Ce n’est ni une obligation, ni une recommandation formelle, mais une possibilité donnée à toutes les femmes qui le souhaitent. L’autopalpation mammaire ou auto-examen des seins est encouragée par les médecins, qui peuvent même montrer à leurs patientes comment procéder.

Cancer du sein : l’importance d’un dépistage précoce et régulier

Le cancer du sein se caractérise par la présence de cellules anormales proliférant de manière anarchique et rapide. Elles atteignent les tissus du sein, la glande mammaire, voire, dans le cadre d’une métastase, l’ensemble de l’organisme via les vaisseaux sanguins lymphatiques. Comme tous les cancers, il est susceptible de se développer et de progresser sur plusieurs années, voire plusieurs mois.

La stratégie de Dépistage de masse organisé (DMO) recommandée par la Haute autorité de santé (HAS) en 2014 cible les femmes âgées de 50 à 74 ans ne présentant pas de facteur de risque particulier. Toutes bénéficient d’un examen clinique des seins (observation et palpation de la poitrine), ainsi que d’une mammographie réalisée tous les deux ans et intégralement prise en charge par la Sécurité sociale. « Pour autant, seules 50 % des femmes françaises s’y soumettent », regrette le Dr Jean-Michel Vannetzel, cancérologue et Président de l’Institut du Sein Henri Hartmann.

Compléter par un auto-examen mammaire régulier

« Bien qu’aucune étude scientifique n’ait démontré sa rentabilité ou son intérêt médical, l’autopalpation, auquel je préfère le terme d’auto-examen mammaire, doit être encouragée » recommande le médecin. En effet, le cancer du sein ne se révèle pas seulement à la palpation, mais via une modification du sein, comme la rétraction du mamelon ou le passage d’un écoulement. Tout changement cutané de la zone mammaire : peau devenue rouge, épaisse, émaciée, piquetée ou attirée vers l’intérieur du sein, doit donc alerter. Les femmes devraient également être attentives à la présence d’une boule ou grosseur dans le sein ainsi que d’un ganglion sous l’aisselle.

Le Dr Lucie Veron, gynécologue médical à l’Institut Gustave Roussy, appelle à ne pas s’inquiéter outre mesure. « La présence de l’un de ces signes ne veut pas forcément dire qu’il y a un cancer ». Certaines grosseurs mammaires ressenties peuvent être liées à un kyste ou à un adénofibrome, une tumeur bénigne fréquente. De même qu’une douleur dans les seins n’est pas significative, apparaissant parfois avec une modification hormonale.

Autopalpation : à quelle fréquence la réaliser ?

Il n’y a pas de fréquence particulière recommandée pour réaliser cet auto-examen dès l’âge de 20-25 ans, si ce n’est d’être régulière, sans pour autant s’y astreindre tous les jours. Pour le Dr Veron, « il est plus pertinent d’effectuer l’autopalpation au même moment du cycle menstruel, soit idéalement après les règles et avant l’ovulation, lorsque les glandes mammaires sont souples et non congestionnées par le cycle hormonal ».

Les bons gestes de l'autopalpation mammaire

En position debout, devant un miroir, les bras sont positionnés le long du corps. Tous les cadrans du sein doivent être palpés du bas vers le haut et de la gauche vers la droite.

Plusieurs approches sont possibles. On peut débuter par la palpation du mamelon pour aller vers l’extérieur du sein en suivant une ligne droite, puis réitérer l’opération jusqu’à avoir couvert tout le sein, avant de changer de côté. Une autre option consiste à démarrer l’examen depuis le haut de l’aisselle en formant une ligne verticale jusqu’à atteindre le bas du sein, puis de recommencer en formant d’autres lignes. On peut enfin suivre une approche circulaire autour du sein jusqu’au mamelon en spirale.

Il convient ensuite de s’allonger, les bras le long du corps, en palpant chaque sein avec la main opposée, sans oublier les aisselles pour vérifier l’absence de toute trace de ganglions.

« L’autopalpation peut être source de stress chez les femmes qui se sentent moins à l’aise avec leur corps » précise le Dr Veron qui insiste sur le fait que cet examen ne doit en aucun cas remplacer le dépistage de masse organisé et la consultation régulière chez le gynécologue.

Autopalpation : encore plus importante après 74 ans

Les femmes de plus de 74 ans qui sortent du cadre du dépistage de masse organisé vont rarement consulter leur gynécologue, se croyant souvent à l’abri. « Il s’avère que les cancers du sein les plus avancés sont plus fréquents chez ces patientes âgées » selon le président de l’Institut du Sein Henri Hartmann.

« Un décès sur deux par cancer du sein les concerne. Or, plus de deux-tiers des tumeurs sont trouvées par la patiente elle-même et 80 % font plus de 2 cm ». Pour anticiper le diagnostic et limiter tout risque de perte de chance, l’auto-examen des seins des femmes âgées est particulièrement recommandé.

Quid des femmes en rémission d’un cancer du sein ?

« L’autopalpation n’est pas nécessaire chez les patientes qui ont déjà eu un cancer du sein » explique le Dr Veron. Le sein reste modifié, plus dur, parfois des années après le traitement et ses séquelles. Les femmes sont, de fait, plus attentives aux modifications de leur sein et réalisent les mammographies annuellement prescrites dans le cadre de cette surveillance active.

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Sources

Merci au Dr Jean-Michel Vannetzel, cancérologue et Président de l’Institut du sein Henri Hartmann et au Dr Lucie Veron, gynécologue médicale à l’Institut Gustave Roussy. 

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