Une bouteille de vin contiendrait une dizaine de métaux lourds

Publié le 04 Avril 2019 par Morgane Garnier, Journaliste Santé
Les résultats d’une enquête menée par Hainaut Vigilance Sanitaire en Belgique sur la présence de métaux lourds dans le vin sont édifiants : chaque bouteille contiendrait pas moins d’une dizaine de ces substances potentiellement toxiques.
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Le vin, les Français en raffolent, mais leur élaboration est-elle suffisamment contrôlée ? Le 3 avril 2019, le site de la Radio Télévision Belge Francophone (RTBF) relaie les résultats d’une enquête menée par Hainaut Vigilance Sanitaire sur la présence de métaux lourds dans cette boisson alcoolisée, et ils sont plutôt inquiétants : chaque bouteille contiendrait pas moins d’une dizaine de ces substances potentiellement toxiques pour l’Homme.

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Du vin provenant de 10 pays différents

Les scientifiques ont sélectionné 16 bouteilles de vin vendues en grandes surfaces ou sur internet, provenant de dix pays différents : la France (Bourgogne, Bordeaux, Alsace, Côte du Rhône), l’Italie, l’Espagne, la Hongrie, l’Ukraine, la Géorgie, le Chili, la Californie, l’Australie, l’Afrique du Sud et la Chine. Les résultats d’analyses en laboratoire ont montré que “dans chaque échantillon, on retrouve une dizaine de métaux lourds”, affirme Pol Bouviez, responsable du département de chimie environnementale chez Hainaut Vigilance Sanitaire.

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S’il s’agit de “concentrations très faibles”, selon lui, “il est assez étonnant d’en retrouver une dizaine. L'origine peut être différente. L'absorption peut provenir du sol. C'est le cas du Fer, du Manganèse et de l'Aluminium. D'autres comme le cuivre pourrait émaner de pulvérisation de sels de cuivre pour éliminer certains champignons."

Métaux lourds : tous ne sont pas soumis à des normes

Et le véritable problème, c’est que tous les métaux lourds ne sont pas soumis à des normes. Si par exemple, 15 vins sur 16 testés contenaient du plomb, “la dose la plus forte restait trois fois moins élevée que le seuil européen”, fixé à 0,15 mg/l de plomb pour les vins issus de vendanges après 2015.

En revanche, le vin chinois contenait de l’arsenic à des doses très élevées : 0,031 mg/l, une concentration trois fois supérieure à celle fixée pour l’eau de boisson, qui est de 0,01 mg/l. Or, sous forme inorganique, l’arsenic “peut provoquer des cancers et des lésions cutanées” en cas d’exposition prolongée via la consommation d’eau de boisson et d’aliments, d’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Une question de modération

Mais concernant les risques sanitaires de la présence de métaux lourds dans le vin, tout ne serait qu’une question de modération : "On ne peut pas comparer des pommes et des poires, nuance Pol Bouviez. En eau potable, on peut absorber l'équivalent d'un litre et demi à deux litres par jour. Et donc, il faut absolument abaisser la norme des métaux lourds afin de limiter la dose journalière admissible. En ce qui concerne le vin, j'ose supposer que la quantité absorbée par jour est beaucoup plus faible."

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