Primpéran®, Motilium®, Vogalène®, ainsi que tous les médicaments contenant les mêmes principes actifs, sont associés à un risque accru de développer un accident vasculaire cérébral. Ce sont les chercheuses et chercheurs de l’Inserm et de l’université de Bordeaux qui ont mis ce lien en évidence. Les résultats ont été publiés dans la revue spécialisée British Medical Journal.

AVC : hausse des risques avec les médicaments antipsychotiques déjà connue

“A ce jour, aucune étude n’avait été publiée évaluant le risque d’AVC ischémique associé à une exposition aux antiémétiques antidopaminergiques. Ces médicaments sont pourtant utilisés de façon très courante : en 2017 en France, plus de 4 millions de personnes avaient eu au moins un remboursement de métopimazine, le plus utilisé d’entre eux”, expliquent les chercheurs de l’Inserm.

La métopimazine est un antiémétique qui est utilisée dans la prise en charge de nausées et vomissements d’origines diverses (gastro-entérite aiguë, migraine, contexte post-opératoire ou dans le cadre d’une chimio- ou radiothérapie). C’est une molécule qui possède des propriétés antidopaminergiques, comme les médicaments antipsychotiques. Sachant que depuis les années 2000, les scientifiques ont montré que la prise de ces traitements était associée à un risque accru d’AVC, ils se sont donc interrogés sur les risques liés à la prise de ces médicaments antiémétiques antidopaminergiques.

Antiémétiques : des risques d’AVC accrus dès les premiers jours de traitement

Les chercheurs ont analysé les données de 2 612 adultes hospitalisés pour un premier AVC ischémique et ayant débuté un traitement par antiémétiques dans les 70 jours précédant sa survenue. “Chez ces sujets, les analyses ont retrouvé une plus forte consommation d’antiémétiques dans les jours précédant l’AVC marquée par un pic d’initiation de traitement sur cette période”, révèlent-t-ils. Cela suggère qu’il y aurait “une augmentation du risque d’AVC ischémique en début d’utilisation de ces médicaments”. Ces résultats ont été comparé avec un autre groupe de personnes choisies de façon aléatoire n'ayant pas présenté d'AVC.

Une augmentation des risques “deux à trois fois supérieur ” qui a été retrouvée pour les trois antiémétiques étudiés : dompéridone, métoclopramide et métopimazine. Ces anti-vomitifs sont plus connus du grand public sous les noms respectifs de Motilium®, Primperan® et Vogalène®. Mais tous les médicaments possédant ces substances chimiques possèdent ces mêmes risques d’effets indésirables.

“Cette première étude apporte un signal fort, portant sur des médicaments largement utilisés dans la population générale. Dans l’immédiat, il parait très important que ces résultats puissent être répliqués dans d’autres études, études qui pourraient en outre apporter des indications sur la fréquence de cet effet indésirable, que nous ne pouvions pas mesurer ici compte tenu de l’approche méthodologique retenue. Disposer d’informations précises sur les sous-types d’AVC ischémiques et leur localisation permettrait également d’explorer les mécanismes en cause”, a expliqué Anne Bénard-Laribière, l’une des auteurs de l’étude.

Pour éviter de prendre ces médicaments, il existe différentes solutions naturelles qui aident à lutter contre les vomissements et les nausées, notamment grâce à la phytothérapie (camomille, aneth,etc), l’aromathérapie (huile essentielle de menthe poivrée, etc) ou encore l’homéopathie.

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Sources

https://presse.inserm.fr/augmentation-du-risque-davc-ischemique-associee-a-certains-medicaments-destines-a-soulager-les-nausees-et-vomissements/45007/ 

https://www.bmj.com/content/376/bmj-2021-066192 

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