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Un rêve lucide n’est pas un rêve comme un autre. Mais quelles en sont les caractéristiques, les bénéfices et est-ce que tout le monde peut en faire ?

Qu’est-ce qu’un rêve lucide ?

« Un rêve lucide est un rêve dans lequel vous êtes conscient que vous êtes en train de rêver », résume Marc Rey, président de l’Institut National du Sommeil et de la Vigilance (INSV). Ce type de rêves conscients fascine depuis longtemps. Le marquis Léon d’Hervey de Saint-Denys, sinologue et fin lettré du 19e siècle, les a ainsi évoqués dans son ouvrage Les rêves et les moyens de les diriger, publié en 1867.

Cet ouvrage fait d’ailleurs référence parmi les onirologues, les personnes étudiant la science des rêves.

Comment fonctionne un rêve lucide ?

Le rêve lucide se produit en général lors du sommeil paradoxal, lorsque les mouvements oculaires sont rapides (Rapid-eye movement ou REM). Environ la moitié de la population aurait déjà fait un rêve lucide qui varie cependant en forme. Les rêves peuvent être très réalistes comme plus abstraits. Lors de ce moment de métacognition, à savoir de conscience de sa propre conscience, la personne endormie n’est pas qu’acteur de son rêve, il est en aussi le réalisateur.

Qui peut faire des rêves lucides ?

« Les rêves lucides se déroulent plus volontiers chez les adolescents et les enfants », souligne le spécialiste du sommeil. « Les personnes souffrant de narcolepsie en ont également davantage, mais tout le monde peut faire des rêves lucides et ce sans raison particulière », ajoute-t-il.

Quels sont les bénéfices du rêve lucide ?

Les rêves lucides permettent de reprendre le contrôle sur un univers onirique parfois inquiétant et traumatisant. « Lorsque l’on fait des rêves traumatiques, des cauchemars angoissants, ces rêves lucides vont permettre de modifier le cours du rêve et donc de diminuer l’angoisse. Cela permettra de réécrire la narration de son rêve et de dépasser le traumatisme », nous explique Marc Rey.

Tenir un journal de rêves

De même que tenir un journal de sommeil permet de mieux réguler ses phases de repos, tenir un journal de rêves vous permettra de reprendre le contrôle sur vos rêves.

Identifier les signes d’un rêve

« Il faut raconter dans votre journal les rêves que vous avez faits dans la nuit, les relire régulièrement et y repenser le soir avant de vous endormir. Cela vous permettra de plus facilement identifier les thèmes récurrents de vos rêves. Lorsque vous revivrez ce rêve, vous vous en rendrez compte et vous serez donc conscient de la situation et moins surpris ou angoissé », explique le président de l’INSV.

Ce journal sera votre principal outil pour pouvoir avoir conscience de votre rêve et donc de basculer dans un état de rêve lucide.

Les techniques du Dr Stephen LaBerge pour les rêves lucides

Le Dr Stephen LaBerge est un psycho-physiologiste américain, spécialisé dans l’étude des rêves lucides. Ses méthodes, souvent controversées par les professionnels de santé, vous permettront peut-être de faire des rêves lucides.

Marc Rey reste cependant sceptique : « Les techniques de micro-réveil n’induisent pas réellement de rêve lucide ».

Un rêve lucide initié par l’éveil ou méthode WILD

La méthode WILD (Wake-initiated lucid dreaming) préconise d’initier le rêve lucide par le réveil. Cette technique se focalise sur le fait de rester conscient alors que l’on plonge dans un état de sommeil. Vous devez donc essayer de vous détendre et de rester conscient alors que vous plongez dans un état hypnagogique, qui est entre l’état de veille et de sommeil.

Le réveil au lit ou méthode WBTB

La méthode WBTB (Wake back to bed) consiste à plonger dans un sommeil paradoxal alors que vous êtes toujours conscient. Pour ce faire, vous pouvez programmer un réveil au bout de 5 heures de sommeil, rester au lit et avoir une activité calme pendant 30 minutes. En vous rendormant, vous aurez plus de chances de faire un rêve lucide.

L'induction mnémonique des rêves lucides ou méthode MILD

La méthode MILD (Mnemonic Induction of Lucid Dreams) a été créée dans les années 1980 par Stephen LaBerge. Elle se focalise sur la mémoire prospective qui consiste à mémoriser une intention avant de dormir. Il faut tout d’abord penser à un rêve récent, identifier des éléments précis du rêve pour pouvoir être conscient d’être en train de rêver et pouvoir ainsi reprendre le contrôle. Cette partie peut être réussie notamment grâce au journal du rêve.

Vous devez ensuite mémoriser en répétant l’intention suivante : « La prochaine fois que je rêverai, je veux me souvenir que je suis en train de rêver ».

Le test de la réalité

Autre entraînement mental pour faciliter la métacognition : le test de réalité. Vous devez vous demander plusieurs fois par jour « est-ce que je rêve ? » et observer votre environnement (si vos mains ou votre reflet dans le miroir sont normaux, si le temps s’écoule normalement sur une horloge ou encore si votre respiration est stoppée quand vous vous pincez le nez).

En faisant ces tests de réalité plusieurs fois par jour, vous pourrez ensuite les faire lors de vos rêves pour en prendre conscience.

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Sources

Remerciements à Marc Rey, président de l’Institut National du Sommeil et de la Vigilance (INSV).

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