Ginseng, rhodiola, ashwagandha : ne les prenez jamais avec ces médicaments !
Ces plantes ont tout bon, ou presque. Idéales pour réguler le stress, aider à dormir ou soutenir l’immunité, elles regorgent de bienfaits. Mais attention, naturel n'est pas synonyme d'innocuité totale. En agissant sur le système nerveux et hormonal, elles modifient parfois l'action de vos traitements habituels. Certains mécanismes sont à surveiller pour éviter tout accident thérapeutique.
Plantes adaptogènes : quelles précautions ?
Le terme "adaptogène" désigne des végétaux comme le ginseng, la rhodiola ou l'ashwagandha, réputés pour aider l'organisme à mieux résister au stress physique et émotionnel. Cependant, pour obtenir cet effet, ces substances agissent directement sur le système nerveux central et le système endocrinien. Or ce mode d'action, qui explique leur force, peut altérer l'efficacité ou la toxicité des traitements conventionnels. Si leur intérêt est réel pour soulager de petits maux au quotidien, la vigilance s’impose quand on prend certains traitements au long cours, surtout en cas de poly-médication. Le risque d'interactions négatives est réel.
Qu’est-ce que le syndrome sérotoninergique qui peut survenir avec ces plantes ?
L'association de la rhodiola avec des antidépresseurs (ISRS ou IMAO) est particulièrement délicate. Elle peut provoquer un excès de sérotonine dans le cerveau, entraînant un syndrome sérotoninergique qui impose une prise en charge d'urgence. Des cas de tachycardie (cœur qui bat trop vite) sont également rapportés lors de prises concomitantes.
De son côté, l'ashwagandha risque de majorer les effets sédatifs des anxiolytiques, causant une somnolence excessive et des troubles de la vigilance. Enfin, mélanger du ginseng avec certains antidépresseurs peut déclencher des céphalées intenses, des tremblements, voire des épisodes maniaques.
Anticoagulants : certains remèdes naturels sont contre-indiqués
La prudence est également de mise pour les patients sous traitement anticoagulant comme la Warfarine. La prise de ginseng peut accentuer l'effet fluidifiant, augmentant le risque d'hémorragie, ou inversement diminuer l'efficacité du médicament (baisse de l'INR), favorisant la formation de caillots sanguins (thrombose).
La rhodiola et l'ashwagandha sont aussi pointées du doigt pour leur capacité à accroître les risques de saignements lorsqu'elles sont couplées à des anticoagulants ou des antiplaquettaires comme l'aspirine. Il est généralement déconseillé de les associer sans avis médical strict.
L'équilibre thyroïdien rompu avec certaines plantes ?
L'ashwagandha est connue pour stimuler la production d'hormones thyroïdiennes. Si cela peut sembler bénéfique, c'est dangereux pour les patients sous Lévothyroxine : l'équilibre du dosage est rompu, risquant de provoquer des signes d'hyperthyroïdie (palpitations, nervosité). Ce mélange est donc déconseillé aux personnes souffrant de troubles thyroïdiens. Bien que moins spécifiques, la rhodiola et le ginseng influencent aussi le système endocrinien, justifiant une surveillance étroite si vous suivez un traitement hormonal substitutif.
Plantes et médicaments : ne prendre aucun risque !
Vous suivez un traitement médicamenteux ? Avant d'entamer une cure, l'avis d'un médecin ou d'un pharmacien est obligatoire. Ne modifiez jamais votre posologie habituelle de votre propre chef. Si l'association est jugée possible par le professionnel, une surveillance renforcée peut s’imposer. Au moindre doute, ou au moindre signe suspect, consulter sans tarder un professionnel de santé.
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