COVID-19 : la mortalité en Russie serait plus élevée que les chiffres officiels

Avec plus 230 000 cas d’infections du COVID-19 sur son sol à mi-mai, la Russie est devenue le deuxième pays le plus touché au monde. Le gouvernement russe préfère lui mettre en avant son faible nombre de morts : 2 212. Toutefois, des éléments laissent penser que ce bilan humain est sous-estimé.
COVID-19 : la mortalité en Russie serait plus élevée que les chiffres officielsAdobe Stock

Depuis le début de l’épidémie de COVID-19, la Russie a enregistré plus de 230 000 cas. Elle est ainsi devenue le 12 mai 2020 le second pays en termes de nombre de contaminations. Cela le place ainsi derrière les USA (plus de 1,34 million de cas). Mais ce qui surprend le plus, c’est le faible taux de mortalité enregistré dans le pays. On ne déplore actuellement que 2 212 décès. À titre de comparaison, la France qui compte 140 734 cas, a enregistré 27 074 morts (au 13/05). Ces écarts importants alimentent les soupçons de sous-évaluation. Et les informations publiées par le New York Times laissent penser qu’ils sont justifiés.

Mortalité à Moscou : 1.700 décès supplémentaires découvert

Le journal américain rapporte que les données de la ville de Moscou montrent une surmortalité en avril. Le nombre de décès dans la capitale pour le mois dernier affichait plus de 1700 morts de plus que la moyenne des 5 dernières années à la même période. Or le bilan gouvernemental officiel assure que le nombre de morts du COVID-19 de la ville n’est que de 642.

"Les chiffres de la mortalité à Moscou semblent être beaucoup plus élevés que la moyenne d'avril au cours de la dernière décennie", a reconnu Tatiana N. Mikhailova, chercheuse à l'Académie présidentielle d'économie nationale et d'administration publique de Moscou. "Une chose est claire : le nombre de victimes de COVID-19 est peut-être presque trois fois plus élevé que le bilan officiel". Pour elle, des calculs supplémentaires devaient être effectués pour avoir une connaissance précise du bilan.


Des voix s’élèvent et estiment que les autorités russes attribuent d’autres causes de décès aux personnes infectées par le coronavirus. Elles s’en défendent en assurant que leur "bon" bilan est les résultats des mesures prises au début de l’épidémie (confinement des voyageurs venus de pays infectés ou des personnes à risque dès mars).

Mais des outils statistiques estiment que le nombre de morts russes pourrait être 70% plus élevé que les chiffres donnés par les autorités.

La Russie n’est pas le seul pays où les experts s’interrogent sur le bilan officiel. Des questions se posent aussi sur les données de la Turquie, de l’Iran, de la Chine ou même de la France.

Cet article vous a intéressé ?

Recevez encore plus d'infos santé, en vous abonnant à la quotidienne de Medisite.

Votre adresse mail est collectée par Medisite.fr pour vous permettre de recevoir nos actualités. En savoir plus.