La vaccination contre la variole du singe a commencé pour les personnes à risque. Avec 1 560 cas de variole du singe en France et 17 000 dans le monde, l'épidémie gagne du terrain. Forte de ce constat alarmant, l'OMS a donc décidé de déclencher son niveau d'alerte maximal ce samedi 23 juillet pour limiter la propagation du virus. “Le risque lié à la variole du singe est modéré globalement dans toutes les régions, sauf en Europe, où nous estimons que le risque est haut”, assure le directeur de l’institution, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Vaccin contre la variole du singe : quelles sont les personnes éligibles ?

La Haute Autorité de la Santé (HAS) préconise de son côté la vaccination des personnes les plus exposées au risque c’est-à-dire "les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes et les personnes trans qui sont multipartenaires, les personnes en situation de prostitution, les professionnels exerçant dans les lieux de consommation sexuelle".

Une étude publiée ce jeudi 21 juillet dans la revue scientifique New England Journal of Medicine confirme que dans la grande majorité (95% des cas récents), la maladie a été transmise lors d’un contact sexuel et 98% des personnes touchées étaient des hommes gays ou bisexuels.

Au sujet du schéma vaccinal, la HAS rappelle que le vaccin est constitué d e deux doses, espacées de 28 jours. Un schéma réduit à une dose pour les personnes ayant déjà été vaccinées contre la variole, et élargi à trois doses selon les cas pour les personnes immunodéprimées.

Quid du vaccin utilisé ? "Pour cette vaccination, on utilise des vaccins de troisième génération commercialisés depuis 2013, par l’entreprise danoise de biotechnologie Bavarian Nordic, sous le nom de Imvanex® en Europe, Jynneos® aux États-Unis ou encore Imvamune® au Canada. Ce vaccin, dit vivant, contient une version affaiblie du virus, celui de la vaccine de souche Ankara, proche du virus de la variole, et il est efficace contre le monkeypox grâce à la protection croisée entre les différents virus pox", informe le site vih.org.

Variole du singe : les vaccins de 3ème génération uniquement

Dans un avis publié le 7 juillet dernier, la Haute autorité de santé recommande “une vaccination en préexposition par les vaccins de 3ème génération uniquement (au vu du profil de tolérance, meilleur que celui des vaccins de 1ère et 2ème génération et de son efficacité) MVA-BN (Imvanex et Jynneos) puisse être proposée aux personnes à très haut risque d’exposition”. Mais avec l’accélération de la campagne vaccinale contre cette nouvelle épidémie, la question des effets secondaires du vaccin se pose.

Afin d’étudier les potentiels symptômes développés après l'injection, l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) étudie et valide donc les essais cliniques menés sur les deux vaccins de 3ème génération qui disposent d’une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM), IMVANEX et JYNNEOS, fabriqués par la firme Bavarian Nordique, localisée au Danemark.

Vaccin contre la variole du singe : quels effets secondaires ?

Ainsi, dans un rapport de l’ANSM sur les essais cliniques du vaccin IMVANEX, on apprend que “7 % des personnes atteintes de dermatite atopique (eczéma) ont présenté une poussée ou une aggravation de leur affection”. On apprend également dans cette note de l'ANSM que le vaccin IMVANEX contre la variole du singe peut provoquer des “éruptions cutanées localisées ou plus étendues” même si cela reste une réaction assez rare.

Concernant les effets secondaires cardiaques, les incidents “d'intérêts particuliers signalés” sont très rares. “6 cas (0,08 %) ont été considérés comme étant liés à la vaccination par JYNNEOS. Bien que l'on puisse constater dans ces 6 cas une tachycardie ou des palpitations, le chiffre reste très faible”. D’autre part, “aucun de ces événements cardiaques sont considérés comme ayant un lien de causalité avec la vaccination n'a été considéré comme grave”, selon l'ANSM.

On observe une légère réaction inflammatoire au point d'injection. Cela peut se traduire par "une sensation de rougeur, de chaleur, ou encore de gonflement.

Thomas Kassab, pharmacien officinal.

Selon Thomas Kassab, pharmacien officinal, "les effets secondaires de l'IMVANEX, vaccin contre la variole du singe, sont globalement similaires aux effets secondaires des autres vaccins". Selon lui, "dans la majorité des cas, on observe une légère réaction inflammatoire au point d'injection". Cela peut se traduire par "une sensation de rougeur, de chaleur, ou encore de gonflement au niveau de la zone où a eu lieu l'injection". Le pharmacien tient à rappeler que "cette légère inflammation est normale et même nécessaire pour que la réponse immunitaire se fasse correctement, tant pour la production d'anticorps que la réponse immunitaire cellulaire".

Le pharmacien estime en effet que "sans réponse inflammatoire, le système immunitaire "n'est pas au courant" qu'il doit produire des anticorps dirigés contre la maladie en question.

Sources

Avis n°2022.0039/AC/SESPEV du 7 juillet 2022 du collège de la Haute Autorité de santé relatif à la vaccination contre le virus Monkeypox en préexposition des personnes à haut risque d’exposition, HAS, 25 juillet 2022.

https://www.has-sante.fr/jcms/p_3351308/fr/avis-n2022-0039/ac/sespev-du-7-juillet-2022-du-college-de-la-haute-autorite-de-sante-relatif-a-la-vaccination-contre-le-virus-monkeypox-en-preexposition-des-personnes-a-haut-risque-d-exposition

Note d’information et protocole d’utilisation pour les professionnels de santé concernant la vaccination contre le Monkeypox virus, Ansm, 26 mai 2022.

https://ansm.sante.fr/uploads/2022/05/30/20220527-monkeypox-protocole-utilisation-note-info-pds-26-05-2022.pdf 

mots-clés : Effets secondaires
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