Si l’on en croit les recommandations de la National Sleep Foundation, une organisation américaine spécialisée sur le sommeil, un adulte aurait besoin de dormir sept à neuf heures par jour pour obtenir un sommeil réparateur.

Néanmoins, force est de constater que certaines personnes ont besoin de beaucoup plus de sommeil, alors que d’autres ne dorment que quatre à six heures par nuit maximum pour être en pleine forme. Comment expliquer de telles différences ? Des chercheurs de l’Université de Californie ont étudié la question grâce à plusieurs volontaires. Ils nous dévoilent leurs découvertes.

Dormir : nos besoins de sommeil sont inscrits dans nos gènes

“Il existe un dogme selon lequel tout le monde aurait besoin de huit heures de sommeil, mais nos travaux confirment à ce jour que la quantité de sommeil dont les gens ont besoin diffère en fonction de la génétique”, a déclaré le neurologue Louis Ptacek, l’un des auteurs de l'étude publiée dans iScience le 15 mars 2022. “Pensez-y de la même façon que vous pensez à la taille d’un individu : il n'y a pas de taille parfaite, chaque personne est différente. Nous avons montré que cela est similaire pour le sommeil.”

En effet, les chercheurs ont identifié cinq gènes qui jouent un rôle dans l'activation du sommeil efficace. Selon eux, il en reste de nombreux autres à trouver, mais cette découverte permet déjà de comprendre pourquoi certaines personnes n’ont besoin que de quelques heures la nuit pour obtenir un sommeil réparateur.

Déclin cognitif : une piste pour lutter contre les maladies neurodégénératives ?

Si aujourd’hui, le manque de sommeil est associé à une accélération de la neurodégénérescence, la Dr Ying-Hui Fu, autre co-auteure de cette étude, avance à contre-courant de cette pensée. Selon elle, ces “dormeurs d'élite” font preuve de résilience psychologique et de résistance aux conditions neurodégénératives, ce qui pourrait ouvrir la voie à la lutte contre les maladies neurologiques, comme la maladie d’Alzheimer.

L'équipe de scientifiques a donc décidé de réaliser des tests sur des rongeurs. Ils ont élevé des souris qui avaient à la fois le gène du sommeil court et des gènes qui les prédisposaient à la maladie d'Alzheimer. Conclusion : leurs cerveaux ont beaucoup moins développé de caractéristiques associés à la démence que les souris ne possédant pas le gène du sommeil réparateur. Les mêmes résultats ont été trouvés avec les autres gènes découverts liés au sommeil court et à un autre gène de la démence.

Les neurologues avancent que des études similaires sur d'autres affections cérébrales montreraient que les gènes liés au sommeil court confèrent des protections comparables.
“Ce travail ouvre la porte à une nouvelle compréhension de la façon dont on peut retarder et éventuellement prévenir de nombreuses maladies”, a déclaré Dr Fu. “Notre objectif est vraiment d'aider tout le monde à vivre en meilleure santé et plus longtemps grâce à un sommeil optimal.”

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Sources

https://medicalxpress.com/news/2022-03-quality-quantity.html 

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