Le jeune âge n’immunise pas contre le cancer. Pourtant, des erreurs de diagnostic surviennent parfois, notamment parce que le médecin considère qu’un patient est trop jeune pour une telle maladie. C’est ce qui est arrivé à Beth Hewitt, une anglaise de 35 ans, originaire de Hereford et maman de deux enfants.

Traitée pour des hémorroïdes, elle constate que ses symptômes persistent

En bonne santé jusque là, et s’entretenant quotidiennement à la salle de sport, la jeune ergothérapeute a commencé à remarquer du sang dans ses selles à l’été 2018. Son médecin lui prescrit alors une crème contre les hémorroïdes.

Les symptômes “persistaient, s’arrêtaient pendant environ une semaine, puis reprenait”, raconte Beth à nos confrères de la BBC. Malgré l’absence d’autres signes associés au cancer de l’intestin, elle commence peu à peu à s’inquiéter.

“Je pense que je suis retourné chez mon médecin généraliste environ cinq ou six fois. Il me disait simplement ‘non, vous êtes trop jeune pour avoir un cancer’”, rapporte la jeune femme. “J’ai eu peur qu’il pense que j’étais un peu folle, parce que je m’inquiétais pour rien”.

Grâce à un second avis, elle découvre qu’elle a un cancer

Mme Hewitt prend alors rendez-vous dans un specialiste, dans un cabinet privé, où elle subit une coloscopie et des scanners. Le diagnostic tombe : elle souffre d’un cancer de l’intestin. Paradoxalement, ce verdict est un “soulagement” pour la patiente, après huit mois d’errance médicale.

Au mois d’avril, elle passe au bloc pour se faire retirer la tumeur. Environ 18 cm de son intestin est prélevé au cours de l’opération. Des analyses supplémentaires ont révélé qu’elle n’aurait besoin d’aucun autre traitement.

Pendant quelques mois, Beth a dû porter une poche de stomie temporaire, qui lui a été retiré ce vendredi. Néanmoins, cela ne l’a pas empêché de retourner très rapidement à la salle de sport, pour réaliser “des burpees et des box jumps” quotidiennement.

Beth veut que cette histoire serve d’exemple, et encourage le dépistage

Depuis cette histoire, la jeune femme encourage tout le monde à être attentif à ses symptômes, et ne pas hésiter à demander un second avis. “J’exhorte quiconque présente un signe suspect à se rendre chez son généraliste, et de ne pas accepter un ‘non’ trop rapide”.

Hereford Medical Group, qui gère deux des hôpitaux visités par Beth Hewitt, a déclaré ne pas être en mesure de commenter ce genre de cas individuels, mais espère que cette histoire pourra “sensibiliser davantage”.

“Si un patient présente une inquiétude au sujet de son diagnostic initial, ou si les symptômes persistent, reviennent ou changent suite à un traitement, nous les encourageons à contacter leur médecin pour prendre un autre rendez-vous”, a ajouté un porte-parole du groupe.

L’association Bowel Cancer Uk a également réagi, conseillant aux patients de ne pas hésiter à consulter leur médecin au plus tôt, s’ils présentent ce type de symptômes. “Votre médecin voit des personnes souffrant de problèmes intestinaux tous les jour, il n’y a donc pas de quoi être gêné. [Au contraire], cela pourrait vous sauver la vie”.

Le cancer colorectal est en hausse chez les jeunes adultes

Le cancer du côlon-rectum est le troisième cancer le plus fréquent en France, tous sexes confondus. En 2015, 43 068 nouveaux cas ont été enregistrés, et ce chiffre pourrait monter à 45 000 l’année prochaine, selon l’Institut national du cancer. Sa survie nette globale est estimée à 63 % à cinq ans, et à 52 % à dix ans.

Jusqu’alors, ce cancer touchait majoritairement les personnes de plus de cinquante ans. En 2015, l’âge moyen au moment du diagnostic était de 71 chez l’homme et 75 ans chez la femme. Mais deux études récentes ont mis en lumière son augmentation chez les sujets plus jeunes, dans les pays développés - alors même que son incidence diminue chez les seniors.

Sources

Doctors said Herefordshire woman's bowel cancer was piles, BBC, 12 septembre 2019.

Cancer du côlon : quelques chiffres, Inca, 21 novembre 2017. 

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