Covid-19 : du sang de ver marin pourrait soigner des malades en détresse respiratoires

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L'hémoglobine de l’arénicole un petit ver marin est administrée en test à quelques malades du Covid-19 présentant une détresse respiratoire aigüe. Le sang de ce petit animal est commercialisé par la société bretonne Hemarina. Un sang 40 fois plus oxygénant que notre hémoglobine, et qui pourrait soulager le manque grandissant de respirateurs dans les services de réanimation des hôpitaux.
Covid-19 : du sang de ver marin pourrait soigner des malades en détresse respiratoires©Auguste Le Roux — Travail personnel - Licence : https://creativecommons.org/licenses/by/3.0/Creative Commons

Tests, respirateurs artificiels, robots... La lutte contre le coronavirus se technicise. Pourtant, alors que les ventilateurs manquent désormais dans les services de réanimation de nos hôpitaux pour sauver les malades atteints de Covid-19, l'espoir pourrait venir d'un petit organisme breton, celui d'un ver de vase marin nommé "arénicole" dont l'hémoglobine est... 40 fois plus oxygénante que la nôtre.

L'arénicole pourrait soigner les malades souffrant de détresse respiratoire

Vous connaissez sans doute sans le savoir l'arénicole... ou plus exactement, vous avez à coup sûr, déjà vu les tortillons de sable qu'il laisse sur les plages. Il s'agit d'un banal lombric, long de 10 à 15 cm, fréquent sur les côtes notamment de Bretagne.

Atout extraordinaire et formidable espoir thérapeutique : son hémoglobine (grosse molécule qui achemine l’oxygène dans le corps) peut transporter 40 fois plus d’oxygène que celle qui circule dans nos vaisseaux sanguins, et elle est compatible avec notre organisme.

Alors que les ventilateurs et respirateurs artificiels manquent aux soignants pour la prise en charge des malades dans les états les plus critiques, "Le but est d’utiliser cette molécule comme une sorte de respirateur moléculaire avant que les patients ne basculent dans un processus lourd de réanimation", explique Franck Zal, docteur en biologie marine et fondateur d’Hemarina, société qui travaille sur ces vers, à nos confrères de 20 minutes.

Le Covid-19 s’en prend en effet au système respiratoire (bronches, poumons...), entraînant des essoufflements, dyspnées et autres troubles respiratoires graves. L'idée est donc d'inoculer aux patients le sang de ce lombric avant qu'ils ne soient intubés pour qu'ils bénéficient de plus d’oxygène, et d'éviter ainsi les risques d'asphyxie. Ce procédé permettrait de limiter la pénurie de lits et d'appareil respiratoires dans les services de réanimation.

Des tests en cours dans 2 hôpitaux parisiens

L'hémoglobine du vers a déjà fait ses preuves, notamment pour des greffons rénaux dont elle augmente la durée de conservation de quelques heures à plusieurs jours. Elle a également été testée aux États-Unis sur des personnes souffrant d’hypoxie cérébrale (apport insuffisant en oxygène au niveau du cerveau).

La société bretonne Hemarina, créée en 2017 et située à Morlaix dans le Finistère, est quant à elle convaincue du potentiel médical de l’arénicole. Ayant sa propre ferme d’élevage, elle dispose déjà de 5 000 doses immédiatement disponibles. "Cette molécule, M101, a le potentiel d’être un bon candidat pour traiter le syndrome de détresse respiratoire qui est responsable de la mort par le Covid-19", explique l’entreprise de biotechnologie bretonne dans un communiqué.

Les tests à petite échelle sont actuellement en cours dans les deux hôpitaux parisiens Georges Pompidou et la Pitié-Salpêtrière.

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