Cancer de la prostate : l’hormonothérapie augmente de 80 % le risque de dépression

Les hommes qui subissent une hormonothérapie après l’ablation de leur prostate auraient 80 % plus de risques de souffrir de dépression que ceux qui ne reçoivent pas ce traitement, selon une étude.

Le cancer de la prostate est la tumeur la plus fréquente chez l’homme. 50 430 nouveaux cas ont été diagnostiqués en 2015 dans l’hexagone, d’après les chiffres de Santé Publique France. L’hormonothérapie fait partie des méthodes courantes pour le soigner. En effet, un quart des patients ayant subi une ablation chirurgicale de la prostate rechutent, et se voient proposer ce type de traitement.

Malheureusement, les traitements hormonaux n’ont pas que des avantages… Ils augmenteraient de 80 % le risque de dépression, selon une étude danoise présentée à l’occasion du 34ème Congrès de l’European Association of Urology.

La déprivation androgénique serait associée au risque de dépression

La déprivation androgénique est une hormonothérapie visant à contrôler la croissance des cellules tumorales. “Cependant, nous constatons ici que ce traitement est également associé à la dépression”, souligne le Dr. Anne Friberg, chercheuse au Rigshospitalet (Copenhague) et auteure principale de l’étude.

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont analysé les dossiers médicaux de 5 570 patients inscrits au registre danois du cancer de la prostate. Ils ont alors constaté que plus de 12 % d’entre eux ont également été traités pour dépression après leur chirurgie. Et il s’avère que les patients traités par déprivation androgénique ont 1,8 fois plus de chances de souffrir de cette pathologie mentale. En revanche, le traitement par radiothérapie ne semble pas avoir d’incidence.

La baisse de la testostérone pourrait impacter le bien-être des patients

Cela s’explique par le fait que les hormones ont un impact majeur sur notre humeur. "Le traitement bloque la production d'hormones androgènes, comme la testostérone”, explique le Dr. Friberg. “De précédentes études ont montré qu’un faible taux de testostérone pouvait affecter le bien-être d’un homme. Il est donc possible que la limitation de la production de testostérone ait le même effet, notamment après un stress important, comme le traitement du cancer”.

L’étude rappelle que la prostatectomie est déjà associée à un risque accru de dépression, dans la mesure où elle peut causer une dysfonction érectile et une incontinence urinaire. Des effets indésirables qui peuvent être renforcés par l’hormonothérapie. Pour les chercheurs, ces symptômes participent au risque de dépression, de même que l’altération de l’image corporelle et la baisse de la libido.

Bien sûr, les scientifiques ne conseillent pas de ne plus recourir à l'hormonothérapie, qui a fait ses preuves, mais plutôt de mieux surveiller les patients, afin de détecter au plus tôt une éventuelle dépression post-chirurgicale. Ils encouragent donc une prise en charge holistique des patients, avec une approche multidisciplinaire dont la psycho-oncologie ferait partie.

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