Couleur, odeur, fréquence : ces changements dans l’urine sont-ils normaux ?
La vessie et les reins communiquent en permanence sur notre état de santé interne. En France, la maladie rénale chronique touche environ 1,6 million d'adultes, dont la prévalence grimpe significativement chez les 65-74 ans. Le constat est similaire pour le diabète, qui concerne plus de 4 millions de personnes, dont 28 % sont diagnostiqués tardivement, au stade des complications. Le lien avec nos urines ? Il est direct car ces pathologie peuvent aussi les affecter. Surveiller les signes de problèmes urinaires après 50 ou 60 ans devient alors une nécessité pour anticiper ces pathologies silencieuses.
Analyser l'aspect visuel : couleur et mousse
Le premier indicateur se trouve dans la cuvette. Si une urine claire est signe d'une bonne hydratation, tout changement durable doit interpeller. Une teinte rouge ou rosée signale une hématurie, c'est-à-dire la présence de sang. Elle impose une consultation immédiate car elle peut révéler des calculs, une infection sévère ou un autre problème. Par ailleurs, observer la couleur de l'urine éclaire sur la santé du rein et du foie : une teinte brune ou très foncée, en dehors de toute déshydratation, n'est pas anodine. Il est toujours préférable de consulter.
L'autre détail visuel à surveiller est la texture. Il arrive que le jet urinaire produise un peu de mousse par simple action mécanique. Toutefois, la persistance d'une urine mousseuse, dont la protéinurie est souvent la cause, peut indiquer que les reins laissent “fuir des protéines”. Ce phénomène est un marqueur précoce de dysfonctionnement rénal, fréquemment causé par une hypertension ou un diabète mal contrôlé par exemple.
L'odeur et la fréquence : des indices métaboliques
L'odeur du pipi fournit également des indices précieux. Si l'ingestion d'asperges modifie l'odeur de l'urine à cause d'une variation génétique enzymatique, d'autres effluves sont pathologiques. Une odeur d'urine sucrée ou fruitée peut signaler un diabète : c'est le signe que l'organisme, saturé de sucre, tente d'éliminer l'excès de glucose par les voies urinaires. Une odeur forte, type ammoniac, orientera plutôt vers une déshydratation ou une infection.
La fréquence des mictions constitue le troisième point de vigilance. La pollakiurie, qui se traduit par un besoin d'uriner toutes les deux heures, ou l'urgenturie, ce besoin soudain et irrépressible, ne sont pas normaux. Chez l'homme de plus de 50 ans, ces symptômes évoquent souvent une hypertrophie bénigne de la prostate, mais ils peuvent aussi résulter d'irritations chroniques liées à un excès de sucre dans le sang.
Douleurs dorsales : un possible problème aux reins ?
Le dernier signe prête souvent à confusion. Beaucoup situent leurs reins dans le bas du dos, alors qu'ils se logent sous les côtes. Une douleur sourde dans le dos ou le flanc peut être une alerte du rein. Cette sensation ne s'apaise généralement pas au repos, et se distingue d'un lumbago par une sensation de douleur profonde, constante et unilatérale.
Si la douleur devient soudaine, violente et irradie vers l'aine, on peut penser à des calculs rénaux dont les symptômes exigent une prise en charge d'urgence. Une douleur lombaire accompagnée de fièvre et de frissons peut aussi indiquer une pyélonéphrite, une infection grave du rein. Là encore, il faut consulter sans tarder. Des tests simples comme la bandelette urinaire permettent aujourd'hui de lever le doute rapidement.