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Le dépistage bientôt amélioré par les images infrarouges ? Selon une nouvelle étude publiée dans l'European Journal of Clinical Investigation, l'utilisation d'un appareil pour lire la température frontale d'une personne peut ne pas être très précise pour détecter une infection à la Covid-19, en particulier chez les personnes présentant des symptômes minimes. Des recherches menées à l'Université McGill à Montréal et à l'Université autonome de San Luis Potosi au Mexique suggèrent que l'utilisation de l'imagerie thermique infrarouge pourrait être plus précise.

Comme le précise Radio Canada International, qui relaie l'étude, la prise de température frontale pour dépister le coronavirus comporte des défauts majeurs. "À moins que la température ne soit mesurée sous l'aisselle, dans la bouche ou le tympan, ce qui est enregistré est la température de la peau, pas la température interne du corps", explique le Dr. José L. Ramirez-Garcia Luna, l'auteur principal de l'étude. Alors que la température interne d’une personne est d’environ 37 degrés, la surface de la peau peut varier en fonction de facteurs tels que la température et l’humidité ambiantes, l’activité physique, les hormones et les différences de circulation sanguine.

Une différence de température de 0,55°C entre le front et l'œil est hautement prédictive de l'infection

L'étude suggère donc l'utilisation de la thermographie infrarouge pour améliorer le dépistage de la Covid-19. Il s'agit d'une technique qui détecte les différences de température à la surface d’un objet ou d'une personne. Elle permet d’obtenir, grâce à une caméra spéciale, l’image thermique de cet objet. On peut voir les différences de température selon les zones du corps ou du visage qui s'affichent du plus froid (bleu) au plus chaud (rouge). Le chercheur principal de l'étude explique que le coronavirus affecte les tissus oculaires. Ainsi, même si la température est enregistrée avec précision, Le Dr. Ramirez-Garcia Luna assure que la fièvre peut être déclenchée par différents facteurs non spécifiques à l'infection du coronavirus. Il ajoute que mesurer les températures cutanées dans différentes zones, via la thermographie infrarouge, et les comparer serait plus efficace.

Par exemple, l'œil et le coin de l'œil près du nez ont de nombreux vaisseaux sanguins qui répondent aux stimuli inflammatoires. Or il a été démontré que le coronavirus affecte les vaisseaux sanguins et les tissus oculaires. "Ainsi, cette région offre potentiellement une fenêtre sur le processus infectieux", selon le chercheur. Il a en effet découvert avec son équipe qu'une différence de température de 0,55°C entre le front et l'œil est hautement prédictive de l'infection au Covid-19. Ainsi, cela aide à détecter avec certitude les personnes contaminées par le virus. L'auteur de l'étude pointe les potentiels problèmes de confidentialité liés à l’utilisation de l’image des visages des personnes qui pourraient être invoqués, mais il estime que cela pourrait être surmonté en floutant les images et en automatisant la méthode.

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Sources

Diagnostic accuracy of infrared thermal imaging for detecting COVID‐19 infection in minimally symptomatic patients, European Journal of Clinical Investigation, 17 décembre 2020. 

Infrared imaging may improve screening for COVID-19, Radio Canada Internation, 22 mars 2021. 

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