La sclérose en plaques (SEP)est une maladie auto-immune qui touche près d’une personne sur mille. Elle se caractérise par une dégénérescence du système nerveux central (encéphale et moelle épinière). Les mécanismes de cette pathologie restent assez mystérieux. Toutefois, des chercheurs brésiliens ont fait une découverte qui permet de mieux comprendre comment réagit le corps des patients. Leurs travaux seront publiés dans la revue Multiple Sclerosis and Related Disorders qui paraîtra en octobre 2022.

Sclérose en plaques : un taux élevé de zinc dans le sang des malades

Les scientifiques ont voulu étudier la relation entre le taux sanguin du zinc (oligo-élément très présent dans le cerveau) et la sclérose en plaques. Ils ont pour cela réuni 98 participants : 49 qui souffraient de la pathologie auto-immune et 49 qui ne l’avaient pas. L’équipe a séparé les globules rouges (érythrocytes) du plasma (partie liquide du sang) puis elle a déterminé les niveaux moyens de zinc au sein de ces deux éléments. Elle a également mesuré le taux d’activité de la superoxyde dismutase (SOD). Il s’agit d’une enzyme qui a besoin de zinc pour fonctionner correctement. Son principal rôle est de protéger les cellules des radicaux libres et du stress oxydatif.

Les analyses ont montré que les concentrations plasmatiques de zinc étaient plus élevées dans le groupe SEP par rapport aux témoins (94 microgrammes par décilitre ou mcg/dl contre 81,5 mcg/dl) mais toujours dans la plage de référence normale (70-110 mcg/dl). Les valeurs moyennes de l'activité SOD étaient également plus importantes chez les malades.

"L'augmentation de la production d'enzymes antioxydantes dans les lésions inflammatoires de la SEP peut refléter un mécanisme de défense adaptatif, endogène et compensatoire pour réduire les dommages cellulaires causés par les dérivés réactifs de l'oxygène (radicaux libres, NDLR). Cependant, cette hausse peut être insuffisante pour contrer les dommages cellulaires induits par les radicaux libres", précise l'équipe.

Les analyses statistiques ont également révélé une association entre les niveaux de zinc dans les érythrocytes et l’activité de la superoxyde dismutase. Un taux plus élevé du nutriment dans les globules rouges prédisait une plus grande activité enzymatique.

Il y avait aussi une forte corrélation négative entre l'activité SOD et le nombre de rechutes des malades atteints de la sclérose en plaques. C’est-à-dire que les patients ayant beaucoup d'activité SOD étaient moins susceptibles de faire des rechutes.

"Le zinc érythrocytaire est en corrélation positive avec l'activité SOD dans le groupe SEP, ce qui, en réponse, réduit son activité en présence de poussées et de décompensation conséquente de la maladie", indiquent les experts.

Sources

https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S2211034822005715

https://multiplesclerosisnewstoday.com/category/news-posts/

Notre Newsletter

Recevez encore plus d'infos santé en vous abonnant à la quotidienne de Medisite.

Votre adresse mail est collectée par Medisite.fr pour vous permettre de recevoir nos actualités. En savoir plus.