Fracture de fatigue (ou de stress) pied, tibia, talon : comment la soigner ?

Certifié par nos experts médicaux MedisiteLa fracture de fatigue (ou de stress) survient au niveau de l'os, souvent sur les membres inférieurs comme le tibia, le péroné ou les métatarses. Elle est due à la sollicitation trop importante et inhabituelle d'un os. Non prise en charge, elle peut conduire à une véritable fracture.

Définition     

La fracture de fatigue ou fracture de stress, désigne une fissure au niveau de l’os. À la différence d’une fracture liée à un choc, elle est la conséquence d’une pression importante et inhabituelle au niveau de l’os.

C’est une fracture bien connue des sportifs. Elle touche généralement les membres inférieurs : tibia, pied, talon. Ces microtraumatismes répétés peuvent conduire à une véritable fracture si le diagnostic n’est pas établi rapidement.

Chiffres

  • Chez la femme, 50 % des fractures de fatigue touchent le pied et la cheville.
  • Chez l’homme, 70 % touchent le tibia ou la fibula (péroné).

     

Photo : anatomie du tibia en rouge

Photo : anatomie du tibia en rouge© Creative Commons

Crédit : Anatomography — en:Anatomography (setting page of this image) © CC - Licence : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.1/jp/deed.en

Symptômes

Les symptômes de la fracture de fatigue ou de stress ne sont pas les mêmes que ceux d'une fracture classique. Une fracture de stress n’engendre pas une douleur immédiate et intense.

L’os ne se brise pas, la douleur est progressive et fait penser à une tendinite ou un muscle contracturé. Le patient peut ressentir une gêne tout en continuant son activité physique, la douleur continuera alors d’augmenter. 

Causes

Ce genre de fracture arrive lorsque la pression au niveau de l’os est trop importante ou survient de manière trop répétée. Les tendons ne sont plus capables d’absorber les chocs, les os se fragilisent et laissent apparaître de petites fissures.

Habituellement, les os s’adaptent à la pratique sportive et supportent les charges subies. Lors d’une activité trop intense ou trop répétée les os peuvent être soumis à une force inhabituelle. Le tissu osseux se trouve alors affecté et tend à accroître le risque de factures de stress.

Facteurs de risques

Plusieurs facteurs risquent de favoriser ce genre de fracture.

  • L’augmentation de la durée de la pratique (ou de son intensité) d’un sport peut engendrer une hausse du nombre de ce genre de fracture.
  • Cette fracture peut également apparaître à cause d’un manque de nutriments ou une carence en calcium et en vitamine D.

Attention : une fracture de stress mal soignée peut conduire à une autre fracture plus grave, si le sport est repris trop tôt par exemple.

Photo : capsule d'huile de foie de morue, l'une des sources les plus riches en vitamine D

Photo : capsule d'huile de foie de morue, l'une des sources les plus riches en vitamine D© Creative Commons

Crédit : Orange-kun — Travail personnel © CC - Licence : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/

Personnes à risque 

  • La fracture de stress est celle que l’on retrouve le plus chez les sportifs et les athlètes. Elle arrive généralement lors d’une activité sportive, mais peut également se produire lors de la reprise mal préparée du sport. C’est pourquoi il est essentiel de reprendre petit à petit une activité physique. La fracture survient parfois lors d’un effort physique trop intense.
  • Les adultes sont les plus concernés par cette blessure.

Durée

Une fracture de fatigue demande un repos de six semaines, le temps que l’os se répare. Mais la fracture de stress n’empêche pas forcément le patient de faire du sport.

Si c'est le tibia ou le pied qui est touché, rien n’empêche parfois d'aller à la piscine par exemple.

Contagion

Aucun risque de contagion, il s’agit d’une fracture.

Qui, Quand consulter ?       

Il vaut mieux consulter un médecin du sport qui est spécialiste et pourra donner un diagnostic précis.

Fracture de stress : que faire un cas de douleur ? 

Réponse du docteur Philippe Chaduteau, médecin du sport :

 « Se mettre au repos, prendre un anti-inflammatoire, mettre de la glace et attendre deux-trois jours. Si la douleur disparaît tout va bien, la douleur ressentie était peut-être liée à une contracture ou une tendinite. Au contraire, si la douleur s’amplifie, il faut consulter rapidement. Cela évite d’aggraver la pathologie et permet de mettre la thérapeutique en place. »

Complications

La principale complication peut être la fracture vraie, comme après un choc. L’autre complication serait la récidive. Un manque de repos peut conduire à une nouvelle fracture.

Examens et analyses

Dans un premier temps on fait toujours une radio. « Il faut vraiment avoir l’œil, cela ressemble à un petit cheveu sur la radio », affirme le spécialiste qui précise : « La plupart du temps la radio sera normale.

Deux possibilités au diagnostic selon notre spécialiste :

  • "Le médecin n’est pas sûr du diagnostic et pense à une périostite (douleurs au niveau du tibia) ou une tendinite, le patient fera alors une IRM.
  • Le médecin est sûr de son diagnostic, il fera alors passer au patient une scintigraphie osseuse. Cela consiste à injecter un produit radioactif qui ne se fixe pas simplement sur l’os et qui donne au résultat un point noir à l’endroit de la douleur."

Photo : appareil de scintigraphie osseuse

Photo : appareil de scintigraphie osseuse© Creative Commons

Crédit : Arturo1299 — Travail personnel © CC - Licence : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.5/pl/deed.en

Traitements   

  • « Repos complet ! » prescrit Philippe Chaduteau, médecin du sport. Surtout pas de plâtre pour ce genre de fracture, l’immobilisation est proscrite.
  • Pour les membres inférieurs on peut mettre en place « en décharge ». C’est-à-dire que les patients se voient prescrire des béquilles. Ils pourront s’appuyer dessus durant six semaines pour que l’os ait moins de contraintes. 

Prévention    

Comment prévenir les fractures de fatigue ?

Réponse du Dr Chaduteau, médecin du sport : 

« Il faut s’entraîner correctement. Avoir en tête les paramètres importants à gérer qui sont : intensité, fréquence, durée et volume. Ne pas augmenter trop rapidement l'effort et laisser son corps s’habituer. Pensez également aux périodes de récupération. Une bonne hygiène de vie est importante, il faut récupérer, dormir, manger équilibré, faire attention à avoir suffisamment de calcium et ne pas oublier de s’exposer au soleil pour apporter à son corps sa dose de vitamines D. »

Sites d’informations et associations         

ARTSS (Association recherche en traumatologie et suivi sportif) : https://www.sportsante-conseil.org/

Source(s):

Docteur Philippe Chaduteau et M. Loïc Paris, Adoptez le bon geste ! Guides des premiers soins du sportif, Édition Amphora