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Antidépresseurs, gare aux effets secondaires

Depuis la crise liée au Covid-19, la consommation d’anxiolytiques et d'antidépresseurs est en forte hausse en France. Les psychotropes délivrés, comme les Xanax ou les Lexomil, ont progressé de 7 % en 2020 et de 10 % sur les premiers mois de 2021, tout comme les hypnotiques, couramment appelés somnifères (+ 1,4 million) et les antipsychotiques (+ 440 000). Problème : ces médicaments ont souvent des effets secondaires indésirables.

Benzodiazépines, des traitements efficaces sur le court terme

Les benzodiazépines sont des médicaments psychotropes, au même titre que les antidépresseurs et les neuroleptiques. Ils agissent sur le système nerveux central en modifiant des processus biochimiques et physiologiques du cerveau. Ces médicaments sont souvent prescrits pour leur effet hypnotique, comme somnifère, et pour leur effet anxiolytique afin de soulager les symptômes d’anxiété et les troubles du sommeil.

Cependant, ces médicaments ne sont efficaces que sur une courte durée :

  • 4 semaines de traitement maximum pour des troubles du sommeil
  • 12 semaines de traitement maximum pour les symptômes anxieux

“Au-delà, l’efficacité des benzodiazépines diminue et le patient s’expose à un risque de dépendance physique et psychique ce qui rend leur arrêt particulièrement difficile”, alerte le Ministère de la santé.

Les personnes âgées plus sensibles aux effets secondaires

Les personnes âgées sont plus sensibles aux effets indésirables des médicaments psychotropes que les personnes plus jeunes, qui peuvent leur provoquer une perte d’autonomie.

Parmi les principaux effets indésirables des benzodiazépines et médicaments apparentés, on retrouve :

  • des troubles de la vigilance ;
  • des troubles de la mémoire ;
  • des chutes et des accidents ;
  • des fausses routes ;
  • des troubles du comportement.

Tenter de calmer un trouble anxieux par d’autres méthodes que les médicaments serait donc bénéfique pour le patient. A ce sujet, les scientifiques cherchent constamment de nouvelles façons d’y parvenir.

Calmer l’anxiété en serrant un coussin

Des chercheurs ont développé des prototypes de coussins simulant plusieurs sensations : la respiration, le ronronnement et le battement de cœur. Tous avaient la forme d’un coussin doux qui se voulait intuitif.

S’apaiser avec un coussin qui reproduit la respiration

Des volontaires ont testé les différents coussins et ont identifié le coussin "respirant" comme étant le plus agréable et le plus apaisant. Les chercheurs ont également fait tester ce coussin à des étudiants et ont constaté que les étudiants qui l’utilisaient étaient moins stressés pendant les examens.

Les experts souhaitent à présent affiner le coussin pour le tester à domicile. Ils veulent aussi étudier la réponse physiologique des personnes, comme les changements de fréquence cardiaque ou de respiration, afin d'élucider les mécanismes par lesquels l’appareil permet de soulager l'anxiété.

En attendant la commercialisation de ce produit, les scientifiques ont noté que la pratique de la méditation avait le même effet que ce coussin “respirant”.

Réduire l’anxiété par la musique

Plusieurs études ont déjà montré que la musique pouvait aider à réduire l’anxiété, et parfois même plus que les médicaments. Une nouvelle recherche publiée dans la revue Plos One le confirme encore.

Calmer l’angoisse grâce aux sons

Des chercheurs de l’Université Ryerson au Canada, ont étudié les effets du son sur 163 patients prenant des médicaments pour traiter l’anxiété.
Chacun d’eux a dû participer à une séance d’écoute à domicile pendant 24 minutes, impliquant de la musique, une stimulation auditive de battements de coeur, les deux, ou un bruit rose (des sons de fond similaires au bruit blanc). La musique a été sélectionnée pour chaque patient en fonction de son état émotionnel et de ses préférences musicales.

  • Parmi les personnes souffrant d'anxiété modérée avant la séance de traitement, des réductions plus importantes de l'anxiété somatique (les symptômes physiques de l'anxiété) ont été observées chez celles qui écoutaient à la fois de la musique et des battements de coeur et celles qui écoutaient de la musique seule, par rapport aux autres qui ont écouté que du bruit rose.
  • Parmi les personnes présentant un trait d'anxiété élevé avant la séance, le groupe qui a écouté de la musique seule a présenté des réductions d'anxiété significativement plus élevées que le groupe écoutant uniquement des battements de cœur.

“Les résultats de cette recherche sont passionnants, car ils indiquent que la musique personnalisée est très prometteuse pour réduire efficacement l'anxiété dans des segments spécifiques de la population qui souffrent d'anxiété. L’utilisation de la musique personnalisée comme moyen supplémentaire dans la boîte à outils du clinicien pourrait être utilisée pour aider à réduire l'anxiété chez de nombreux patients”, a déclaré le scientifique Frank Russo, co-auteur de l’étude.

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Sources

https://ansm.sante.fr/uploads/2021/05/27/epi-phare-rapport-6-medicaments-covid-20210527.pdf 

https://www.nature.com/articles/s41398-022-01855-8 

https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0259838 

https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0259312  

https://www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr/preserver-son-autonomie-s-informer-et-anticiper/preserver-son-autonomie-et-sa-sante/somniferes-anxiolytiques-attention-aux-effets-secondaires-des-benzodiazepines 

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