Accident cardiaque d’Uini Atonio, pilier du XV de France : pourquoi la vie change radicalement après ?

Publié par Sandrine Coucke-Haddad
le 29/01/2026
accident cardiaque
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L’annonce a secoué le monde du rugby : l'international français Uini Atonio est actuellement en soins intensifs après un accident cardiaque survenu mardi. Il va devoir renoncer à sa carrière. Une réalité souvent occultée : la vie change significativement après un accident cardiaque. On vous explique.

C’est son club, le Stade rochelais qui a annoncé la mauvaise nouvelle hier : Uini Atonio, qui évolue au poste de pilier droit dans son club et dans l’équipe du XV de France, a été hospitalisé mardi à la suite d’un accident cardiaque. Son état est stable mais il reste en soins intensifs et devra mettre un terme à sa carrière. Il a seulement 35 ans. L'annonce de la fin de carrière du rugbyman rappelle brutalement une réalité médicale : un événement cardiovasculaire marque une rupture nette dans le quotidien. Ce n'est pas une simple alerte, mais le point de départ d'une prise en charge rigoureuse. Comprendre ce parcours est nécessaire pour tous les patients confrontés à cette épreuve afin de sécuriser l'avenir et de prévenir d’autres accidents.

L'accident cardiaque : un changement de vie immédiat

Le cas du pilier rochelais illustre la sévérité d’un diagnostic cardiaque. L'infarctus du myocarde ne doit pas être perçu comme un incident isolé, mais comme l'épisode aigu d'une maladie coronarienne chronique. La prise en charge ne s’arrête donc pas à l’hospitalisation et à la récupération post opératoire. Le suivi et la vigilance s’imposent dès la phase hospitalière, car des complications possibles, telles que l'insuffisance cardiaque, les troubles du rythme ou le risque d'accident vasculaire cérébral (AVC) sont réelles.

Pour contrer ces risques, la Haute Autorité de Santé et l'Assurance maladie recommandent un programme de réadaptation cardiaque. Ce protocole pluridisciplinaire, impliquant cardiologues et kinésithérapeutes, vise un objectif majeur : diminuer la mortalité cardiovasculaire d'environ 30 %. Cette étape permet d'enclencher la reprise d'une vie normale en toute sécurité.

Le suivi médical : une vigilance rapprochée et constante indispensable après un accident cardiaque

Il y a un avant et un après l’accident cardiaque, il n’est pas question de reprendre sa vie sans un suivi particulier. Ce suivi est mis en place dès la sortie de l’hôpital. Le médecin traitant coordonne le parcours avec des consultations régulières, par exemple trimestrielles, tandis qu'un bilan cardiologique annuel s'impose. Des examens de surveillance comme l'électrocardiogramme (ECG) ou l'écho doppler permettent de vérifier la fonction cardiaque. Dernier examen courant après un accident cardiaque : l'épreuve d'effort un examen clé qui permet d’évaluer précisément les capacités physiques résiduelles.

Parallèlement à ce suivi rapproché, un traitement médicamenteux constitue une obligation à vie. Pour prévenir la formation de caillots et contrôler les facteurs de risque, l’ordonnance associe généralement des antiagrégants plaquettaires et des statines contre le cholestérol. L'observance de ce traitement est indispensable pour éviter la récidive.

Les aménagements du quotidien après une attaque cardiaque

Du côté de votre mode de vie, des changements s’imposent également. L'arrêt du tabac notamment est la priorité absolue : une année sans fumer permet de voir le risque d'infarctus diminuer de moitié. Côté assiette, les recommandations privilégient une alimentation de type méditerranéen, riche en acides gras insaturés (huile d'olive, noix), en fruits et légumes et pauvre en graisses saturées, sucres rapides et sel.

Concernant le sport, l'activité physique adaptée (APA) est fortement encouragée pour renforcer le myocarde. Il faut privilégier l'endurance douce comme la marche ou le vélo. En revanche, les médecins interdisent formellement les efforts brutaux ou isométriques, tels que le port de charges lourdes, qui augmentent la pression sur le cœur. Une gestion du stress, parfois avec l'aide d'un psychologue, complète ce dispositif préventif.

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