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Covid-19 : Masque ou pas masque ?

En 2020, deux mois après un rapport faisant état d’un mystérieux virus infectant des personnes à Wuhan, ville la plus peuplée du centre de la Chine, le directeur général de l’OMS a déclaré que le Covid-19 pouvait être qualifié de pandémie. “Nous n’avions jamais vu auparavant de pandémie déclenchée par ‎un coronavirus. Il s’agit de la première pandémie causée par un ‎coronavirus.”

Plus de 450 millions de personnes infectées par le coronavirus

Deux ans plus tard, le virus s’est propagé sur toute la planète et a infecté plus de 450 millions de personnes, provoquant le décès de plus de six millions d’entre elles.

Pour The Conversation, l’épidémiologiste australien Adrien Esterman revient sur les manquements et les points que nous devrions surveiller aujourd’hui, sur l'une des pandémies les plus meurtrières de l'histoire.

Covid-19 : certains pensaient que le port du masque était inutile

Au début de la pandémie, il n’y avait pas encore de vaccin. Pour réduire la transmission, il fallait donc compter sur des mesures préventives individuelles telles que l'hygiène des mains, la distanciation sociale et le port du masque. “Bien qu'il y ait eu une acceptation généralisée du lavage des mains et de la distanciation sociale protégée contre l'infection, les masques faciaux étaient beaucoup plus controversés”, rappelle le scientifique.
En France, le port du masque est d’ailleurs passé d’accessoire inutile à obligatoire en quelques mois pour le gouvernement. “Les masques chirurgicaux (…) sont uniquement utiles quand on est soi-même malade, pour éviter de contaminer les autres”, disait Agnès Buzyn le 26 janvier 2020, précisant que “le masque bleu, chirurgical, (…) n'offre aucune protection contre le virus, il ne protège de rien”.

Des milliers de morts plus tard et à la faveur de l’amélioration des stocks, le discours évolue. Olivier Véran, nouveau Ministre de la santé conseille fin avril aux Français de se procurer un masque chirurgical ou artisanal. Le 2 mai 2020, le masque devient obligatoire dans les transports publics. Le 1er août, il devient obligatoire dans tous les lieux publics clos, comme les commerces ou les administrations, et dans certains lieux extérieurs.

Aujourd’hui, “avec l'avènement d'Omicron, certains experts disent que les masques en tissu ne sont pas à la hauteur de la tâche et que les gens devraient au moins porter des masques chirurgicaux, ou même de meilleurs masques respiratoires comme un P2, KN95 ou N95”, estime l’épidémiologiste.

Surestimation de la transmission de surface du Sars-CoV-2

Au début de la pandémie, on pensait que les surfaces contaminées étaient le moyen majeur de transmission du coronavirus. “Les gens portaient des gants lorsqu'ils allaient au supermarché (certains le font encore) et lavaient les emballages alimentaires une fois rentrés chez eux”, rappelle le spécialiste. “Cependant, nous savons maintenant que le virus se propage principalement par transmission d'aérosols et de gouttelettes.”

Un virus respiratoire qui se transmet surtout dans l’air

En effet, lorsqu’un individu éternue, tousse ou s’exprime, il projette des gouttelettes contenant du mucus, de la salive, de l'eau et des particules virales qui peuvent atterrir sur les personnes qui l’entourent. “Les gouttelettes plus grosses ont tendance à ne pas voyager très loin et à tomber rapidement”, détaille l’épidémiologiste. “De plus petites gouttelettes appelées aérosolspeuvent rester en suspension dans l'air pendant une longue période avant de se déposer.” Mais les scientifiques pensent maintenant que la t ransmission par contact avec des surfaces contaminées est peu fréquente.

Une fois ces constats faits, trois éléments doivent particulièrement être surveillés, selon Adrien Esterman.

Les nouveaux variants à surveiller

“Il est toujours possible que de nouveaux variants plus graves nous frappent”, alerte l’épidémiologiste.

