourd'hui du doigt d’autres mécanismes ou fonctions potentiellement responsables : métabolismes lipidique et glucidique, immunité…

Maladie d’Alzheimer sévère : quelle prise en charge ?

En moyenne, le stade sévère dure entre 2 et 4 ans. Il correspond à une aggravation des symptômes présentés lors du stade modéré. A ce degré de dégénérescence, le patient ne dispose pratiquement plus de capacités mémorielles, que ce soit pour les événements les plus récents comme pour les plus anciens. La communication verbale devient en outre très difficile, tandis que l’écrit est très profondément altéré. Le malade s’enfonce donc peu à peu dans le mutisme. C’est généralement à ce stade que la prise en charge en centre spécialisé devient inévitable car la tâche devient trop lourde pour l’entourage.

Quelle est la cause de cette atteinte cérébrale ?

Cette maladie accélère la dégénérescence des neurones, ce qui entraîne une atrophie générale du cerveau. Chez une personne malade, le cortex diminue de volume et endommage les régions associées aux diverses fonctions cognitives, notamment la mémoire, le langage, la gestuelle, les connaissances. C’est un dommage qui handicape particulièrement la zone de l’hippocampe, une région essentielle à la formation de nouveau souvenir.

Quels sont les facteurs de risque ?

Il faut différencier les facteurs de risques importants, et ceux, moins importants.

Les plus importants sont :

  • L’hypercholestérolémie ;
  • Un diabète mal contrôlé ;
  • Le tabagisme ;
  • L’hypertension systolique.

Les facteurs moins importants, mais qui sont tout de même à prendre en compte :

  • Les traumatismes importants au niveau de la tête, notamment s’ils entraînent une perte de conscience ;
  • L’obésité ;
  • Les antécédents de dépression.

Quelles sont les personnes à risque ?

Le plus couramment, on diagnostique un Alzheimer chez :

  • Les personnes de 60 ans et plus. L’âge reste le principal facteur de risque de cette maladie. On dit même que le risque de développer la maladie double tous les 5 ans à partir de 65 ans ;
  • Les femmes ;
  • Les personnes qui ont un proche parent (frère, sœur, mère, père) qui est atteint de cette maladie. Avoir quelqu’un dans sa famille qui subit cette pathologie augmente le risque d’être à son tour atteint de 10 à 30 % ;
  • Les personnes dont un parent est atteint de la forme familiale héréditaire de la maladie. Les enfants ayant un parent atteint ont 50 % de « chance » d’avoir eux-mêmes cette maladie.

Combien de temps dure cette maladie ?

La maladie d’Alzheimer se développe plus ou moins lentement chez les différents patients. Certains connaîtront une évolution rapide, d’autres développeront leurs symptômes sur plusieurs années.

Quels sont les différents stades d'évolution de la maladie d'Alzheimer ?

Il existe sept stades d’évolution de la maladie d’Alzheimer :

  • Stade 1 : Le tout début de la maladie, elle ne comporte aucun symptôme ;
  • Stade 2 : Ce stade correspond à l’apparition des troubles de la mémoire, très légers comme l’oubli de mots ou de l’emplacement de certains objets. À ce stade, la maladie passe encore inaperçue ;
  • Stade 3 : Les troubles commencent à être remarqués par l’entourage du patient. Peuvent être notés la difficulté à se souvenir des noms, à s’organiser ou à se concentrer. Le malade perd certains objets ; 
  • Stade 4 : Les troubles de l’humeur se manifestent. Ils s’accompagnent d’une incapacité à réaliser certaines actions ou à faire de simples calculs. Mais le sujet est toujours autonome ;
  • Stade 5 : Le patient commence à présenter une désorientation temporo-spatiale. Il oublie son adresse, son numéro et ne parvient plus à s’habiller correctement. Une personne tierce doit l’aider dans la vie au quotidien ;
  • Stade 6 : L’autonomie est perdue. Le sujet ne reconnaît plus les visages familiers et a besoin d’aide pour les gestes simples comme l’habillage ou la toilette. Il fugue et se perd ;
  • Stade 7 : Phase terminale : le sujet n’a plus d’interaction avec son entourage. Des troubles de la déglutition peuvent apparaître.

Quels sont les risques de contagion ?      

Il ne s’agit pas d’une maladie contagieuse.

