Les tests de dépistage du Covid-19 ne cessent de progresser depuis le début de la crise en 2020. Il semblerait qu’un nouveau cap a encore été franchi, et ce, grâce à une équipe de scientifiques français. En effet, d’après un communiqué de l’Inserm, une nouvelle méthode d’analyse permettrait de dépister les possibles formes graves de la maladie chez un patient. Elle donnerait également des indications concernant son niveau de contagiosité.

L’interféron : nouveau marqueur de l’infection du Covid-19

Aujourd’hui, le test PCR détecte le matériel génétique viral du Sars-CoV-2 mais ne permet pas de définir si le virus est actif ou inactif au moment du prélèvement. Cette nouvelle découverte pourrait donc changer la donne sur la façon de gérer les personnes détectées positives au virus.
“La mesure de la réponse antivirale interféron de type I (IFN-I) au niveau nasal pourrait être utilisée pour aider à l’identification des patients à risque de transmission du virus de la Covid-19”, détaille l’Inserm. Cette méthode “permettrait également d’identifier les patients à risque de développer une forme grave”, ajoute l’Institut national de la santé et de la recherche médicale.

L’interféron de type I est une protéine de la famille des cytokines, habituellement produite de manière rapide par le système immunitaire en réponse à une infection virale et qui a pour principal effet d’inhiber la réplication du virus dans les cellules infectées.

Dépistage : un seul prélèvement nasopharyngé est nécessaire

Autre point positif : les patients n’ont pas besoin de subir un prélèvement nasopharyngé supplémentaire car cette mesure de l’IFN-I serait réalisée à partir du même écouvillon que celui utilisé pour le dépistage traditionnel du Sars-CoV-2.
“Largement utilisée dans le diagnostic d’autres pathologies infectieuses, cette technologie repose sur un système de PCR multiplex permettant la préparation, l’amplification, la détection et l’analyse des échantillons en environ une heure”, peut-on lire dans le communiqué de l’Inserm.

Par ailleurs, ce test PCR permettrait aussi de déterminer quels patients représentent ou non une source possible de contamination. Cela éviterait donc certaines mesures de quarantaine préventives parfois inutiles aux personnes positives mais plus contagieuses.

Vers un traitement du coronavirus grâce à l'interféron ?

Cette piste thérapeutique était déjà étudiée depuis plusieurs mois. Les résultats des chercheurs sont donc encourageants car ils permettent de la renforcer. En effet, ils ont mis en évidence que les patients admis en réanimation avaient une absence de réponse IFN-I alors que les prélèvements nasaux contenaient de grandes quantités de particules virales.
“Au-delà des aspects diagnostic et pronostic, les résultats de cette étude ouvrent des perspectives importantes en termes de stratégie thérapeutique pour les patients atteints de la Covid-19”, annoncent les scientifiques avec optimisme.

Des médicaments à base d’interféron existent déjà pour combattre d’autres maladies. C’est même un "vieux médicament" utilisé dans le traitement de certains cancers (leucémie, cancer du rein, etc) et de la sclérose en plaques. L’interféron est également utilisé dans le traitement des hépatites B et C et dans le sarcome de Kaposi associé au Sida.

Sources

https://presse.inserm.fr/covid-19-un-test-pour-mieux-identifier-les-sujets-contagieux-et-ceux-a-risque-de-developper-une-forme-severe/43621/ 

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