Moins les populations sont vaccinées plus le risque de mutation est grand

L’une des principales raisons qui expliquent la possible apparition de nouveaux variants est “le faible taux de vaccination dans de nombreux pays en développement”, avance l’expert. “Plus le virus se réplique dans les populations non vaccinées, plus le risque de mutations et de variants est grand.”
Selon plusieurs spécialistes, la levée des brevets s’impose comme la solution à prendre. Mais pour l’instant, les pays du Nord avec l’Union européenne, privilégient les dons de vaccins vers les pays du Sud plutôt que cette levée des brevets.

“Les pays du Nord continuent de protéger leur industrie, et donc leurs brevets, sous la pression des lobbys pharmaceutiques. Un lobbying qui passe, notamment, par du chantage à l'emploi”, décrypte Nathalie Coutinet, économiste de la Santé, au journal Marianne.

Contrer la baisse d’immunité

“De nombreuses personnes âgées et vulnérables ont reçu leur troisième dose en novembre ou décembre de l'année dernière, leur immunité diminuant rapidement”, souligne l’épidémiologiste australien.

Vaccin anti-Covid-19 : une quatrième dose conseillée

Pour y faire face, le gouvernement français a décidé d’ouvrir l’accès à une quatrième dose dès ce lundi 14 mars 2022 aux plus de 80 ans et aux immunodéprimés. Pour y accéder, les personnes concernées doivent avoir reçu leur troisième dose plus de trois mois avant. Conformément à l'avis du Conseil d'Orientation de la Stratégie Vaccinale de novembre 2021, les personnes immunodéprimées concernées par ce rappel sont :

  • les personnes transplantées d'organes solides ou récemment de moelle osseuse ;
  • les patients sous dialyse ;
  • les patients atteints de maladies auto-immunes sous traitement immunosuppresseur agressif de type anti-CD20 ou anti-métabolites ;
  • les patients atteints de certains types de lymphomes traités par anti-CD20 ou inhibiteurs de BTK ;
  • les personnes souffrant de leucémie lymphoïde chronique ;
  • les individus atteints de formes rares de déficits immunitaires primitifs ;
  • les personnes atteintes de myélomes et sous traitement.

En Europe, le Danemark, la Hongrie, l’Espagne et l’Allemagne proposaient déjà cette nouvelle dose.

Prendre en charge les Covid long

“Au cours de la prochaine année, nous aurons un tsunami de personnes souffrant de problèmes de santé à long terme”, alerte l’épidémiologiste.

1 personne sur 10 souffre de Covid long

Plus de 20 % des patients ont encore au moins un symptôme cinq semaines après le début de l’infection, et plus de 10 % à 6 mois. Selon la Haute Autorité de Santé, on parle de Covid long lorsque trois critères sont réunis chez les patients : "Ils ont présenté une forme symptomatique de la Covid-19, ils présentent un ou plusieurs symptômes initiaux quatre semaines après le début de la maladie et aucun de ces symptômes ne peut être expliqué par un autre diagnostic.”

Fin janvier 2022, des chercheurs de l’Institute for Systems Biology de Seattle ont assuré avoir découvert quatre facteurs de risque permettant d’identifier les personnes susceptibles de souffrir d’un covid long : les auto-anticorps, le niveau d'ARN du coronavirus dans le sang au début de l'infection, la réactivation du virus d'Epstein-Barr et la présence d’un diabète de type 2.

Les scientifiques espèrent que ces résultats vont pouvoir ouvrir la voie à des traitements adaptés à ces malades.

Sources

https://theconversation.com/covid-pandemic-2nd-anniversary-3-things-we-got-wrong-and-3-things-to-watch-out-for-177618  

https://www.who.int/fr/director-general/speeches/detail/who-director-general-s-opening-remarks-at-the-media-briefing-on-covid-19---11-march-2020 

https://www.france24.com/fr/20200807-covid-19-variation-du-discours-politique-sur-le-port-du-masque-en-france 

https://www.marianne.net/societe/sante/les-variants-sont-le-meilleur-argument-pour-la-levee-des-brevets-sur-les-vaccins 

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