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Des mots vulgaires et agressifs

Des mots vulgaires et agressifs© Istock

"Fréquemment, les paroles prononcées par les somniloques sont incompréhensibles. Il s'agit surtout de marmonnements, de chuchotements, de cris, d'un langage peu articulé et peu clair. Il est en plus biaisé par la position, la bouche sur le coussin ou sous les couvertures. Le somniloque émet aussi quelques rires et quelques exclamations. Toutefois une partie importante de ce qui est dit relève d'un langage clair et de veille. Le langage de nuit est au final le même que le langage diurne, mais présente davantage de marmonnements et de chuchotements", développe Genevra Uguccioni.

Que disent les somniloques alors qu'ils sont endormis ? "On retrouve beaucoup de langages vulgaires et négatifs la nuit. Il y a beaucoup d'insultes, de gros mots et de mots tels que 'non', 'pas', 'ne pas'''.

Pourquoi tant d'insultes et de grossièretés sont-elles prononcées la nuit dans un profond sommeil ? "À ce moment-là, le cerveau est bien activé, mais pas les régions frontales qui nous permettent en journée d'inhiber notre langage vulgaire. La nuit le lobe frontal est désactivée, ce qui génère une tendance à la désinhibition. C'est un alors un langage primitif qui ressort, comme- 'putain', 'merde', 'chiant'", explique la spécialiste du sommeil.

Ce langage négatif est en lien avec les contenus des rêves. "Les rêves rattachés à la somniloquie sont souvent négatifs, dangereux, menaçants et agressifs. Ce qui expliquerait ce langage plus négatif de la somniloquie", ajoute Ginevra Uguccioni. Ce contenu onirique est souvent en lien avec la vie du dormeur. "Il peut s'agir d'une anxiété anticipatoire à l'approche d'un événement à venir", ajoute la neuropsycholoque.

Cela signifie-t-il que les somniloques sont plus agressifs que la moyenne ? Absolument pas, assure notre experte qui a fait passer des tests de personnalité aux patients avec lesquels elle a travaillé. "Les personnes qui ont participé à l'étude n'était pas plus anxieux ou violents que la moyenne. Elles n'étaient pas du tout agressives durant la journée. Elles étaient représentées, mais en pourcentage normal", poursuit-elle.

Sources

Merci à Ginevra Uguccioni, neuropsychologue dans l'unité des pathologies du sommeil à l'Hôpital de la Pitié-Salpêtrière et auteur d'une thèse sur la somniloquie en 2015. 

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