Qui, quand consulter ?

Le conseil du Docteur Alexandre Croquelois, neurologue :

"En l’absence de traitement médicamenteux, on pourrait penser qu’il n’y a pas urgence à faire le diagnostic, mais le strict contrôle de certains facteurs modifiables, comme les facteurs de risque vasculaires cités plus haut (hypertension, hypercholestérolémie, diabète, obésité, tabagisme) peut ralentir l’évolution de la maladie. D’autre part, un diagnostic précoce permet d’anticiper certains problèmes de la vie courante et évite le recours aux urgences. Finalement, il est probable que si un traitement est efficace un jour, il devra être donné tôt dans l’évolution, avant la perte trop importante de neurones".

Quelles sont les complications ?

En soi, la maladie n’est pas mortelle. Le pronostic vital est engagé dans le cas où le sujet développe des troubles de la motricité important le conduisant à un état grabataire favorisant les complications infectieuses.

Quels examens et analyses faut-il faire ?

De nouveaux examens d’imagerie cérébrale ont récemment émergé. Utilisant la tomographie par émission de positons (TEP), ils permettent de "voir" les plaques amyloïdes et les dégénérescences neurofibrillaires dans le cerveau d’une personne vivante (et non après sa mort par examen anatomopathologique). Pour cela, il a fallu développer des radiotraceurs injectables se liant spécifiquement au peptide bêta amyloïde puis, plus récemment, à la protéine tau. Ils rendent d’indéniables services en recherche, par exemple pour tester l’effet de candidats médicaments. Mais en l’absence de traitement validé, leur utilisation clinique ne présente pour l'instant que peu d’intérêt.

Traitements et prise en charge de la maladie d'Alzheimer

Il n’existe actuellement aucun traitement curatif pour cette maladie. Des traitements peuvent être envisagés pour réduire les symptômes ou améliorer la qualité de vie du patient. 

Médicaments qui améliorent la cognition

Plusieurs médicaments peuvent être proposés. Il s’agit d’inhibiteurs de cholinestérase (Enzyme capable de modifier la structure de l’acétylcholine (neurotransmetteur primordial dans le fonctionnement de notre organisme) dans le sang et les tissus et de l'inactiver).

On prescrit ces médicaments dans les premiers stades de la maladie. D’autres médicaments sont prescrits pour les stades qui suivent. Ces traitements permettent une atténuation des symptômes cognitifs, un retard de leur aggravation ou un retard de la perte d’autonomie. Ils peuvent également limités les troubles du comportement. Ils ne soignent cependant pas la cause de la maladie.

Antidépresseurs et neuroleptiques

Des antidépresseurs et des neuroleptiques peuvent parfois être proposés aux patients lorsque des troubles du comportement sont observés par le médecin. Il faut cependant les prescrire avec attention, certains peuvent avoir des effets indésirables importants. Leur prescription est donc limitée. S’ils le sont, une surveillance supplémentaire sera apportée au patient.

Orthophonie

En parallèle de la prise en charge médicamenteuse, on peut prescrire d’autres traitements. Un orthophoniste peut alors apporter son aide à certains malades. Son rôle sera d’entretenir la mémoire du patient, de mieux communiquer, de stimuler les fonctions intellectuelles et de tenter de freiner l’évolution de certaines manifestations de la maladie.

Ergothérapie

L’ergothérapie correspond au fait de conserver ou de réapprendre certains gestes de la vie quotidienne qui ont été oubliés. Elle peut également servir à rendre le patient plus autonome, à aider l’entourage au maximum dans le soutien du malade. Elle peut également servir dans l’aménagement du domicile pour permettre de réduire les troubles du comportement, diminuer l’angoisse provoquée par la maladie ou améliorer la qualité de vie du patient et des aidants. Ces interventions peuvent être prescrites médicalement.

Kinésithérapie

La kinésithérapie aide à maintenir et à améliorer l’état physique du patient. Elle permet également de retarder les effets de la dépendance et des handicaps liés au vieillissement démentiel. Quant à la psychomotricité, elle utilise des techniques de médiation corporelle.

Luminothérapie

L’exposition à la lumière peut améliorer les troubles du comportement et du sommeil chez certains patients. Elle n’est cependant pas efficace pour tous.

