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Sabrage du champagne, écorchage des marrons ou blessure en ouvrant les huîtres, les risques sont partout pour vos mains pendant les repas de fêtes. En France, les blessures aux mains sont la première cause de tous les accidents soignés aux urgences.

Chaque année, ce sont près de 4,5 millions de personnes qui sont blessées en France lors d’accidents domestiques. Les services d’urgences enregistrent d’ailleurs souvent un pic de fréquentation pendant les fêtes de fin d’année, notamment les centres SOS Mains. 2,1 millions accidents liés aux mains ont lieu par an, soit un accident toutes les 22 secondes. Dans de nombreux cas, ces coupures, brûlures ou écrasements entraînent des séquelles irréversibles.

Ouverture des huîtres : les 2 grands dangers de cette blessure

La période des fêtes de fin d’année est souvent propice aux accidents de la main. "Le plus fréquent, ce sont les plaies dues à des coupures par des objets tranchants au sens large", confie à Medisite le Dr Alet, chirurgien de la main et du poignet à l’hôpital privé Saint-Martin à Pessac. Selon le spécialiste, "l’accident classique est de couper du pain, notamment du pain surgelé, avec le couteau qui ripe et qui finit dans la main".

"La coupure en ouvrant les huîtres, c’est un grand classique, mais ce n’est pas ce qu’il y a de plus fréquent paradoxalement”, assure le chirurgien pratiquant au sein de l'Institut Aquitain de la Main . Selon lui, c’est "une lésion emblématique car elle est assez saisonnière et parce que le problème est que le couteau va le plus souvent pile au centre de la main où il y a un carrefour de nerfs et de tendons". Le spécialiste ajoute que "le risque infectieux est plus important car tout ce qui vient de la mer est généralement un peu souillé".

Blessures de la main : quelles sont les plus fréquentes pendant les fêtes ?

L’autre grand classique des fêtes de fin d’année, ce sont les bagarres. Le Dr Alet précise qu’il s’agit dans ces cas de "blessures par coups de poings qui donnent en général plutôt des fractures qui peuvent parfois être associées à des plaies". "Ce qu’on fait le 1er janvier entre 12 et 18h, ce sont des gens qui décuvent et qui se sont coupés avec du verre : soit par maladresse après avoir trop bu, soit après s’être battu".

Le chirurgien de la main assure qu’une des plaies très courantes est contre toute attente, celle des coups de poing dans des murs, des portes ou du verre par des personnes en colère qui s’emportent. "Cela donne souvent beaucoup de lésions car le verre coupe énormément et l’énergie du coup de poing ajoute au traumatisme".

Il y a aussi quelques blessures par explosion dues à des feux d’artifice ou "pétards" artisanaux. "Heureusement on en voit pas beaucoup car c’est réglementé et c’est tant mieux car ce sont des lésions qui sont gravissimes et il n’est pas rare qu’elles entraînent des amputations à cause des lésions vasculaires qu’on ne peut pas récupérer". Dans ces lésions de blast, il y a souvent de nombreuses micro-lésions vasculaires qui vont se déclarer un peu après le traumatisme car "tous les petits vaisseaux vont se retrouver soufflés par l’explosion et vont se thromboser progressivement les jours qui viennent".

Blessures à la main : les 3 précautions à prendre

Pendant les fêtes de fin d’année, on fait de nombreuses erreurs. On a tendance à se mettre aux fourneaux et à tester des plats qu’on ne maîtrise pas. Si vous voulez survivre aux fêtes, selon le chirurgien de la main, "l’idéal c’est de déléguer". En effet, si vous le pouvez, le Dr Alet vous conseille de laisser votre poissonnier ou écailler lever les filets de vos poissons ou de faire couper votre viande par le boucher.

"La deuxième règle, même si cela paraît évident, c’est d e ne pas cuisiner et manipuler de couteau quand on a bu de l’alcool". La majorité des accidents arrivent dans un contexte festif. En résumé, "c’est prendre le réflexe de préparer son plat avant l’apéro", explique le Dr Alet. "Porter des gants peut également aider, notamment quand on utilise des couteaux à huîtres". En général, "les accidents se produisent le plus souvent sur des gestes très banals comme couper du pain ou faire la vaisselle, gestes pour lesquels on ne va pas penser à se protéger".

En résumé il faut donc :

  • déléguer les tâches dangereuses aux professionnels
  • se protéger en portant des gants quand on manipule des couteaux dangereux
  • ne pas manipuler de choses dangereuses quand on a bu de l’alcool

Blessures à la main : quels sont les premiers réflexes ?

Si malgré toutes les précautions possibles un accident survenait, il faut avant tout connaître les premiers gestes de soin à réaliser. Le chirurgien de la main et du poignet précise que même des petites plaies peuvent cacher des lésions graves comme des ruptures de tendons ou des sections de nerfs. Ceci dit, "en chirurgie de la main de la main, il n’y a quasiment aucune urgence immédiate". En effet, "une section d’un nerf ou d’un tendon, ce sont des choses qui peuvent attendre et être réparés le lendemain ou surlendemain sans perte de chance pour la récupération".

Le Dr Alet estime que "la seule véritable urgence est quand il n’y a plus de sang qui arrive dans les doigts, c’est-à-dire quand le doigt est dévascularisé". En pratique, le doigt devient blanc au lieu d’être rouge. Dans tous les autres cas, il n’y a pas d’urgence immédiate. "Le réflexe le plus important est donc de désinfecte r car les problèmes d’infection sont liés au moment de l’accident". Le couteau apporte par exemple la bactérie à l’intérieur du corps via la plaie. En cas de coupure, le chirurgien conseille donc de :

  • mettre du désinfectant
  • se laver les mains avec de l’eau et du savon pour enlever les résidus et corps étrangers
  • mettre un pansement simple pour protéger la plaie et aller consulter le lendemain s’il est tard pour ne pas être pris en charge de manière différée aux urgences

Que faire en cas de brûlure à la main ?

En cas de brûlure à la main en sortant votre dinde du four, la douleur est souvent très forte. Paradoxalement, le chirurgien de la main précise que "plus une blessure fait mal, moins elle est grave". En effet, "les blessures les plus profondes ne sont pas douloureuses car elles brûlent les nerfs et il n’y a plus de signal douloureux qui remonte".

L'idéal est de laisser sa main sous un eau à 20 degrés pendant 20 minutes

Il est important d’appliquer des corps gras pour que le pansement ou la compresse n’accroche pas sur la plaie. Contrairement à la légende urbaine, il ne faut pas appliquer des glaçons sur une brûlure car "le froid va ajouter une brûlure thermique puisque le froid crée une brûlure". Selon le Dr Alet, "l’idéal est de laisser sa main sous un eau à 20 degrés pendant 20 minutes". L’eau qui coule permet de refroidir la brûlure à la fois par la température de l’eau et grâce au mouvement de l’eau sur la peau. Cela peut aussi permettre d’évacuer les corps ayant causé la brûlure, comme c’est le cas avec de l’huile de friture, pour que la brûlure ne continue pas à s’approfondir.

Le spécialiste parle d’une eau tiède à 20 degrés car l’eau chaude aggraverait la brûlur e, mais l’eau trop froide entraînerait à l’inverse une constriction des vaisseaux sanguins et s’il n’y a plus d’apport sanguin dans la brûlure, cela a plutôt tendance à l’approfondir. "Typiquement, il ne faut surtout pas mettre de glaçons", conclut-il.

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mots-clés : main, Accident, coupure, brûlure
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