“Un AVC ou un infarctus tue toutes les 2 minutes en France” alertent les cardiologues : cette solution permet de gagner 10 à 15 ans de vie
C’est la deuxième cause de mortalité en France (et la première en Europe) derrière le cancer. Les maladies cardio-neuro-vasculaires sont un fléau, mais un fléau qui pourrait être inversé ont expliqué les membres de la Fondation Cœur & Recherche qui tenaient une conférence de presse ce mardi.
AVC, infarctus, insuffisance cardiaque et autres maladies cardio-neuro-vasculaires, sont ainsi largement favorisés, dixit les experts par 5 facteurs de risque : l’hypertension, l’hypercholestérolémie, l’obésité, le diabète et le tabac. Des facteurs de risques sur lesquels devraient s’appuyer de meilleures clés de prévention.
“En corrigeant ces cinq facteurs, on peut gagner entre 10 et 15 ans de vie en bonne santé”, explique le Pr Ariel Cohen, Président de la Fondation Cœur & Recherche. Une démarche essentielle car “un AVC ou un infarctus tue toutes les 2 minutes en France” regrette le professeur.
Qu’est-ce que P.R.É.V.E.N.T.I.O.N mis en place par les spécialistes ?
“80% des maladies cardiovasculaires peuvent être évitées grâce à une meilleure hygiène de vie” indique la Fédération Française de Cardiologie (FFC). D’où l’intérêt de l’acronyme P.R.É.V.E.N.T.I.O.N qui rappelle qu’en agissant sur ces dix points, le gain santé est indiscutable.
P : Pas de tabac. Arrêter le tabac est un levier important de diminution du risque neuro-cardio-vasculaire, peu importe votre âge et le nombre d’années de tabagisme, il est toujours intéressant d’arrêter.
R : Réduction du stress. “Le stress augmente de façon significative le risque de développer une maladie cardio-vasculaire”, rappelle la Fédération Française de Cardiologie (FFC).
É : Éviter le surpoids. Le Dr Marc Villaceque, cardiologue à Nîmes et membre du Conseil d’administration de la Société Française de Cardiologie (SFC) conseille de se peser régulièrement et de surveiller les variations de poids qui pourraient induire un diabète, facteur de risque cardiovasculaire.
V : Vigilance tensionnelle. Il est important de contrôler sa tension régulièrement, chaque foyer devrait posséder son tensiomètre, un petit appareil que l’on peut facilement s’acheter pour quelques dizaines d’euros.
E : Envisager les troubles du sommeil. Le lien entre apnée du sommeil et problèmes neuro-cardio-vasculaires est aujourd’hui établi. Une apnée du sommeil doit impérativement être prise en charge.
N : Nutrition pauvre en graisses saturées, sucre et calories. Les produits ultra transformés ont un impact délétère sur la santé en général et sur la santé cardiovasculaire en particulier.
T : Tester sa glycémie et son cholestérol. Un bilan sanguin régulier est recommandé.
I : Intensifier l’activité physique. Trente minutes au minimum par jour sont essentiels pour contrer la sédentarité.
O : Observer les antécédents familiaux. Le risque est accru en cas d’infarctus, d'insuffisance cardiaque ou d’AVC chez les membres de la famille proche, notamment si les malades ont été touchés jeunes.
N : Ne jamais banaliser les signaux d’alerte. Une douleur à la poitrine, qui irradie dans l’un ou les deux bras, doit impérativement alerter et motiver un appel au 15. “Dans 80 % des cas, les douleurs thoraciques représentent le principal signal de l’accident cardiaque, aussi bien chez les hommes que chez les femmes”, note le Dr Villaceque. Des signes plus spécifiques (chez la femme notamment) peuvent aussi être expérimentés mais dans tous les cas, les douleurs thoraciques sont un signal d’alerte.
Maladies maladies cardio-neuro-vasculaires : une nouvelle campagne de prévention pour 2026
La prévention individuelle préconisée dans le programme P.R.É.V.E.N.T.I.O.N est nécessaire mais non suffisante. Elle doit se cumuler avec une prévention collective, insiste les médecins lors de ce point presse. “La stratégie nationale existe mais manque encore de cohérence”, détaille encore le Dr Villaceque. Une nouvelle campagne d’information de l'Assurance maladie va d'ailleurs bientôt être dévoilée, elle s'articulera autour des chiffres à connaître (cholestérol, tension…) pour évaluer son risque. “Si on ne les connaît pas, on ne peut pas savoir si on est à risque !” conclut le cardiologue. Et vous, connaissez-vous vos chiffres ?
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Conférence de presse de la Fondation Cœur & Recherche, mardi 13 janvier 2025.