Démangeaisons nocturnes : et si c’était un problème de foie ou de rein ?

Publié par La Rédaction Médisite
le 19/01/2026
démangeaisons nocturnes
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Vous avez envie de vous gratter la nuit ? Si vous n’avez pas de lésion visible, comme une piqûre d’insecte, cela peut venir de vos reins ou de votre foie. Explication.

Se réveiller la peau en feu, chercher désespérément le sommeil alors que l'envie de se gratter devient obsédante ? Il ne s’agit sans doute pas d’une simple sécheresse cutanée. Lorsque ces démangeaisons nocturnes sans boutons apparents persistent au-delà de six semaines, on parle de prurit sine materia, autrement dit de démangeaisons sans cause dermatologique. Ce terme médical désigne une démangeaison sans lésion primitive visible sur la peau, les seules marques présentes étant souvent les traces de grattage laissées par le patient lui-même. Si ce phénomène s'aggrave la nuit, c'est en partie dû à notre horloge biologique : la baisse naturelle du cortisol le soir, hormone anti-inflammatoire, combinée aux variations de température corporelle, abaisse le seuil de tolérance de la peau et exacerbe les sensations irritantes.

Démangeaisons la nuit : la piste biliaire

Une des causes internes fréquentes de ces démangeaisons inexpliquées réside dans le fonctionnement hépatique. Lorsque le flux de la bile est ralenti ou bloqué, un état appelé cholestase, l'organisme réagit vivement. Ce n'est pas uniquement l'accumulation d'acides biliaires sous la peau qui provoque la gêne, mais une interaction complexe impliquant l'activation des récepteurs opioïdes dans le cerveau. Ce prurit chronique se manifeste souvent de manière très caractéristique. Les patients rapportent fréquemment des sensations de brûlure ou de picotement intenses localisées aux extrémités. Si vous ressentez spécifiquement des démangeaisons au niveau de la plante des pieds ou des paumes des mains, cela doit immédiatement attirer votre attention. Fait notable, l'intensité du grattage n'est pas toujours corrélée à la gravité de l'atteinte hépatique, mais ce symptôme touche la majorité des personnes souffrant de cholestase. Il est impératif de consulter pour soulager les démangeaisons liées à la cholestase et traiter la cause sous-jacente, qui peut parfois être une cirrhose biliaire primitive, dont le prurit est un signe avant-coureur chez de nombreux patients.

Démangeaisons la nuit : la piste rénale

Les reins jouent un rôle de filtre épurateur, et leur dysfonctionnement entraîne des répercussions dermatologiques directes. Le prurit en cas d'insuffisance rénale est extrêmement répandu, il est notamment courant chez les patients sous dialyse. Ce prurit, dit urémique, résulte de l'accumulation dans le sang de toxines et de déchets, comme les phosphates, que les reins ne parviennent plus à éliminer correctement. Cette "pollution" interne irrite les terminaisons nerveuses et la peau.

La situation est souvent aggravée par une xérose, une sécheresse cutanée intense également fréquente chez ces patients. Le moment de la dialyse est particulièrement critique : environ 25% des malades ressentent une aggravation sévère des démangeaisons pendant ou juste après la séance. Heureusement, la recherche avance. Heureusement de nouveaux médicaments sont aujourd’hui disponibles pour limiter ces crises de grattage.

Démangeaisons la nuit : les autres pistes

Le foie et les reins ne sont pas les seuls coupables potentiels. Les troubles endocriniens, tels que les dysfonctionnements de la thyroïde ou un diabète mal contrôlé, peuvent aussi être envisagés. Plus rarement, mais de manière significative, ces démangeaisons peuvent précéder de plusieurs années le diagnostic de maladies hématologiques graves, comme le lymphome de Hodgkin. Quand s’inquiéter ? Si l'application de crèmes hydratantes ne suffit pas et que le trouble perturbe vos nuits, ne tardez pas à consulter. Une prise de sang pourra vérifier la glycémie, la fonction rénale, hépatique et la formule sanguine. Ne laissez pas ce symptôme gâcher votre qualité de vie : il est le langage par lequel votre corps exprime un dysfonctionnement interne qui nécessite une prise en charge adaptée.

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