Définition : qu'est-ce que la lithiase rénale ?

Le calcul rénal ou lithiase rénale se forme dans les reins à partir de cristaux "pierres aux reins" présents dans l’urine. Tant qu’il ne bouge pas, il peut être présent sans donner de symptômes.  Lorsqu’il migre dans les voies urinaires, il peut créer une obstruction, responsable des coliques néphrétiques.

Elles se caractérisent par des douleurs intenses dans le dos et le flanc, et sont les manifestations les plus fréquentes de la présence de calculs dans les voies urinaires.

Le plus souvent, les petits calculs du rein  sont expulsés spontanément, mais lorsqu’ils sont trop gros ou mal positionnés, une prise en charge médicale devient nécessaire.

Photo d'un calcul rénal

Photo d'un calcul rénal

Quelle est la fréquence de cette pathologie ?

Cette maladie, touche en France en moyenne 10% des hommes et 5% des femmes.

Quels sont les symptômes des calculs rénaux ?

Les coliques néphrétiques déclenchent des douleurs très vives, voire insoutenables, se propageant du milieu du dos vers l’aine, parfois accompagnées de nausées et de vomissements.

Les calculs rénaux sont des pierres qui se forment dans les cavités du rein et peuvent se compliquer de sang dans les urines et surtout d’une infection urinaire en amont de l’obstacle avec fièvre et douleur lors de l'émission de l'urine.

Alimentation, déshydratation : quelles sont les causes des calculs rénaux ?

La lithiase rénalediverse origine et, on distingue plusieurs types de calculs en fonction de leur origine :

  • les calculs de calcium : (70%) liés à l’absorption en quantité importante de calcium sous la forme de laitages ou de médicaments, mais il peut aussi n’y avoir aucun lien ;
  • les calculs liés une consommation importante de protéines ou à une maladie du métabolisme, appelés également calculs d’acide urique car observés chez les personnes ayant un taux élevé d’acide urique dans le sang et les urines ;
  • les calculs d’origine infectieuse :  Certains germes peuvent favoriser la formation de calculs qui vont se former à l’intérieur du rein (ces calculs sont appelés struvites) ;
  • un dérèglement hormonal, dû à un dysfonctionnement des glandes parathyroïdes (qui contrôle le taux de calcium dans le sang) ;
  • un phénomène unique et inexpliqué : Parfois aucune cause n’est retrouvée.

Quels aliments favorisent les calculs rénaux ?

Un régime alimentaire riche en protéines (la consommation quotidienne ne devrait pas dépasser un gramme de protéines par jour et par kilo de poids) et en sel (moins de cinq grammes de sel de cuisine par jour.) favoriserait la formation de calculs rénaux chez les personnes ayant un terrain propice.

Voici la liste non exhaustive de certains aliments ayant la réputation de favoriser l'apparition de calculs rénaux :

  • les abats ;
  • les fruits de mer ;
  • les asperges ;
  • la rhubarbe ;
  • le cresson ;
  • l’oseille ;
  • les épinards ;
  • le fenouil ;
  • les fruits rouges ;
  • les fruits secs ;
  • le persil ;
  • la moutarde en grande quantité ;
  • le café soluble ;
  • le chocolat ;
  • le thé longuement infusé ;
  • le vin blanc.

Apprendre à gérer la déshydratation ?

Une hydratation insuffisante favorise la formation de calculs rénaux. Il est donc important de boire au moins deux litres d'eau par jour  pour éviter la concentration des urines et éliminer les cristaux avant qu'ils ne deviennent trop gros et au moins trois litres lorsqu’il fait chaud, ou lors d’activité sportive.

En toute circonstance, les urines devraient idéalement rester pâles.

  • Les eaux minérales trop riches en sels minéraux sont à éviter.
  • Les eaux minérales riches en bicarbonates sont à privilégier.

Faut-il boire plus au début d'une colique néphrétique ?

Réponse du Docteur Marc Fourmarier : attention, si vous suspectez un début de colique néphrétique, ne buvez pas de grandes quantités de liquides en espérant chasser le calcul ! L'accumulation d'urine dans le canal bouché ne ferait qu'aggraver la douleur.

Quels aliments éviter quand on a des calculs rénaux ?

Certaines mesures alimentaires simples permettent de diminuer la période de crise :

  • réduire la consommation de protéines ;
  • réduire la consommation de sel ;
  • enrichir son alimentation en fruits et légumes de toutes sortes, en particulier ceux riches en potassium qui favorise l’élimination du calcium : banane, pommes de terre, fèves, par exemple.

Combien de temps pour évacuer un calcul rénal ?

Dans la maladie lithiasique, la majorité des calculs sont éliminés d'eux-mêmes dans les 6 semaines. Les autres peuvent être détériorés en petits morceaux ou être extraits chirurgicalement.

Quels sont les facteurs de risques ?

La crise de colique néphrétique survient souvent après :

  • un voyage récent et prolongé ;
  • un séjour dans un pays chaud ;
  • un travail dans une atmosphère surchauffée ;
  • une immobilisation prolongée,  après une maladie par exemple ;
  • une activité sportive ;
  • des trajets en voiture, moto, train ou avion (vibrations).

