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Une maladie en partie héréditaire !

Une maladie en partie héréditaire !© Istock

Les médecins ont longtemps cru que la maladie d’Alzheimer n’était pas héréditaire. Pourtant, on sait aujourd’hui qu’il en existe une forme familiale, qui concerne environ 0,1 % des cas. Résultat : il peut effectivement y avoir transmission génétique.

Dans le cas d’une forme familiale, si un parent possède le gène de la maladie, chacun de ses enfants a 50 % de chance d’hériter du gène en cause et de développer un Alzheimer à l’âge adulte, généralement avant 65 ansou même parfois 50 ans. Mais, ce n’est pas tout, même la forme sporadique de la pathologie, celle qui survient le plus souvent tardivement et représente 90 à 95 % des cas, serait en partie transmissible…

De nombreuses études indiquent que les personnes dont un parent (père, mère, frère ou soeur) est atteint courent un risque supérieur.

Peut-on déterminer son risque génétique ?

Le processus neurodégénératif responsable de la maladie serait lié à la formation de plaques amyloïdes et d’agrégats de certaines protéines. Un gène a récemment été identifié comme déterminant : le gène ApoE. Nous en sommes tous dotés, sans qu’il y ait en général de conséquences sur notre santé. Mais, dans quelques cas, il se développe différemment. On parle alors de gène ApoE4.

La personne qui en possède un exemplaire a 3 fois plus de risques de contracter la maladie. Et celle qui en possède deux, 10 fois plus ! Un test génétique prédictif peut être utilisé en cas de FAD (Forme familiale autosomique dominante). Mais pour l’écrasante majorité des autres familles concernées, aucun test efficace n’est disponible. La signification et la précision du test APOE font encore l’objet d’études approfondies.

Quand s’inquiéter en cas d’antécédents ?

Quand s’inquiéter en cas d’antécédents ?© Istock

Bien sûr, il faut être particulièrement vigilant en cas d’antécédents d’Alzheimer dans sa famille… Mais, c’est l’augmentation de la fréquence des pertes de mémoire et leur durée qui doivent alerter. La disparition de souvenirs courants, l’oubli d’un trajet pourtant habituel par exemple, doivent aussi amener à consulter son médecin traitant, et/ou un neurologue. Lui seul peut effectuer un diagnostic précis. Car rassurez-vous tout de même, oublier de temps en temps le nom d’une relation, d’une voisine, perdre ses clés ou ne pas se rappeler d’un numéro de téléphone, est normal…

D’autant que certains médicaments peuvent être en cause, les hypnotiques qui aident à dormir comme le Stilnox® par exemple, ou encore les médicaments contre l’anxiété (le Lexomil® notamment).

Les comportements familiaux à risques

Les facteurs dit environnementaux, donc les habitudes familiales inculquées dès la petite enfance sont en partie responsables du développement de la maladie d’Alzheimer. Ils seraient à l’origine de 50 % des cas sporadiques d’Alzheimer (forme la plus courante) !

En clair : les familles où l’alimentation est trop riche en cholestérol, trop calorique, où l’on manque d’activités intellectuelles régulières (la lecture par exemple) sont plus souvent concernées par la maladie.

Peut-on contrer l’hérédité ?

Peut-on contrer l’hérédité ?© Istock

En théorie, on ne peut pas modifier les gènes. Il est probable que la génétique pourra dans un futur proche, non seulement modifier ceux des formes familiales d’Alzheimer, mais aussi diminuer l’expression des gènes normaux ApoE (des formes sporadiques les plus fréquentes). Néanmoins, on ne peut à l’heure actuelle agir que sur les facteurs de risques liés à notre environnement, c’est-à-dire manger équilibré, faire des mots croisés, lire…

Comment protéger ses proches ?

En cas d’Alzheimer dans sa famille, il est bien sûr conseillé de rester en alerte, voire d’effectuer un test génétique. Mais on peut également envisager un don de cerveau post mortem. Ce don est l’un des champs principaux de la recherche actuelle. Pour faire un don, le donneur, ou l’un de ses proches s’il est physiquement incapable de le faire, doit remplir une autorisation de prélèvement.

Ce formulaire est à demander (par e-mail) : marie-claire.artaud@neuroceb.org, téléphone : 0 800 531 523 / 01 42 17 74 19 ou courrier) et à renvoyer par courrier à : Marie-Claire Artaud, GIE Neuro-CEB, Plateforme de Ressources Biologique s, Groupe Hospitalier Pitié-Salpêtrière, 47 Boulevard de l'Hôpital, 75651 Paris Cedex 13. Pour plus d’informations : le don de cerveau post mortem

Il n’y a pas que l’hérédité !

Il n’y a pas que l’hérédité !© Istock

Alzheimer n’est pas qu’une question d’hérédité. Le diabète par exemple est un facteur de risque. Il semblerait en effet que l’encrassement des artères notamment au niveau du cerveau, favorise la dégénération des fonctions cérébrales par défaut d’irrigation. Mais la ménopause, probablement en raison de la diminution de certaines hormones (les oestrogènes) expliquerait aussi, une plus grande proportion de cas chez les femmes.

Enfin, l’hypertension artérielle, des épisodes dépressifs ou des antécédents d’accidents vasculaires cérébraux (AVC) augmentent les risques.

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Sources

- "Prévention de la démence", S.E. Black, C. Patterson, J. Feightner, Journal canadien des sciences neurologiques 2001 ; 28 : Suppl. 1-S56-S66. - "Risk Factors for Alzheimer’s Disease : A Prospective Analysis from the Canadian Study of Health and Aging", American Journal of Epidemiology 2002 ; Vol. 156, No. 5, 445-453.

Vidéo : Alzheimer : les symptômes d'alerte

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