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C'est au début de l'été que le risque d’inflammation du cœur avait été évoqué pour la première fois comme possible effet indésirable des vaccins Pfizer-BioNTech et Moderna. L’Organisation mondiale de la Santé l'avait ensuite confirmé au mois de juillet, en indiquant qu'il existait un lien “probable” entre des cas de myocardite et de péricardite et l’injection des vaccins à ARN messager.

Une hypothèse confirmée cet automne par une vaste étude française, menée par la structure Epi-Phare (qui associe l'Assurance maladie et l'Agence du médicament). Malgré cela, leurs bénéfices continuent à l’emporter sur ces risques.

481 cas de myocardite observés en France suite aux vaccins

Début juin, une étude américaine publiée dans la revue Pediatrics a rapporté sept cas de myocardite survenus chez des vaccins, après avoir reçu le vaccin de Pfizer-BioNTech. Les autorités sanitaires ont alors enquêté pour savoir si la vaccination pouvait avoir causé cette maladie.

“Si un adolescent ou un jeune adulte présente des symptômes caractéristiques d'une myocardite ou d'une péricardite – et que la douleur thoracique est vraiment le principal symptôme, ce qui était le cas pour nos sept sujets – alors tous les cliniciens devraient demander à ces patients s’ils ont récemment reçu le vaccin contre la Covid-19”, estimait alors le Dr Guzman-Cottrill, professeur spécialisé dans les maladies infectieuses pédiatriques à l'Oregon Health and Science University et membre affilié de l'Oregon Pediatric Society.

Un effet indésirable possible des vaccins à ARNm

En France, c'est l'Hôpital Necker qui a pour la première fois donné l'alerte en rapportant 25 cas d'enfants admis en réanimation avec des syndromes inflammatoires du cœur, des poumons ou de l'appareil digestif "associant fréquemment une défaillance circulatoire avec des éléments en faveur d'une myocardite", rappelle le Dr Damien Bonnet, coordonnateur du réseau M3C Necker (centre de référence des maladies cardiaques congénitales complexes) à Paris pour le Midi Libre.

De son côté, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a enregistré environ 375 cas de myocardites potentiellement liés au vaccin de Pfizer et 106 cas potentiellement liés au vaccin de Moderna, depuis le début du suivi (selon le point de situation publié le 22 octobre dernier).

Myocardite et vaccin : une étude française confirme le lien de cause à effet

Cette inflammation cardiaque a donc fait l'objet d'une étude cas témoin, menée par la structure Epi-Phare sur toutes les personnes âgées de 12 à 50 ans, hospitalisées en France pour une myocardite ou une péricardite entre le 15 mai et le 31 août. Au total, 919 cas de myocardites et 917 cas de péricardites ont été analysés, afin d'examiner leur possible lien avec le vaccin.

Résultats : l'enquête confirme que les vaccins à ARNm augmentent le risque de survenue de ces maladies dans les 7 jours qui suivent la vaccination, même si ce phénomène reste rare. Ce risque semble plus élevé chez les hommes de moins de 30 ans, en particulier après la deuxième dose de Moderna. Ce vaccin serait la source de 132 cas de myocardite supplémentaires par million de doses administrées pour les jeunes hommes, et 37 pour les jeunes femmes.

Le risque de péricardite est, lui aussi, plus important après le vaccin Moderna chez les jeunes adultes. C'est particulièrement le cas après la deuxième injection, qui a provoqué un excès de 18 cas par million de doses chez les hommes de moins de 30 ans.

Les chercheurs précisent toutefois qu'aucune des personnes hospitalisées pour une myocardite ou une péricardite après la vaccination n'est décédée et confirme l'évolution clinique favorable des cas étudiés. Ils rappellent également que, même si le risque est avéré, il reste faible et ne met aucunement en cause la balance bénéfice-risque des vaccins. "Le nombre de cas attribuables aux vaccins apparaît peu fréquent au regard du nombre de doses administrées", peut-on lire dans leur compte-rendu. Les avantages l'emportent donc toujours sur les risques.

Vaccins à ARNm et myocardite : “une association causale probable”, selon l'OMS

Pour rappel, l’OMS avait déjà évoqué, en juillet dernier, le possible lien de cause à effet entre cette maladie et la vaccination. “De très rares cas de myocardite et de péricardite ont été observés suite à la vaccination avec les vaccins à ARNm COVID-19. Ces cas sont survenus plus souvent chez des jeunes hommes et après la deuxième dose du vaccin, généralement quelques jours après la vaccination. Les preuves actuelles suggèrent une association causale probable entre la myocardite et les vaccins à ARNm”, avait écrit l’organisation dans un communiqué.

Celle-ci se voulait toutefois rassurante : “les données disponibles suggèrent que l'évolution immédiate de la myocardite et de la péricardite après la vaccination est généralement bénigne et répond à un traitement classique (par exemple, le repos ou la prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens)”.

L’OMS avait ajouté qu’un suivi était en cours pour déterminer les éventuelles conséquences à long terme. Elle précisait néanmoins que “les avantages des vaccins à ARNm contre la Covid-19 l'emportent sur leurs risques, par leur capacité à réduire les hospitalisations et les décès dus aux infections au coronavirus”.

Myocardite : quels symptômes ?

Pour rappel, selon l'Institut de cardiologie de Montréal, la myocardite est une inflammation du muscle cardiaque, appelé le myocarde, qui est causée la plupart du temps par une infection virale. En pratique, cette pathologie affecte la capacité du cœur à pomper le sang, résultant en un apport réduit en sang dans tous les organes. “L’inflammation du cœur causé par le virus diminue sa force de contraction et sa capacité à fournir un apport en sang”. Les symptômes sont dans les cas les moins graves semblables à ceux de la grippe : mal de tête, fièvre, mal de gorge, douleur au niveau des articulations, diarrhée.

Dans les cas plus sévères de la maladie, d’autres symptômes peuvent aussi apparaître :

  • Douleur au niveau de la poitrine
  • Arythmie (battements cardiaques rapides ou irréguliers)
  • Essoufflement à l’effort et même au repos
  • Rétention de fluides et enflure aux jambes
  • Fatigue

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Sources

https://www.who.int/news/item/26-05-2021-gacvs-myocarditis-reported-with-covid-19-mrna-vaccines

https://www.aappublications.org/news/2021/06/04/covid-vaccine-myocarditis-case-reports-060421

https://pediatrics.aappublications.org/content/early/2021/06/04/peds.2021-052478

https://ansm.sante.fr/actualites/point-de-situation-sur-la-surveillance-des-vaccins-contre-la-covid-19-periode-du-07-05-2021-au-13-05-2021 

https://www.epi-phare.fr/rapports-detudes-et-publications/myocardite-pericardite-vaccination-covid19/

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