Calculs rénaux : qui sont les personnes à risque ?

Il existe souvent une prédisposition familiale à la survenue de lithiase rénale.

Les personnes qui souffrent d’obésité ou d’hypertension artérielle sont davantage exposés à un risque de lithiase urinaire.

Colique néphrétique : quelle est sa durée ?

La crise de colique néphrétique dure d'une dizaine de minutes à quelques heures.

Les calculs rénaux sont-ils contagieux ?

Les calculs rénaux ne sont pas contagieux

Colique néphrétique : qui, quand consulter ?

Si la crise de colique néphrétique s’accompagne de certains symptômes : fièvre, frissons, douleur intense, anurie… elle doit amener à consulter en urgence.

Calculs rénaux : quelles sont les complications ?

S’ils ne sont pas pris en charge médicalement ou chirurgicalement, les calculs rénaux peuvent être à l’origine de complications aiguës et provoquer une colique néphrétique ou une infection du rein,  pyélonéphrite, voire une insuffisance rénale ou une septicémie.

Quels sont les risques de récidive ?

Le risque principal est la récidive, la moitié des personnes qui ont connu une crise de colique néphrétique, connaitront une deuxième crise dans les cinq années suivantes. Cette tendance aux récidives justifie la mise en place de mesures destinées à les anticiper.

L’écoulement des urines pouvant être difficile, un important risque d’infections urinaires à répétition ainsi que des dégradations du fonctionnement du rein sont à prendre en compte.

Calculs rénaux : quels sont les examens et analyses en cas de symptômes ?

Le diagnostic se fonde sur l’analyse clinique et différentes techniques d'imagerie médicale.

Un médecin effectuera une série d'analyses de sang et d'examens d'urine qui l'aideront à établir la présence de calculs rénaux. Différentes techniques d'imagerie médicale sont utilisées pour poser le diagnostic de calculs rénaux, notamment une radiographie, une échographie ou un scanner.

Si la présence d'un calcul rénal est découverte, le médecin pourra demander un bilan métabolique afin d'évaluer un dysfonctionnement et d'identifier un trouble du métabolisme. Ce processus peut faire appel à des analyses de sang et des échantillons d'urine excrétée sur 24 heures (comme des analyses d'urine, du pH de l'urine et d'une culture d'urine).

Si un calcul est évacué, une analyse dégagera ses éléments.

Quels sont les traitements des coliques néphrétiques ? 

Les coliques néphrétiques comptent parmi les douleurs les plus intenses, ainsi des antalgiques puissantsmorphine par voie intraveineuse, peuvent être administrés.

Si le calcul est suffisamment petit, les coliques néphrétiques peuvent être soulagées par des anti-douleurs ou un antispasmodique. Le calcul peut s’éliminer spontanément par les voies naturelles soit en modifiant la composition des urines pour dissoudre le calcul, soit par effet physique pour les disloquer. C’est la lithotritie qui repose sur l’usage d’ultrasons pour générer des ondes de choc qui vont désintégrer les calculs.

La lithotritie pour fragmenter les calculs urinaires

Cette procédure est indolore et ne nécessite habituellement pas d’hospitalisation. Elle est contre-indiquée chez les femmes enceintes, les personnes obèses, celles qui portent un stimulateur cardiaque (pacemaker) ou celles qui prennent des traitements anticoagulants. Après la lithotritie, les urines peuvent contenir un peu de sang pendant un ou deux jours. L'élimination des fragments peut également provoquer des douleurs modérées.

La situation se complique lorsque le calcul ne s’élimine pas naturellement, voire en présence de fièvre, et qu’une prise en charge complémentaire, parfois chirurgicale, est nécessaire. Les calculs peuvent être éliminés ou fragmentés en passant par les voies naturelles (urétéroscopie) ou en faisant une petite incision de la peau (néphrolithotomie percutanée, pour les très gros calculs). Une courte hospitalisation est alors nécessaire.

Comment prévenir la lithiase rénale ?

Pour prévenir ces risques, les mesures préconisées par le médecin vont dépendre de la nature du calcul et de ses causes :

  • réduire les apports en calcium en cas de calculs de calcium ;
  • réduire les apports en protéines animales et traiter le taux excessif d’acide urique dans le sang en cas de calculs d’acide urique ;
  • prévenir, dépister et soigner les infections urinaires à répétition ;
  • enfin, il est toujours conseillé de boire beaucoup de liquides en dehors des crises ;
  • il est possible de prévenir les calculs rénaux en ingérant quotidiennement 8 à 12 verres d'eau et en buvant pendant les repas.

Comment savoir si l'on boit assez ?

Réponse du Dr Marc Fourmarier : vous saurez que vous buvez suffisamment lorsque vous évacuerez une urine presque incolore. Il est également recommandé d'adopter un régime alimentaire dont l'apport en protéines et en sel est plus faible.

Sites d’informations et associations

 Associations Française d'urologie

Vidal

Sources

Calculs dans les voies urinaires, MSD Manuals, janvier 2020