Vous détestiez les brocolis, les endives et les choux de Bruxelles de la cantine, car ils sont trop amers ? C’est une bonne chose ! De récentes recherches, publiées dans la revue médicale JAMA Network Open, ont mis en évidence un lien de causalité entre les aliments amers et le coronavirus. Être très sensibles à l’amertume aurait un effet protecteur contre les formes sévères de covid-19.

Des papilles hypersensibles à l’amertume : un avantage face à la Covid-19

L’agueusie, ou perte du goût, est l’un des symptômes les plus connus du coronavirus. C’est en partant de ce constat que des chercheurs américains ont étudié la potentielle relation entre les capacités gustatives et la Covid-19.

Ils ont réuni 1935 patients adultes, dont 1101 femmes. Les participants ont ensuite réparti en 3 groupes : les “super goûteurs” des volontaires très sensibles aux aliments amers, les “goûteurs” qui ressentent ce type de saveur mais ne les détestent pas puis les non-goûteurs, soient les participants peu sensibles à l’amertume.

Suivis durant trois mois (du 1er juillet 2020 au 30 septembre 2020), 266 personnes ont été infectées par le SARS-CoV-2. Les individus classés comme “goûteurs” ont représenté 29% des cas de Covid-19, et 55% des autres étaient des “non-goûteurs”.

55 de ces malades ont dû être hospitalisés. Plus de 8 cas graves sur 10 étaient des “non-goûteurs” (86%) alors qu’aucun “super-goûteur” n'a dû être pris charge par les équipes médicales.

Les détecteurs de goût de la langue en ligne de mire

Ces recherches, orchestrées par Henry Barham, rhinologiste au Baton Rouge General Medical Center en Louisiane, ont pu pointer du doigt l’élément commun des “super-goûteurs”. Il s’agirait du T2Rs, le récepteur de saveurs amères. Son omniprésence chez certains individus permettrait de produire de l’oxyde nitrique, neutralisant les virus qui se propagent dans le système respiratoire. C’est, en effet, par là que la Covid-19 s’infiltre.

L’équipe de scientifiques du Dr Henry Barham reste mesurée au sujet des résultats de ces recherches, considérant que “malgré le nombre important de volontaires engagés dans cette étude, cela reste un petit échantillon, au regard de la pandémie actuelle”.

La découverte permet néanmoins d’avancer sur les causes de la propagation de la Covid-19. D’autres travaux devraient pouvoir se servir de ces résultats, selon les auteurs : "cela pourrait ouvrir la porte à de futures recherches concernant d'autres rôles possibles des T2R dans une immunité innée, notamment sous la forme de thérapies potentielles, d'une hiérarchisation des vaccinations et de fonctions possibles contre d'autres agents pathogènes des voies respiratoires supérieures (c'est-à-dire la grippe)"


Sources

JAMA Network : https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2780134

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