Nouvelle étude : l'extrait de soja pourait réparer la mémoire

Des chercheurs japonais de l’Université de Kyushu ont démontré à travers une étude récente que le déclin cognitif pouvait être réduit chez la souris avec un dérivé du soja capable de passer la barrière hémato-encéphalique (barrière physiologique présente dans le cerveau entre la circulation sanguine et le système nerveux central) et pénétrer dans le cerveau. Ces travaux suggèrent que l’ingestion de la protéine pourrait améliorer la mémoire à long terme chez les souris atteintes d'Alzheimer.

Plus précisément, il s’agit d’un fragment de protéine dérivée du soja. Il atteindrait le cerveau après ingestion et réduirait la dégradation de la mémoire chez l’animal. Cette découverte ouvre une nouvelle voie thérapeutique nutritionnelle.

Des essais cliniques doivent être menés, mais les chercheurs imaginent déjà quels aliments vont permettre de prévenir la dégradation de la mémoire voire même d'améliorer la mémorisation des souvenirs des malades d'Alzheimer.

Peut-on prévenir la maladie d'Alzheimer ?

Certains modes de vie et habitudes semblent limiter les risques.

  • Manger mieux

De nombreuses études ont fait le lien entre le rôle d’une bonne alimentation et la prévention de la maladie d’Alzheimer. Cette « bonne » alimentation privilégie la consommation de poissons, de fruits, de légumes, de bon gras (comme de l’huile d’olive). Ont été constatés des diminutions du risque du déclin des fonctions supérieures (ce que l’on appelle les fonctions cognitives) touchant à la connaissance comme la mémoire chez des personnes qui consomment régulièrement du poisson (deux à trois fois par semaine).

  • Bouger plus

Maintenir un minimum d’activité physique, à chaque âge de la vie, permet de maintenir son corps en forme. Le « sport » permettrait de prévenir les lésions vasculaires en diminuant la glycémie, l’hypertension artérielle et le cholestérol. Pas besoin de courir un marathon tous les jours : privilégier les escaliers plutôt que l’ascenseur, la marche au métro, une sortie à vélo le dimanche plutôt qu’une après-midi canapé.

  • Faire bouger ses méninges

Et puisque l’on fait remuer son corps, il ne faut pas laisser de côté la tête ! Plus les réseaux de neurones sont développés au cours d’une vie, plus l’apparition des symptômes sera retardée. C’est ce que l’on appelle la réserve cognitive. Les capacités intellectuelles s’entretiennent. Logique, réflexion, mémoire : on ne laisse rien de côté. Les activités intellectuelles pourraient prévenir les risques de développer la maladie.

Aides et services pour mieux vivre avec la maladie d’Alzheimer

Il est souvent essentiel, pour les personnes qui le peuvent, de rester à leur domicile plutôt que d'être hébergées dans une institution. Les besoins du malade et les aides qui lui seront nécessaires sont évalués par l'équipe médico-sociale du conseil général. Un plan d'aide est ensuite établi en fonction de la situation du patient et de son environnement social et familial, c'est à dire de son niveau de dépendance (ou GIR pour "groupe iso-ressources"). Les aides financières qui peuvent être accordées (de 552 euros par mois à 1 288 euros par mois) visent à aider à couvrir les dépenses des éventuelles aides à domicile, aide-ménagères, travaux d'adaptation du logement, interventions de professionnels à domicile, etc. De même, le bénéficiaire peut recevoir des aides techniques comme un fauteuil roulant, un déambulateur, etc.

Comment bénéficier des aides en cas de maladie d'Alzheimer ?

L'allocation personnalisée d'autonomie (APA) est une aide versée aux personnes âgées de plus de 60 ans en cas de perte d'autonomie dans la mesure où elles disposent de faibles revenus, qu'elles vivent à domicile, chez un proche ou un accueillant. Des aides sociales peuvent également leur être proposées. Pour bénéficier de cette aide, il faut remplir un dossier de demande disponible auprès du CCAS (centre communal d'action sociale), du département ou d'un point d'information local dédié aux personnes âgées. Certains documents doivent également être fournis : une photocopie du livret de famille, de la carte d'identité, du dernier avis d'imposition (ou de non-imposition) sur le revenu et de taxe foncière ainsi qu'un relevé d'identité bancaire.

Sites d’informations et associations         

www.francealzheimer.org

www.alzheimer-paris.org

www.carenity.com