Diagnostiquée par erreur d'un cancer en phase terminale, elle subit 4 ans de chimiothérapie : 3 autres affaires en France

Publié par Sandrine Coucke-Haddad
le 12/01/2026
chimiothérapie par erreur
Istock
Elle aura supporté pendant 4 ans des traitements lourds pour finalement apprendre qu’elle n’avait pas de cancer. L’hôpital vient d’être condamné à lui verser près de 500 000 €. Des cas similaires en France. On vous raconte. 

Une erreur de diagnostic aux conséquences lourdes. Une Italienne vient d’obtenir réparation après une longue bataille judiciaire. L’hôpital lui a diagnostiqué à tort un cancer et les traitements lourds qui ont duré plusieurs années ont entraîné des effets irréversibles sur sa santé. 

Qu'a-t-il pu se passer ? C’est très certainement ce que ce demande Daniela Montesi, une Italienne âgée de 65 ans aujourd’hui. Fin 2006, “la patiente s'est rendue à l'hôpital de Volterra (en Toscane, NDLR) pour une intervention chirurgicale orthopédique. Lors des examens pré hospitalisation, une anomalie de sa numération leucocytaire a été découverte”, détaille le journal italien Il Tirreno. Deux biopsies (une biopsie intestinale et une biopsie de la moelle osseuse) sont alors réalisées et envoyées pour analyse. 

Quand les résultats de ces biopsies tombent quelques jours après, les médecins de l’hôpital universitaire de Santa Chiara de Pise en concluent que Daniela souffre d’un lymphome intestinal, une forme rare de cancer qui se loge le plus souvent au niveau de l’intestin grêle mais qui peut aussi se trouver dans le côlon, le duodénum ou l’estomac. “Il s'agit d'une tumeur agressive qui peut se propager aux ganglions lymphatiques mésentériques, aux poumons, au foie, au cerveau et à la peau”, précise de son côté Orphanet

 

Chimiothérapie et cortisone : des effets secondaires importants

Daniela entame rapidement des traitements anticancer “associant chimiothérapie, cortisone et corticoïdes” ; traitements “qui se sont poursuivis jusqu'en mai 2011”, rapporte Il Tirreno. C’est à ce moment-là qu’une nouvelle biopsie est réalisée, à Gênes cette fois avec un résultat pour le moins inattendu : la patiente n’a pas et n’a jamais eu de cancer. Le soulagement passé, l’Italienne demande des comptes. 

Car les traitements ont laissé de douloureux souvenirs : “J’ai subi des traitements que je n’aurais pas dû suivre, de la cortisone à la chimiothérapie. Et aussi tous ces médicaments monoclonaux qu’on aurait dû me prescrire pendant une période limitée, puis réduire la dose ou changer de traitement. Au lieu de cela, je les ai pris pendant de nombreuses années, certainement plus de quatre. Des thérapies et des médicaments qui ont ruiné mon corps”, détaille la sexagénaire au journal La Stampa

Les conséquences de ces traitements lourds ? Elles sont nombreuses, avec entre autres un déséquilibre hormonal, des fractures, mais aussi des effets psychologiques majeurs (anxiété, pensées suicidaires…). De plus, à cause de ses problèmes de santé, son permis de conduire a été annulé pour inaptitude, ce qui l’a empêché de travailler. 

Un préjudice reconnu par la cour d’appel de Florence la semaine dernière qui a acté un taux d'invalidité permanente de 60 %,  enjoint l’hôpital à lui verser 470 000 € et à régler les frais de justice. 

Daniela qui n’a pas pu assister à l’audience car elle était “hospitalisée pendant une vingtaine de jours (...) à cause des conséquences de ce mauvais diagnostic” se désole : “Les traitements sont de plus en plus lourds et mon système immunitaire est maintenant détruit. À quoi bon cet argent supplémentaire s'il n'y a toujours aucun moyen de me soulager ?

 

Cancer : des erreurs de diagnostic pas si rares, y compris en France ? 

Plusieurs affaires rappellent que la mésaventure de cette femme italienne ne connait pas les frontières. En France aussi, ce genre d’affaires occupent parfois les tribunaux. En septembre dernier, Le Parisien partageait l’histoire de cet homme de 77 ans suivi à l’hôpital Henri Mondor de Créteil pour un cancer du rein à qui il avait été retiré le mauvais rein (le rein sain).

En juin 2025, c’est le journal L’Union qui recueille le témoignage d’une femme de 40 ans : en 2022, sa gynécologue lui annonce qu’elle a un cancer de l’utérus. Elle subit alors une hystérectomie (ablation de l’utérus) avant d’apprendre quelques mois plus tard qu’il y a eu une inversion de dossier, ce n’était pas elle, mais une autre patiente qui avait un cancer. 

L’Est républicain enfin, rapporte en avril 2025 l’histoire d’un homme qui a été opéré pour un cancer du rectum alors qu’il n’en avait pas. Il souffre aujourd’hui de séquelles irréversibles et demande réparation. 

Ces quelques affaires rappellent que l’erreur, quand elle survient, peut avoir des conséquences non négligeables sur la vie de celles et ceux qui sont touchés. Toutefois, au regard des centaines de milliers de diagnostics de cancer qui sont posés chaque année (la Fondation ARC indique que plus de 430 000 cas de cancer sont diagnostiqués chaque année en France), ces cas restent rarissimes. 

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La Stampa

Il Tirreno

Le Parisien 

L’Est Républicain

L’Union

Fondation ARC

Orphanet

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