Alors que la France compte plus de 160 000 personnes atteintes de la maladie de Parkinson, deuxième maladie neurodégénérative derrière la maladie d’Alzheimer, une étude récente vient de donner un espoir de traitement pour les femmes qui en sont atteintes. En effet, comme le rapporte Santé Log, selon une étude de chercheurs de l'université du Texas A&M, un médicament pour arrêter de fumer pourrait contribuer à traiter la maladie de Parkinson chez les femmes. Il s'agit de la cytisine, un médicament de sevrage tabagique couramment utilisé en Europe.

Selon l'étude, publiée le 23 décembre dernier dans le Journal of Neurochemistry, la cytisine aurait démontré son efficacité dans la réduction de la perte de neurones dopaminergiques, procurant un effet protecteur contre le trouble neurodégénératif chez les femmes. Le rôle des œstrogènes serait en cause pour justifier cette efficacité exclusivement féminine. Les chercheurs texans ont d'abord constaté que les fumeurs chroniques avaient moins de risques de développer la maladie de Parkinson. C'est pour cela qu'ils ont choisi de mener des essais cliniques sur les effets de la cytisine, médicament de sevrage tabagique ayant des propriétés similaires ou proches de la nicotine, mais très peu d'effets secondaires chez l'homme, à l'inverse de la nicotine.

Moins de symptômes et de neurones dopaminergiques perdus

Comme le détaille Santé Log, les chercheurs ont donc donné artificiellement la maladie de Parkinson à des animaux, qui se sont vus administrer soit une solution saline, soit de la cytisine. Résultat, le médicament pour arrêter de fumer a eu un effet protecteur sur les cobayes en réduisant les symptômes de la maladie de Parkinson ainsi que le nombre de neurones dopaminergiques perdus. C'est leur altération ou destruction qui entraîne l'apparition des symptômes de la maladie. Un effet qui n'a été constaté que chez les animaux femelles. Les chercheurs texans estiment que la combinaison entre cystine et œstrogène serait en cause.

"À première vue, ce médicament pourrait être utilisé dès aujourd'hui chez les femmes atteintes de la maladie de Parkinson, mais comme c'est le cas pour tous les médicaments, l'approbation ne sera possible qu’une fois le mécanisme du médicament parfaitement décrypté", concluent les chercheurs. Ils espèrent trouver des solutions pour les hommes et les femmes ménopausées également. "Il existe des composés non 'féminisants' qui font actuellement l'objet de recherches et peuvent activer les récepteurs-mêmes activés par les œstrogènes", assurent-ils.

Sources

Cytisine is neuroprotective in female but not male 6‐hydroxydopamine lesioned parkinsonian mice and acts in combination with 17‐β‐estradiol to inhibit apoptotic endoplasmic reticulum stress in dopaminergic neurons, Journal of Neurochemistry, 23 décembre 2020. 

PARKINSON : Mais pourquoi les fumeuses ont moins de risque ?, Santé Log, 9 mars 2021. 

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