Démangeaisons : 3 zones à surveiller, elles peuvent signaler un diabète ou un trouble rénal

Publié par Edouard Korvaul
le 11/02/2026
homme qui se gratte le coup
Istock
Vous vous grattez ? Ce n’est peut-être pas une simple piqûre ou une allergie. Des démangeaisons chroniques peuvent être le symptôme silencieux d'une maladie métabolique non diagnostiquée, comme le diabète de type 2 ou une insuffisance rénale. 3 zones à surveiller.

Une envie de se gratter est banale. Mais lorsque le besoin devient obsessionnel, dure dans le temps sans raison apparente et perturbe vos nuits, il faut s'interroger. Avant de penser à une allergie à la lessive, sachez que votre peau reflète parfois l'état de vos organes internes et peut révéler une pathologie silencieuse.

Démangeaisons : quand peuvent-elles indiquer une maladie interne ?

On parle de prurit chronique - le nom médical des démangeaisons - lorsqu'il persiste plus de six semaines. Contrairement à l'eczéma ou à l'urticaire, le prurit d'origine interne est souvent qualifié de sine materia : la peau ne présente aucune rougeur, plaque ou bouton initial. Seules les lésions de grattage sont visibles, mais elles ne sont pas à l’origine du prurit.

Ce type de démangeaison possède des caractéristiques spécifiques. Il résiste généralement aux soins locaux habituels comme les crèmes hydratantes ou les antihistaminiques, car la cause est métabolique et non dermatologique. De plus, l'intensité des symptômes s'aggrave fréquemment la nuit, entraînant des insomnies sévères. Le prurit peut être généralisé à tout le corps ou cibler des zones précises selon la pathologie sous-jacente.

Surveiller les plis cutanés et les infections récidivantes

Quelle maladie silencieuse peut se cacher derrière des démangeaisons ? Le diabète de type 2 non diagnostiqué ou mal équilibré peut se manifester par des signaux cutanés. Un taux de sucre (glycémie) élevé dans le sang crée un environnement idéal pour la prolifération des champignons et des levures. Le diabète altère l'équilibre de la flore cutanée et diminue les défenses immunitaires locales.

Soyez particulièrement vigilant aux zones de plis : aisselles, aine et organes génitaux. Des mycoses récurrentes ou persistantes dans ces zones humides constituent un signal d'alerte sérieux. Parallèlement, l'élimination excessive de sucre par les urines provoque une déshydratation globale de l'organisme. Cette xérose (sécheresse intense) accentue les démangeaisons, créant un terrain favorable aux infections.

Démangeaisons au niveau des jambes : quelles causes ?

Des démangeaisons au niveau des jambes peuvent aussi être liées à un diabète. Une glycémie élevée chronique peut endommager les nerfs périphériques : c'est la neuropathie diabétique. Elle ne se manifeste pas toujours par une douleur classique, mais par des sensations cutanées déroutantes comme des fourmillements, des brûlures ou des décharges électriques.

Si les démangeaisons touchent le dos, les bras ou la poitrine de manière diffuse, la piste rénale est une autre piste à ne pas négliger. L'insuffisance rénale chronique empêche le filtrage correct du sang. L'accumulation de déchets (toxines, créatinine) irrite la peau et le système nerveux. Ce "prurit urémique" touche une grande partie des patients en insuffisance rénale avancée.

Comment expliquer ces démangeaisons

Le mécanisme de ces démangeaisons est purement chimique. L'urée et les phosphates en excès, non éliminés par les reins, agissent comme des irritants directs sur les terminaisons nerveuses de l'épiderme. Le patient ressent alors une envie de se gratter "sous la peau", sans soulagement durable.

Dans le cas d'une maladie du foie, ce sont les sels biliaires qui saturent le sang (cholestase). Le prurit est alors féroce et se localise souvent aux extrémités, notamment la plante des pieds et la paume des mains. Si vous présentez ces symptômes sans cause dermatologique évidente, consultez votre médecin pour un bilan sanguin complet.

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