Coronavirus : la situation “s’aggrave” dans le monde, selon l’OMS

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Le directeur général de l’OMS ne s’est guère montré rassurant, lors de sa dernière conférence de presse. Selon lui, la crise sanitaire du coronavirus s’aggrave dans le monde. En Europe, où la situation semble s’améliorer, “la plus grande menace est désormais le laisser-aller”.
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"Bien que la situation en Europe s'améliore, dans le monde elle s'aggrave", a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé, lors d'une conférence de presse virtuelle à Genève, ce lundi.

"Plus de 100 000 nouveaux cas ont été recensés sur 9 des 10 derniers jours. Hier, le bilan s'est élevé à plus de 136 000 nouveaux cas", a-t-il précisé. Soit le chiffre le plus élevé sur une journée. En outre, l’épidémie de coronavirus semble se concentrer sur 10 pays, principalement en Amérique et en Asie du Sud, puisqu’on y recensait 75 % des nouveaux cas enregistrés ce week-end.

Covid-19 : l’épidémie se concentre en Amérique et en Asie

Aux États-Unis, notamment, la situation est bloquée sur un “plateau” depuis deux mois. En cause, la gestion hétéroclite de l’épidémie en fonction des régions, estiment les experts. "Nous n'avons pas agi assez vite et fort pour empêcher le virus de se propager au départ, et il s'est apparemment déplacé des foyers initiaux à d'autres zones urbaines et rurales", explique Tom Frieden, ancien directeur des Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC).

En Amérique latine, le Brésil et le Pérou sont les pays les plus touchés, suivis par le Chili et le Mexique. Or, le Pérou est confronté à une pénurie d’oxygène médical, ce qui impacte fortement les soins prodigués aux patients. Il manquerait ainsi 8 000 bouteilles d’oxygène, les capacités de production des usines n’étant pas suffisantes pour répondre à la demande.

Du côté de l’Asie, certains pays sont particulièrement touchés par la crise sanitaire, comme le Pakistan, qui a franchi la barre des 100 000 cas et des 2 000 décès, et commence à être confronté à une saturation des hôpitaux. En outre, le nombre de personnes contaminées serait très sous-estimé (il pourrait être jusqu’à 10 fois supérieur aux chiffres officiels), en raison du manque de moyens pour dépister à grande échelle.

L’Europe est-elle tirée d’affaire ?

La situation semble s’améliorer dans de nombreux pays européens, dont la France, qui ont massivement entamé des mesures de déconfinement. Mais certains pays proches de l’Hexagone sont loin d’être débarrassés du virus.

En Grèce, notamment, qui était jusqu’alors relativement épargné par la pandémie, la hausse du nombre de nouvelles infections inquiète. "Quiconque croit que nous sommes débarrassés du virus, se trompe", a averti lundi Nikos Hardalias, ministre de la Protection du citoyen.

"La plus grande menace est désormais le laisser-aller"

En Suède, également, la situation sanitaire est particulièrement inquiétante. Le pays, qui a refusé d’adopter des mesures de confinement, enregistre désormais le cinquième taux de décès par habitant dans le monde - se plaçant ainsi devant la France. Mercredi dernier, Anders Tegnell, l’épidémiologiste en chef du pays, a reconnu que l’embellie annoncée “n’avait pas eu lieu”, et que la Suède aurait dû adopter des mesures plus restrictives.

Quant aux pays qui enregistrent une accalmie depuis quelques semaines, leur “plus grande menace est désormais le laisser-aller”, estime le directeur de l’OMS.

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