La maladie d’Alzheimer n’est pas un processus normal du vieillissement. Elle se développe avec l’âge, la plupart du temps après 65 ans. Cette pathologie neurodégénérative se caractérise par une perte de la mémoire qui s’aggrave avec le temps et finit par impacter entièrement la vie de l’individu qui ne parvient plus à effectuer certaines tâches.

S’il n’existe aucun traitement pour en guérir, diagnostiquer l’affection tôt permet une meilleure prise en charge des malades et augmente les chances de ralentir la dégénérescence des neurones. Selon une récente étude, la maladie d'Alzheimer pourrait être détectée dans le sang jusqu’à 17 ans avant l’apparition des premiers symptômes cliniques, grâce à un capteur immuno-infrarouge.

La recherche a été menée par l’Université de la Ruhr à Bochum (Allemagne) dirigée par le professeur Klaus Gerwert et le centre allemand de recherche sur le cancer à Heidelberg (DKFZ) chapeauté par le professeur Hermann Brenner. Ils ont partagé leurs résultats dans la revue Alzheimer's & Dementia le 19 juillet 2022.

Alzheimer : le mauvais repliement de la bêta-amyloïde en cause

Pour cette recherche, les scientifiques ont observé le plasma sanguin des participants à l’étude ESTHER menée dans la Sarre (Allemagne). Cette dernière comprend les échantillons sanguins de 9 940 personnes, prélevés entre 2000 et 2002 et congelés. À ce moment-là, les volontaires n'avaient pas encore reçu de diagnostic d’Alzheimer.

Pour cette étude, 68 participants ont reçu un diagnostic de la maladie au cours des 17 ans de suivi ont été sélectionnés et comparés à 240 individus sans aucun diagnostic.

Les chercheurs ont utilisé un capteur immuno-infrarouge grâce auquel ils ont pu identifier les 68 personnes qui ont développé plus tard Alzheimer. Le capteur a permis de détecter le mauvais repliement de la protéine biomarqueur bêta-amyloïde (composant principal des plaques amyloïdes, on la retrouve dans les neurones de certaines maladies neurodégénératives comme Alzheimer). Au fur et à mesure que l’affection avance, ce mauvais repliement provoque des dépôts dans le cerveau appelés plaques.

Les chercheurs ont également observé P-tau181 (biomarqueur de démence), dont les résultats ne se sont pas révélés concluants.

Alzheimer : vers une meilleure détection de la maladie grâce au capteur

En plus du capteur immuno-infrarouge, les scientifiques se sont intéressés à la GFAP (protéine qui joue un rôle dans les interactions cellulaires neurones-astrocyte). "Étonnamment, nous avons constaté que la concentration de protéine de fibre gliale (GFAP) peut indiquer la maladie jusqu'à 17 ans avant la phase clinique, même si elle le fait beaucoup moins précisément que le capteur immuno-infrarouge”, explique Klaus Gerwert, auteur de l’étude.

"En combinant le mauvais repliement de la bêta-amyloïde et la concentration de GFAP, les chercheurs ont pu encore augmenter la précision du test jusqu’au stade où la maladie est sans symptômes.”

Si le capteur est encore en développement, l’invention a déjà été brevetée par BetaSENSE. L’entreprise souhaiterait le faire approuver en tant qu'appareil de diagnostic et le commercialiser. "Nous prévoyons d'utiliser le test de mauvais repliement pour établir une méthode de dépistage pour les personnes âgées et déterminer leur risque de développer la démence d'Alzheimer", conclut Klaus Gerwert.

Sources

https://alz-journals.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/alz.12745

https://medicalxpress.com/news/2022-07-early-alzheimer-years-advance.html

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