Eczéma ou psoriasis ? 3 questions pour les différencier

Publié par Sandrine Coucke-Haddad
le 17/02/2026
Homme qui se gratte le bras
Autre
Des plaques qui démangent ? Pas facile de savoir avec certitude s’il s’agit d’eczéma ou de psoriasis. D’autant que les peaux sensibles doivent parfois composer avec les deux pathologies. Or, faire la différence est important pour adopter la meilleure attitude thérapeutique. Trois questions pour vous aider.

L'eczéma et le psoriasis sont des maladies de peau courantes… et souvent confondues. Il faut dire que ces deux affections dermatologiques chroniques partagent des symptômes communs comme les rougeurs et l'inconfort, semant souvent la confusion chez les patients. Pourtant, leurs mécanismes biologiques et leurs traitements diffèrent radicalement. Si seul un dermatologue peut poser un diagnostic définitif, une observation attentive de la peau révèle des indices précieux pour les différencier… et ainsi adopter la bonne attitude dans l’attente d’une consultation. Les trois questions suivantes vont vous aider.

Psoriasis ou eczéma : quel est l'aspect des plaques et des squames ?

L'inspection visuelle des lésions offre généralement les premiers indices précieux. Le psoriasis se manifeste par des plaques rouges bien délimitées et généralement de forme ovale. Elles sont recouvertes de squames (lamelles de peau) épaisses, blanchâtres ou argentées qui adhèrent à l'épiderme. Cet aspect spécifique résulte d'un emballement du système immunitaire : le renouvellement des cellules cutanées (kératinocytes) est excessivement accéléré, s'effectuant en seulement 7 jours contre 21 habituellement, comme le rappelle l'Inserm dans un dossier dédié.

À l'inverse, l'eczéma atopique présente des contours souvent asymétriques et mal définis. Les lésions comportent couramment de petites vésicules suintantes qui finissent par former des croûtes jaunâtres. Ici, les squames restent fines et beaucoup plus discrètes que dans le psoriasis. En cas de grattage chronique, la peau tend à s'épaissir et à durcir, un phénomène clinique appelé lichénification.

Psoriasis ou eczéma : où sont situées les lésions sur le corps ?

La localisation des plaques peut aussi différer et fournir d’autres indices. Le psoriasis cible prioritairement les zones de frottement et d'extension, notamment la face externe des coudes et des genoux. Il affecte aussi fréquemment le cuir chevelu, le bas du dos ou les ongles, qui peuvent présenter un aspect ponctué « en dé à coudre ». Une forme particulière, le psoriasis inversé, touche toutefois les aisselles et l'aine.

L'eczéma atopique, lui, colonise de préférence les zones de flexion. Chez l'adulte et le grand enfant, on le retrouve typiquement dans les plis des coudes, l'arrière des genoux, le cou et sur les paupières. Chez le nourrisson, les rougeurs inflammatoires se concentrent davantage sur les joues, le front, les bras et les cuisses.

Psoriasis ou eczéma : quelle est l'intensité des démangeaisons ?

Enfin, le niveau des démangeaisons constitue un marqueur différenciant majeur. Dans le cas de l'eczéma, le prurit est intense, voire insupportable. Il représente le symptôme prédominant de la dermatite atopique et survient souvent le soir et la nuit, altérant considérablement la qualité du sommeil et la vie quotidienne. Ce prurit donne lieu à un grattage tellement intense qu’il peut créer des lésions et plaies ouvertes, ce qui augmente le risque de surinfection.

Si le psoriasis gratte également, les démangeaisons restent généralement plus modérées, sauf lorsqu'il atteint le cuir chevelu où elles peuvent devenir vives. La douleur ou une sensation de brûlure accompagne parfois les poussées de psoriasis, ce qui est plus rare dans l'eczéma classique.

Deux maladies de peau au profil variable

L'histoire médicale complète le tableau clinique. L'eczéma atopique débute très tôt, souvent dès les trois premiers mois de vie, et tend à s'atténuer à la puberté. Le psoriasis apparaît majoritairement à l'âge adulte, avec un pic d'incidence situé entre 20 et 40 ans. De plus, le psoriasis est une maladie inflammatoire systémique : environ 30 % des patients développent des douleurs articulaires (rhumatisme psoriasique), une complication absente de l'eczéma.

Côté prise en charge, si les dermocorticoïdes apaisent l'inflammation dans les deux cas, la stratégie de fond diffère. N’utilisez donc jamais de crème pour l’une ou l’autre de ces pathologies sans avis médical et consultez dans tous les cas, car de nouvelles stratégies thérapeutiques peuvent nettement améliorer votre quotidien.

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