Attention à la prise d’antibiotiques à long terme, elle pourrait bien nuire à votre cerveau. Selon une étude publiée le 23 mars dernier dans la revue PLOS ONE, la prise prolongée d’antibiotiques chez les femmes de plus de 50 ans pourrait favoriser le développement du déclin cognitif plusieurs années plus tard. Selon les chercheurs américains, il existe en effet un lien entre la consommation sur une longue période d'antibiotiques par des femmes d'âge moyen et un risque accru de déclin cognitif, estimé à trois, voire quatre années de plus pour le cerveau. Pour rappel, les antibiotiques sont l'un des médicaments les plus couramment prescrits dans le monde. Si la plupart des gens ne suivent un traitement antibiotique que pendant une ou deux semaines, certains peuvent en prendre pendant une période plus longue pour traiter certaines maladies chroniques, comme la pneumonie ou l'acné, et cela pourrait être un danger pour votre santé.

Antibiotiques : 3 ou 4 années de vieillissement en plus

Afin de parvenir à ces résultats, les chercheurs américains ont recueilli des données de santé auprès de 14 542 infirmières sur plusieurs années. En effet, cette étude a permis de surveiller la santé et le bien-être des infirmières tous les deux ans entre 2014 et 2018. Selon leurs travaux, l'âge moyen des participantes au début de l'étude était de 54 ans. Les chercheurs ont enregistré la consommation d'antibiotiques des participantes jusqu'à quatre ans avant le début de l'étude.

Certaines femmes avaient pris des antibiotiques à long terme (deux mois ou plus) pour diverses pathologies, comme des problèmes respiratoires ou de l'acné, alors que d'autres n'avaient jamais consommé d'antibiotiques. Les infirmières ont donc été classées en quatre catégories selon leur utilisation d'antibiotiques : de "aucune" à "plus de deux mois". Les chercheurs ont ensuite mesuré les capacités cognitives de l'ensemble de ces femmes sept années plus tard à l'aide de tests en ligne mesurant des facteurs tels que la mémoire, l’apprentissage, l’attention ou la vitesse de réflexion.

Déclin cognitif et antibiotiques : le microbiome intestinal en cause ?

Résultat, les femmes qui avaient déjà pris des antibiotiques à long terme, c’est-à-dire au moins deux mois, ont obtenu de moins bons résultats aux tests de cognition d'apprentissage, de mémoire, de vitesse de réflexion et d'attention que celles qui n’en utilisaient pas. Les chercheurs assurent même que le déclin cognitif constaté chez les femmes de plus de 50 ans prenant des antibiotiques serait même équivalent à trois, voire quatre années de vieillissement chez les femmes.

L’étude ne révèle toutefois pas si la consommation d'antibiotiques à court terme sur une plus petite période a eu un effet similaire sur les capacités cognitives car cela n'a pas été signalé. Bien que les résultats ne montrent qu'un lien entre l'utilisation d'antibiotiques et le déclin cognitif sans en préciser les causes, les chercheurs suggèrent que les modifications du microbiome intestinal causées par l'utilisation d'antibiotiques à long terme pourraient être la raison pour laquelle certaines femmes ont connu une fonction cognitive plus faible. En effet, quand les bactéries intestinale sont trop importantes dans l’organisme, elles peuvent affecter la neuro-inflammation, qui joue un rôle dans l'apparition de la démence.

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Sources

Association of midlife antibiotic use with subsequent cognitive function in women, PLOS ONE, 23 mars 2022. 

https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0264649

Long-term antibiotic use by middle-aged women may affect cognitive function – new study, The Conversation, 25 mars 2022.

https://theconversation.com/long-term-antibiotic-use-by-middle-aged-women-may-affect-cognitive-function-new-study-179805

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