Divorce ou rupture : ces 4 étapes sont nécessaires avant la reconstruction

Publié par Aude Klain
le 28/02/2026
photo d'un couple qui prend deux chemins séparés
New Planet Media
La fin d’une relation de couple déclenche un véritable processus de deuil émotionnel qui, loin d’être linéaire, traverse les étapes du modèle de Kübler-Ross avant de permettre la reconstruction.

La fin d'une histoire d'amour, qu'elle soit subie ou décidée, ne se résume pas à une signature sur un papier ou à un déménagement. C'est un séisme psychologique. Pour mieux appréhender cette tempête intérieure, les spécialistes de la santé mentale s'appuient souvent sur le modèle d'Elisabeth Kübler-Ross, initialement conçu pour le deuil d'un proche, mais tout aussi pertinent pour comprendre la mécanique d'une rupture.

Faire le deuil d’une vie et d’un modèle : une étape douloureuse

Une séparation est assimilable à un décès symbolique : celui du « nous ». La rupture provoque un sentiment de perte profond, car elle enterre non seulement une histoire partagée, mais aussi un projet de vie, voire un idéal familial. Ce n'est pas uniquement l'autre que l'on perd, mais une partie de soi-même.

Les repères du quotidien volent en éclats, de l'organisation domestique à la gestion du temps libre. Cette perte de repères oblige à se réinventer seul, une tâche ardue lorsque la confiance en l'avenir est ébranlée. Ce schéma émotionnel, bien que douloureux, est reconnu comme une étape structurante nécessaire à la cicatrisation.

Identifier le déni, la colère et le marchandage

Le processus débute souvent par une phase de choc. Le déni agit alors comme un anesthésiant émotionnel. C'est un mécanisme de protection temporaire où l'esprit refuse d'intégrer la réalité de la séparation, produisant des pensées telles que « ce n'est qu'une mauvaise passe » ou « il/elle va revenir ». Lorsque cette protection cède, la colère prend le relais.

Nécessaire, cette colère exprime un besoin de justice face à la souffrance. Elle peut être dirigée contre l'ex-partenaire, contre l'entourage, ou contre soi-même sous forme de culpabilité. Bien que violente, elle permet d'évacuer l'intensité des émotions. Vient ensuite le marchandage, une tentative désespérée de négocier avec la réalité. Vous pourriez vous surprendre à promettre des changements radicaux ou à proposer une « dernière chance » dans l'espoir illusoire de restaurer l'ancien équilibre.

Accepter le chaos émotionnel et la tristesse

Il est indispensable de comprendre que ce cheminement n'est jamais rectiligne. Contrairement aux idées reçues, les étapes ne se suivent pas dans un ordre chronologique parfait. La non-linéarité est la norme : il est fréquent de ressentir un apaisement puis de basculer à nouveau dans la colère le lendemain. Ce chaos est normal.

La phase de dépression, ou de grande tristesse, survient généralement lorsque la réalité de la perte est pleinement intégrée. Elle se manifeste par un sentiment de vide, un isolement et une perte de sens. Toutefois, soyez vigilants : si cette tristesse est une réaction saine, elle doit être distinguée d'une dépression clinique qui s'installe dans la durée.

Se reconstruire après l'acceptation

L'acceptation ne signifie pas que la douleur a disparu ou que l'on oublie l'autre, mais que l'on cesse de lutter contre la réalité de la rupture. C'est le point de départ d'une nouvelle vie. À ce stade, la stabilité émotionnelle revient progressivement et le regard sur la relation passée s'apaise.

Pour favoriser cette reconstruction, il est recommandé de s'accorder le droit à la vulnérabilité sans refouler ses émotions. La mise en place de nouveaux rituels et la poursuite d'activités personnelles permettent de sécuriser le quotidien. C'est dans cet espace que se crée un nouvel équilibre, transformant l'épreuve en opportunité de croissance personnelle.

Quand consulter ou chercher du soutien ?

Traverser cette épreuve seul n'est pas une obligation. Le soutien d'un psychologue peut aider à donner du sens à l'histoire et à tracer des perspectives d'avenir. Il existe également des associations qui offrent des espaces d'écoute bienveillants.

Si la tristesse ou la colère persistent de manière invalidante et vous empêchent de reprendre vos activités normales sur une longue période, consultez un professionnel de santé. Ces signes peuvent indiquer que le processus de deuil se complique et nécessite une prise en charge adaptée.

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